Grandidier, Philippe André
Essais historiques et topographiques sur l'église cathédrale de Strasbourg — Paris, 1782 [Cicognara, 4023-1]

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Essais sur la Cathédrale

CHAPITRE QUATRIEME.

Troijieme état de l'églifè cathédrale, depuis
l'an M. CC. LXXEl- jufquen m. n. xx.

Les fondemens fur lesquels on devait élever
la tour, furent commencés en 1276. Conrad
de Lichtemberg, qui était alors Évêque , cé-
lébra la grand’ raeffe le jour de la Purification
de la Sainte Vierge. Elle fut fuivie d’une
nombreufe procelfion : on fit trois fois le
tour de l’églife & de la place défignée pour
le nouvel édifice. A l’iffue de cette cérémo-
nie', l’Évêque fortit trois pelletées de terre:
les chanoines & le refte du clergé fuiyirent
fon exemple. Les ouvriers commencèrent en-
fuite à creufer les fondemens. Deux d’en-
tr’eux fe difpuçerent l’honneur de mettre le
premier la main à l’endroit où l’Évêque avait
enlevé la terre. La difpute devint très-vive
& l’un des - maîtres maçons y fut tué par
l’autre à coups de pelles. Ce Prélat effrayé
de cet accident fit céder le travail pendant
l’efpace de neuf jours , au bout defquels il
bénit de nouveau la place. Les fondemens
de la tour, jettés avec les mêmes précau-
tions que ceux de l’églife, eurent auffi la
même profondeur. Ils ne furent achevés que
l’année fuivante. Conrad de Lichtemberg en
pofa la première pierre le vingt-cinq mai
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