Grand-Carteret, John
Les moeurs et la caricature en France — Paris, 1888

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LES MŒURS ET LA CAR ICA T LUE EN FRANCE

Sganarello, dans l'Ecole des Maris, s'était déjà moqué

De ces souliers mignons, de rubans revêtus,
Qui vous font ressembler à des pigeons pattus?
Et de ces grands canons où comme en des entraves,
On met tous les matins ses deux jambes esclaves.

Enfin, Molière n'avait-il pas ridiculisé jusqu'à l'édit de 1660, défendant
galons, guipures et fines dentelles.

Or, l'estampe ne fit pour ainsi dire qu'enregistrer les nombreuses ordon-
nances somptuaires du xvu° siècle. Les « courtisans suivant l'édit, » les
« dames suivant l edit, » d'Abraham Bosse et autres graveurs, se contentent
de nous montrer les beaux atours qu'on serre dans les coffres. La note la
plus satirique est donnée par le personnage que les édits ont complète-
ment dépouillé.

L'on peut sans exagérer, en conclure que pour Louis XIV, ce roi du
pompeux et du solennel, l'habit contribuait bien quelque peu à faire le
moine.

Fig. 10. — Grotesque à la Callot.
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