Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 4. Pér. 6.1911

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LA CARICATURE EN ANGLETERRE

JAMES GILLRAY

es lecteurs de la Gazette des Beaux-
Arts n’ont pas oublié l’étude con-
sacrée par Mme Jeanne Doin à
Rowlandson l, le plus brillant
caricaturiste de mœurs de l’Angle-
terre à la lin du xvme siècle. Il eut
un émule, qui, tout à la fois, s’op-
pose à lui et le complète, en la
personne de James Gillray; car si
la femme, la mode, la galanterie
tiennent le premier rang dans
l’œuvre de Rowlandson, elles ne
défraient qu’une partie restreinte du sien, et c’est surtout la vie
politique de son pays, pendant le règne si agité, si dramatique et,
en fin de compte, si glorieux de George III, qu’il a retracée dans
ses diverses péripéties, avec une puissance, une verve chaleureuse et
mordante qui l’égalent à son rival. A la vérité, Gillray est beaucoup
moins connu aujourd’hui que son confrère, la galanterie, qui est de
tous les temps, gardant des séductions que l’actualité politique perd
bien vite. Mais, quelque obscurité qu’offrent pour nous beaucoup des
sujets traités par l’artiste, la verve extraordinaire qu’il y déploie
dans la caractérisation des types, le maniement des foules, l’expres-
sion synthétique des passions contraires, mérite qu’on fasse quelque
effort pour fixer les traits distinctifs de sa vision et les lignes maî-
tresses de son talent.

Gillray est le type de l’Anglais pur sang. Fils d’un soldat inva-
lide de Chelsea devenu fossoyeur, il naquit en 1757, à Londres,

1. Y. Gazette des Beaux-Arts, 1909, t. I, p. 287 et 376.
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