Grand-Carteret, John
Les moeurs et la caricature en France — Paris, 1888

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LES MŒURS ET LA CARICATURE EN FRANCE

Le sujet est connu. Pour mieux voir le globe aérostatique s'élevant len-
tement du jardin, la foule monte à l'assaut du mur qui lui masque la ter-
rasse. Hommes, femmes, enfants, se bousculent à qui arrivera le premier,
mais lorsque les femmes sont parvenues en haut, un nouveau spectacle
s'offre à ceux qui, patiemment, sont restés en bas, et ils n'ont point l'air
de s'en plaindre. Au premier rang des appréciateurs, des fins gourmets de
ces sortes d'exhibitions, est un galant abbé qui, trouvant qu'on ne peut pas
poursuivre deux lièvres à la fois, égare sa lunette d'approche dans des pa-
rages ballonnesques absolument étrangers à la navigation aérienne.

Faut-il également attribuer à cette planche une intention philosophique,
la chair plus captivante, malgré tout, que la science, ou bien faut-il ne voir
en elle qu'une simple condescendance aux goûts égrillards, peu importe !
Le fait à constater, le voici: ainsi riait le xvm° siècle, en 1783 : dix ans
plus tard, il versait des larmes de sang. Ah! c'est alors qu'on eût voulu,
conformément à l'estampe, pouvoir changer sa tète, ou tout au moins
en retrouver une qui tînt plus solidement sur les épaules.

Et, pour finir sur un mot de grand seigneur, disons :

Le coupable ne fut pas la physique, mais le physique aux rondeurs char-
nues !

Fig. 16. — Croquis d'après des « Singeries. »
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