Grand-Carteret, John
Les moeurs et la caricature en France — Paris, 1888

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LES MŒURS ET LA CARICATURE EN FRANCE

fera avec la plume, restituant toute une série de types antédiluviens, le

plongeur du canal, l'allumeuse
de table d'hôte, le marchand de
feu, le chasseur de rats, l'envo-
lcur d'hirondelles, l'ange gar-
dien, le culotteur de pipes au
foin, le crieur de dindons, le
loueur de places, le pêcheur
d'épaves1 ; Henry Emy, dont le
Contrebandier grotesque est une
des plus amusantes histoires de
l'époque; de Montaut, qui, pour
débuter, supprime les deux der-
nières lettres de son nom; enfin,
Gustave Doré, qui, encore au
collège, sans maître, sans guide,
dans sa petite ville de Bourg,
montrait des dispositions pré-
coces, et, à peine âgé de seize
ans, passait, avec Philipon, un
traité qui le liait pour trois ans
au Journal pour Rire.

Tous les biographes do Doré,
et M. Georges Duplessis spécia-
lement se sont étendus sur les
premiers rapports du jeune des-
sinateur avec le célèbre éditeur. C'est donc au savant iconographe que nous
allons emprunter les renseignements suivants :

« En feuilletant ces compositions do Doré, datées de 1844, de 4845
et 1846, dans lesquelles apparaît en germe cette étonnante aptitude de l'ar-
tiste à s'assimiler la pensée d'autrui, nous nous sommes expliqué l'accueil
favorable fait à Gustave Doré par Philipon, car, avec son flair et son œil
exercés, il put se rendre facilement compte que le jeune homme avait en lui
l'étoffe d'un artiste de race et no ressemblait en aucune façon au grand

1 On peut être étonné que le libraire Rouquette, dans son édition illustrée des «Paris» de
Privât d'Anglemont, n'ait pas eu l'idée de reproduire certains des petits métiers inconnus de
Nadar, ce qui eût ainsi donné plus de piquant à sa réimpression, du reste fort luxueuse.

CE PAUVRE JEAN RAISIN.

— Eh bien! mon pauvre Jean Raisin, toi aussi, te voilà ma-
lade?

— Ne m'en parle pas, ma chère Pomme de terre, ces maudits
parasites m'envahissent de plus en plus. Ils me rongent, ils me dé-
vorent jusqu'aux pépins... Et dire qu'il n'y a pas moyen de s'en
débarrasser.

Fig. 196. — Caricature de Randon dans le Journal
pour Rire (septembre 1851).
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