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Le Grelot: journal illustré, politique et satirique — 10.1880

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https://doi.org/10.11588/diglit.6814#0084
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10*« ANNEE. — N» 476

PARIS^TNDEPARTEMENTS : 15 CENTIMES LE NUMERO

23 Mai 1880.

RÉDACTION

81 > »•• Nenve-des-Petits-Champs

PARIS

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Lettres et Mandats à M. Madré

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M. Baudouin, 9, pl. de la Bourse

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Toute personne de la province qui s'abonne à
jjjl des journaux ci-après, par l'entremise de M.
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les-Petits-Champs, à Paris, a droit à un abonne-
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REPUBLIQUE FRANÇAISE.
i*SVUE des DBUX.-M0.ND.

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Timss, de Londres.....

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Les prix qui précèdent sont, bien entendu, les
Prix fixés par les administrations de chacun de ces
Journaux.

, Pris par l'entremise du Grelot, Us abonnements
a tous les autres Journaux de Paris donnent éga-
lement droit à 2a Prime pendant un temps plus ov
*>ioins long.

CENT DAMES!

Je n'ai pas l'intention de dire ici le moindre
mal du sexe auquel nous devons Jeanne d'Arc
et Mme Hubertine Auclert.

Et je n'éprouve aucune douleur à voir les
dames réclamer une plus juste répartition
des charges sociales.

Mais il me semble qu'elles prennent une
mauvaise voie pour en arriver à leurs fins.

Mme Aubertine Auclert, qui se signale en
ce moment aux populations par un éclatant
refus de payer l'impôt, est, certes, une femme
charmante, qui ne manque ni d'esprit, ni de
talent, elle a, de plus, ce grand mérite d'être
convaincue, mais enfin elle n'est pas impec-
cable et puisqu'elle en expose ses théories en
public, elle doit en souffrir la discussion.

Or, dans la dernière réunion des droits de
la femme, l'aimabie conférencière me semble
être allée un peu loin en déversant des ton-
neaux d'injures sur la tête de M. Gambetta.

Reprocher à l'honorable président de la
chambre sa corpulence et les bains qu'il prend
me paraît un argument d'une portée mé-
diocre.

Mme Auclert ne peut, en effet, affirmer de
bonne foi qu'être sale comme un peigne cons-
titue une condition nécessaire aux hommes
de gouvernement pour remplir au mieux leur
mandat.

L'amour du savon n'est pas incompatible
avec les capacités politiques.

D'autre part, traiter les hommes de tyrans
et les femmes de victimes est un thème quel-

que peu poncif qu'il serait bon de laisser
dans la défroque des vieux clichés.

Que les femmes demandent certaines ré-
formes dans le code, des droits plus étendus,
une émancipation juridique un peu plus com-
plète, c'est très bien.

Mais de là à réclamer le droit d'être élec-
trices et cligibles, il y a un abîme qu'il n'est
pascommodede franchirsous peine de tomber
un peu dans le ridicule.

***

Je me rappelle, — et ce n'est pas le plus
beau de mon affaire ! — avoir assisté en 1848
à une réunion du club des femmes. Après une
série de discours et de motions plus exhila-
rants lesuns que les autres, un plaisant trouva
le robinet de gaz qui déversait la lumière
dans la salle et le ferma brusquement.

Quand le gaz fut rallumée, la présidente et
les membres du bureau furent surpris, dan-
sant une polka effrénée avec quelques tyrans
qui avaient envahi l'estrade.

Il ne fut plus question de politique et la
soirée se termina par un bal extrêmement
cocasse.

Les tyrans offrirent les rafraîchissements,
les victimes les avalèrent sans grimace et le
club des femmes se noya dans des tonneaux
de bière et de punch.

Chacun trouva cet épilogue inattendu d'un
goût charmant.

Je crois donc qu'il convient de laisser aux
hommes l'étude de ces problèmes en leur re-
commandant de prendre conseil des dames, de
s'enquérir de leurs inspirations et au besoin
de leur rendre justice dans les limites du pos-
sible.

Toute autre manifestation prête à rire et
nuit a une cause qui, en somme, est certai-
nement respectable.

Où je ne puis, par exemple, m'empôcher
d'applaudir absolument Mme Hubertine Au-
clert, c'est dans sa juste revendication des
chalets de nécessité pour dames.

Voilà, par exemple, qui est tout à fait rai-
sonnable.

Il est certain que, condamner le sexe ai-
mable à faire quinze kilomètres dans Paris
sans lui fournir l'occasion de s'oublier, quand
le besoin d'un recueillement à quinze centi-
mes se fait sentir, est une cruauté inutile et
barbare.

M. le préfet de la Seine a manqué à sa pa-
role.

Mme Auclert le lui rappelle vigoureuse-
ment.

Mme Auclert est dans son droit.

Et nul doute que M. Hérold, dont le cœur
ne saurait être de marbre, ne se rende à une
réclamation qui ne manque ni de justesse ni
de fondement.

A ce point de vue, la dernière réunion de
la rue de Lévis aura rendu un véritable ser-
vice à la plus séduisante moitié de l'huma-
nité.

Voilà du temps et des paroles bien em-
plovés.

NICOLAS FLAMMECHE.

LA PLUS GRANDE PENSEE DU REGNE.....

, DE LOUIS XV.

J$Le Pacte de Famine est certainement l'idéal
de tous les vrais protectionnistes.

Ne pas se borner à faire payer dix sous d'en-
trée à chaque grain de blé qui franchit la
douane, mais interdire absolument à tout atome
de froment étranger de venir se faire manger
en France :

Et, de plus, faire jeter à l'eau par des blouses
blanches criant famine les farines des concur-
rents ;

Voilà certes les meilleurs moyens qu'on
puisse rêver de faire hausser les prix des pro-
visions qu'on a eu soin d'entasser en magasin.

Et, pour mon humble part, si j'avais l'hon-
neur de faire partie des grands agriculteurs de
France, comme je l'ai dit plus haut, le pacte de
famine serait mon idéal, jusqu'au jour où les
blouses blanches précitées, par une fâcheuse
erreur, jetteraient à l'eau mes farines au lieu
de s'en prendre à celles de mon concurrent.

les atrocités de 93.

Par contre, j'éprouverais la plus sainte hor-
reur de cotte néfaste loi du maximum, qui fut
appliquée en 1793, et faillit l'être en 1870-71
pendant le siège de Paris.

Empêcher un épicier de spéculer sur les an-
goisses des estomacs de malheureux affamés
pour leur vendre 17 fr. 50 deux sous de hari-
cots, qui mettent un ridicule entêtement à ne
pas vouloir cuire, ne saurait me paraître autre
chose qu'une de ces haïssables mesures atten-
tatoires à la liberté, comme seuls sont capables
d'en rêver les plus buveurs de sang de nos
révolutionnaires.

haine d'autruche.

La Chambre n'est pas protectionniste, ou du
moins elle se figure ne pas l'être, car je la défie
bien d'avoir aucune idée complètement arrêtée
sur n'importe quelle grande question écono-
mique et politique, — celle sociale, c'est en-
tendu, n'existant pas : Magister dixit.

Mais, comme elle est loin aussi d'avoir, dans
ses canauà à sève de navet, la moindre des
gouttes de sang qui coulait dans les veines de
nos conventionnels, elle exècre avant tout cette
infortunée loi du maximum.

Cette haine, aveugle ,comme et plus que tou-
tes les autres, ne se borne même pas à la chose
et s'étend au nom.

De là ce fait, notoire et inexplicable autre-
ment : en toute occasion, nos députés, mis
en demeure d'exécuter des réformes, en font le
moins possible.

En haine du maximum, ils se bornent au mi-
nimum.

C'est un principe.

rentrons dans l'actualité.

Ce qui vient de se passer à propos do la loi
sur la liberté do réunion le prouve, je crois,
autant qu'il est possible de prouver quelque
chose ici-bas.

Rien n'était plus facile que de faire à ce pro-
pos une loi équivalent à la négation de toute
restriction de ce droit. *

Les cléricaux et réactionnaires de tout poil
ne manifestaient aucune intention de s'y op-
poser.

Les licences qu'on ne saurait manquer de
prendre dans certaines réunions populaires les
vengeraient, pensent-ils, amplement du tort
quoleur feraient quelques autres.

Ces licences se produiraient, nous sommes
loin de le nier.

Mais elles n'auraient qu'un temps.

Pendant trois mois peut-être, six au plus, on
verrait se produire les réunions les plus co-
casses, où les Calinos de tous les partis vien-
draient exposer des théories extraordinaire-
mont dangereuses pour les bretelles de leurs
contemporains.

On en serait quitte pour promulguer la loi
au moment de la fermeture annuelle des théâ-
tres, afin de n'être pas exposés à voir le Palais-
Royal, VAthénée et les Bouffes demander la supJ
pression du droit des pauvres pour qu'il leur
soit possible do lutter contre cette déloyale
concurrence.

Et après?

Après, comme on se lasse de tout, on userait
de l'utile droit de se réunir comme on le fait
en Angleterre, sagement, modérément, où et
quand on en aurait besoin, voilà tout.

fin naturaliste d'un idéal.

Au lieu de cela, qu'a-t-on fait ?

On a débuté par rappeler que l'Empire fut
un régime exécrable, le plus infâme de tous
ceux que nous ayions subi, etc., etc.; bref, un
tas de choses très vraies, mais tant soit peu
rengaines.

Puis on s'est borné à faire un tantinet moins
mal que cette horde de cyniques gredins...

Et on part de là pour se considérer comme
des parangons de libéralisme.

Malheur 1 dirait Zola.

coup-d'œiL fantaisiste sur le dessous
des cartes.

Au fond, ce qu'on a voulu, c'est permettre
au gouvernement d'interdire toutes les réu-
nions qui lui déplaisent.

Car il sera toujours facile de faire jouer une
petite comédie du genre de la suivante, non
par trois mouchards, puisqu'il n'y a plus de
mouchards, mais par trois citoyens dévoués au
gouvernement, — et, espérons-le, il y aura
toujours des citoyens dévoués au gouverne-
ment.

Dès le début de la séance, le premier de ces
citoyens montera à la tribune et y fera un dis-
cours absolument idiot et stupidement exa-
géré.

Cris, tapage, récriminations.

— C'est un mouchard! dira le second citoyen
dévoué, etc.

— Vous insultez mon ami, s'écriera le troi-
sième. Vous êtes un imbécile et un mufle 1

— Messieurs, dira aiors le commissaire de
police,—car les commissaires ne diront jamais
citoyens, — je vous défends de vous traiter
d'imbéciles, voire même de mufles. C'est
pousser les citoyens à la haine et au mépris...
Vous savez la suite, n'est-ce pas. Je vous
donne un avertissement.

— Mais on appelle mouchard, mon ami 1

— Mouchard ne compte pas. Comme il n'y a
plus de mouchards, c'est une insulte périmée.
D'ailleurs, je vous ferai remarquer que je suis
ici facultativement. Pour couper court a toute
discussion, je vous dirai que je n'étais pas la
tout à l'heure, au moment où fut prononcé le
mot mouchard, et que je suis là, maintenant
que vous proférez celui d'imbécile. C'est clair,
ca, hein ?

— C'est raisonner comme une pantoufle 1

— Permettez, c'est raisonner ainsi que l'a
fait la Chambre en votant la loi. Vous insultez
donc la susdite Chambre, ce dont le bureau
aura à rendre compte devant les tribunaux.
Allez, deuxième avertissement.

Le Président. — Pardon, mais je la trouve
mauvaise, moi !

— Si je ne me trompe, vous êtes de l'avis de
monsieur?

— Vous vous trompez du tout au tout, je
suis d'un avis contraire. Mais...

— Ah! je, me trompe du tout au tout. Alors
je ne sais pas ce que parler veut dire. Je suis
un crétin?

— Je n'ai pas dit cela.

— Consôquemment, j'en ai menti? Eh bien,
il vous en coûtera gros pour insulter ainsi l'au-
torité. Troisième avertissement. La séance est
levée. Tout le monde dehors, sauf le bureau,
que nous allons incontinent mettre dedans !

Pour sténographie anticipée,
Gringoire.

BLAGUES ET GNONS

Tout d'abord soyons bons confrères.
Et annonçons la prochaine apparition d'un
journal socialiste.
Rédacteur en chef, Emile Gautier.
Titre : le Vengeur.

Le véritable question sociale étant, avant
tout, le problême de la nourriture à conquérir
par le prolétaire dans la lutte pour l'existence,
nous aurions, nous, adopté ce titre et ce sous-
titre :

LE MANGEUR

JOURNAL des mangés.

Autre feuille à l'horizon :Za Libre-Pensée.

La Libre-Pensée, sans se borner à taper sur
les calolins, déjà aux trois quarts fourbus,
prendra résolument les dogmes par les cor-
nes.

Une fois ceux-ci culbutés, tous ceux qui vi-
vent de leur exploitation n'en seraient que
mieux les dindons de la farce.

Bonne chance, amis, c'est de la bonne et
grande guerre, cela. Assez tiraillé comme cela.
Engageons donc lacanonnade. Hugo a donné
le signal 1 Vive.... le diable! nous allons
rire !

Léon XIII vient d'être guéri d'une prosaïque
fistule par un non moins prosaïque chirur-
gien.

Si j'étais pape, il me semble qu'en pareille
occasion je me serais obstinément refusé à
employer tout remède autre que de simples
injections à l'eau de Lourdes faites dans la
la plaie par la stigmatisée Louise Lateau.

Les journaux de province sont remplis d'ar-
rêtés de maires interdisant un peu partout les
processions sur la voie publique.

C'est bien.

Mais voyez le temps que tout cela fait per-
dre à nombre do braves gens.

Une simple petite loi de quatre lignes priant
les calotins de rester dans leurs églises à
Brives-la-Gaillarde comme à Concarneau, à
Moulard-les-Faucheux comme à Carpentras,
ne serait-elle pas infiniment plus expédi-
tive ?

A creuser comme le puits de Grenelle,
Messieurs nos législateurs 1

La démission de M. Martel étant décidé-
ment définitive, les trois gauches sont fort
embarrassées pour choisir un nouveau prési-
dent du Sénat.

Une idée, — c'est singulier, comme aujour-
d'hui les simplifications me viennent par dou-
zaines !
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