Goupil-Fesquet, Frédéric ; Vernet, Horace [Oth.]
Voyage D'Horace Vernet En Orient: Orné de seize dessins — Paris: Challamel, Éditeur, 1843

Page: 10
DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/goupil1843/0024
License: Public Domain Mark Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
II

Sommaire.— Syra; les moulins à huit ailes. — Débarquement. — Hôtel de la Grèce. — Bazars, boutiques,
cafe's. — Costume. — Palicar. — La civilisation nous poursuit. — L’Apelles moderne. — Lettres de recom-
mandation.— Repas et couleur locale. — Barque de pirates pleine de fruits, de femmes et d’enfants.
Note géographique sur les Sporadés et les Cyclades. — Santorin. — Candie. — Nos finances. — Alexandrie.
— Les flottes. — Les bruits du port et de l’industrie. — Joseph Vernet. — Les forçats. — Entrée triomphale.
— Le sais. — Le peuple et la vermine. — Influence des Français en Egypte. — Soliman pacha (Selve) et
les mameloucks.— Les nègres du Cordofan. — L’arsenal.— Les cales. — Le canal. — Mahmoudie.—
M. Cochelet.— Costume des bourriquiers.

Le port de Syrapeut abriter de grands vaisseaux; l’entrée est à [Est;
sa position est une des plus importantes pour les principales échelles
du Levant. Situé d’un côté entre les îles de Négrepont et d’Andros, et
de Vautre entre Tyne et Mycone , il est si commode et si favorable pour
les vaisseaux qui éprouvent des ventsx contraires dans ces parages,
qu’on y voit sans cesse aborder des bâtiments de tous genres et de tous
pays. On remarque, près de la ville,des moulins en forme de tour ronde,
à dôme mobile , qui ont huit bras ou voiles; au milieu de l’axe de rota-
tion qui les contient, une pièce de bois d’environ douze pieds de long
sert à les assujettir au moyen de cordes qui partent de son sommet à
leurs extrémités, et présentent au vent une sorte de pointe. La chaîne
de l’ancre qui tombe à la mer, et le bruit des bateliers qui se pressent
autour de nous comme une nuée d’oiseaux de proie, annoncent le dé-
barquement; la mer ne m’a jamais paru si bleue. Une foule de jolies
nacelles, montées chacune par deux rameurs coiffés du grand fez 1 sur
l’oreille, et les bras nus au vent, dansent à la proue du navire dont elles
se disputent les flancs; quelques-unes portent des garçons d’hôtel, qui
nous convoitent de loin. Leurs suppliantes voix nous lancent parles sa-
bords des titres de monsignor Francese, accompagnés d’un baragouin
qui n’est ni français ni italien, mais qui veut dire : Venez chez nous. Ce-
1 Calotte cylindrique en laine rouge. Le tarbouche en diffère par sa forme hémisphérique
et l’ampleur du gland de soie bleue.
loading ...