ANNEE. — N« 5S3
PARIS ET DEPARTEMENTS : 15 CENTIMES LE NUMERO
13 novembre 1881.
RÉDACTION
81, tue des Petits-Champ/, 81
PARIS
ABONNEMENTS
PARIS ET DÉPARTEMENTS
Dn an.....
Six mois...
Trois mois.
8 fr. »
4 »
5 »
ADRESSE*
Lettres et Mandats à M. Madré
directeur-gérant
81, iue des Petits-Champ-, 81
ADMINISTRATION
81, rue des Petits-Champs, 81
PARIS
ABONNEMENTS
PAYS DE L'UNION POSTALE
Dn an....... tO fr. »
Six mois..... 5 »
Trois mois... S 5©
L'Agence lîwig, rue d'Amboise, 9
est seule chargée
de recevoir les annonces
pour le 'ournal
PRIME GRATUITE
A tous LES ABONNÉS DES journaux parisiens
Toute personne de la Province ou de l'un des
Pays de l'Union postale qui s'tibonné par l'entre-
mise de M. Madré, directeur-gérant du Grelot, à
l'un des journaux, désignés ci-après, a droit à un
abonnement gratuit au journal le Grelot, savoir :
Pour un abonnement d'un an : 6 mois au Grelot.
— — de six mois : 3 mois —
— — de 3 mois : 1 mois 1/J —
L'abonnement à plusieurs journaux doublera,
triplera la durée de l'envoi gratuit du GRELOT.
MM. les Gérants de Cercles, Casinos, Cafés,
Hotels, et généralement tous ceux qui s'abonnent
à de nombreux journaux, peuvent obtenir, outre
l'abonnement gratuit au GRELOT, certains avan-
tages qui leur seront indiqués sur demande.
PRIX D'ABONNEMENT
Aux différents Journaux
Charivari.............
Civilisation...........
Constitutionnel......
Défense...............
Dix-Neuvième Siècle.
«roi»...................
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Estafette.....,........
Figaro.................
Français..............
France ................
Gazette de France,...
Gaulois................
Qaz. des Tribunaux.
«lobe.................
UH Blas..............
Illunù-ation...........
Illust. Liondon News.
intransigeant.........
Journal des Débats ..
Justice................
Liberté...............
Marseillaise...........
Moniteur universel...
Monde.................
Monde Illustré........
Mot f'Ordre..........
Nouvelle Revue.......
Parlement............
Paris-..................
Paris-Affiches......
Paris-Journal........
Patrie.................
Pays..................
Presse................
Rappel................
République française
Revue des Deux-Mon.
Siècle................:
Soir...................
Télégraphe...........
Temps.................
Times, de Londres....
Univers................
Union.................
Union Républicaine..
Vérité.................
Voltaire...............
Les prix qui précèdent sont ceux de la province.
Pour I étranger, les demander par carte postale.
Pris par l entremise du Grelot, les abonnements
à tous les autres journaux de Paris donnent éga-
lement droit à la Prime pendant.un temps plus ou
moins long.
Les demandes d'abonnements ainsi que les
mandats ou chèques doivent être au nom de
M. MADRE, gérant du Grelot, 81, rue Neuve-des-
Petits-Champs, à Paris.
Théâtre du Palais-Bourbon
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REOUVERTURE
Rentrée de M. de Douville-Maillefeu, troisième
rôle (boxe, savate, canne).
Débuts de M. Amagat, premier comique en
tout genres, à l'occasion les queue-rouge.
(A révolutionné Montpellier et obtenu les
suffrages, à St-Flour, des Auverpins les plus
difficiles.)
Salle superbe.
Les tribunes publiques sont combles.
Toute la critique est à son poste.
Sarcey est très remarqué par les dames.
Il cause avec Lapommeraye, lequel fait
semblant de l'écouter, mais...'ne l'écoute pas
du tout.
M. Henri Brisson monte au pupitre de cbef
d'orchestre, et met un énorme paquet de colo-
phane sur son archet. Il regarde ses musi-
ciens d'une façon qui ne leur présage rien de
bon, s'ils ne vont pas en mesure.
Un questeur frappe les trois coups.
Le silence s'établit, religieux et solennel.
Le rideau se lève sur un décor représentant
l'intérieur de la Chambre des députés.
C'est épatant de ressemblance.
Une agréable rétournelle de hautbois se fait
entendre précédant l'entrée de M. Jules Ferry,
le baryton bien connu.
A ce moment, le bruit d'une lutte violente
vient troubler la représentation.
C'est M. de Douville-Maillefeu qui tombe à
grands coups de poings sur le placeur de l'or-
chestre, lequel veut l'empêcher de sauter sur
le théâtre.
(Cris nombreux :)
A la porte ! à la porte 1 enlevez-le!
M. de Douville-Maillefeu, tapant de ptl'.s
belle.
Je te dis, animal, que ce Ferry n'est qu'un
idiot qui ne sait pas un mot de son rôle! je
veux le remplacer !... j'ai une voix superbe,
moi !... lui, çà n'estqu'un baryton de carton!...
(Appels desespérés du président. Cris de
bêtes fauves dans les tribunes. Bravos et
sifflets panachés.) M. Tony-Révillon parvient
enfin à se rendre maître du terrible Douville-
Maillefeu , en lui renfonçant son chapeau
jusque sur les épaules. On emporte M. de
Douville-Maillefeu complètement évanoui. Le
calme renaît comme par enchantement.
M. Henri Brisson.
N'oublions pas, messieurs...
M. Albert Millaud.
Que nous sons à cheval?
M. Henri Brisson.
Non, que l'Europe nous regarde !... A vous,
Jules!... une, deux, trois,quatre!... allez-y !...
L'air que chante le vigoureux baryton est
tiré de l'Opéra : Les Français à Tunis, paroles
de M. Mohamed-es-Sadock, musique de M.
Roustan.
M. Ferry fait un léger couac dans les voca-
lises placées sur ce vers remarquable :
« Oèpeut-onêtre mieux, amis, qu'en Tuni-
sie. »
Mais les variations brillantes de la strette
enlèvent la salle entière et le célèbre chanteur
reçoit d'unanimes témoignages de la satisfac-
tion du public, plus une pomme euittf que lui
envoie Clovis Hugues.
À peine Jules Ferry est-il rentré dans la
coulisse qu'une musique tonitruante remplit
les échos du théâtre. Sur un violent coup de
cymbales, un clown s'élance à travers quatre
cerceaux tenus p«r huit députés de la droite,
et les crève avec une rare élégance.
C'est le député Amagat, dont les représen-
tations étaient attendues depuis si longtemps!
D'un bond, Amagat saute à la tribune et,
fixant M. Brisson, s'écrie :
— Miousie, m'sieu Loyal!... miousie I
M. Brisson incline la tête en signe d'assen-
timent.
— Clown Amagat, fait l'honorable président,
vous avez la parole.
A ces mots, Amagat exécute trois sauts de
carpe, ouvre une large bouche et laisse tom-
ber...
Ah ! mes enfants !... je n'en suis pas encore
remisl...
' Ohl lal la!... quel discours !...
Quel succès !...
Non !... jamais on n'entendit chose pa-
reille!...
Jamais !... jamais !...
O Amagat ! reçois ici l'expression de mon
admiration aussi profonde que sincère I...
Amagat, tu as été grand ! Amagat, tuas été
beau!... Amagat, tu as été immense !...
Et comme il est bien juste que ton éloquence
soit récompensée à sa valeur, tu penses compter,
mon bonhomme, sur une de ces invalidations
de Tolède qui font époque dans l'existence
d'un député, même quand ce député est de
Saint-FIour !
Et che qui doit te consoler, mon pauvre ami,
ch'est que tu l'as fièrement méritée, fouchtra!...
Nicolas Flammèche.
BLAGUES ET GNONS
L'échappé de St-Flour qui, samedi dernier,
a transformé la tribune en une concurrence
déisaslrueuse au théâtre Guignol, M. Amagat,
jouira désormais du sobriquet mérité de Bou-
Amagat.
Dès qu'il -apparaîtra à la tribune, les plus
sobres de nos honorables s'empresseront de
s'enfuir vers la buvette,
Comme le célèb're.agitateur dont il sera ainsi
devenu presque l'homonyme, il prêchera dans
le désert.
X
Le o novembre dernier, il y a eu 84 ans que
la Convention vota l'abolition de la peine de
mort.
Depuis ce temps, du reste, on a continué à
guillotiner et à fusiller avec un enthousiasme
qui nous laisse le doux espoir de voir fêler le
contenairé de ce yrand aniversaire par l'a-
battage en règle d'une ou deux douzaines de
têtes sur la place de la Roquette.
X
Tbut va de mieux en mieux en Egypte :
En ce bienheureux pays, on supprime les
journaux indigènes etonrenvoie en Europe les
journalistes européens.
Le tout dans le but de défendre les intérêts
de la colonie occidentale.
Je ne vous le cèlerai nullement :
Cette façon de mettre les gens à la porte d'un
endroit sous prétexte de' les y protéger me
rappelleavec une fâcheuse intensité la manière
d'agir d'Ugolin, mangeant ses fils pour leur
conserver un père.
X
On a fait graver sur des plaques de marbre,
dans les, casernes des sapeurs-pompiers, les
noms de ces braves morts au feu.
Cette excellente mesure demanderait à être
généralisée.
Je ne vois pas pourquoi on ne graverait pas
dans toutes les maisonnettes des eclusiers les
noms de ces loups d'eau douce noyés en plon-
geant au secours de leur congénères, et sur les
gradins des amphithéâtres de la Sorbonne
l'état civil des héros morts d'ennui en suivant
les cours de émules de Laboulaye.
X
Don Carlos est à Londres, attendant les évé-
nements.
Jadis c'étaient les diligences.
Aujourd'hui, ce sont les événements,
Il faut toujours que ce triste sire attende
quelque chose.
Il n'y a que les balles alphonsistes qu'il n'a
point attendues.
Ah ! pour cela, par exemple, il a toujours eu
soin de se tenir à respectueuse distance de
ces projectiles et de partir plusieurs heures
avant leur arrivée I
X
L^s autorités ont interdit cinq ou six mani-
festations cléricales dans l'Ouest,
Attendons-nous, en guise de compensation,
à voir interdire sous peu plusieurs douzaines
de réunions de libres-penseurs aux trois autres
points, cardinaux.
X
Les opportuniste* exultent de ce que la
Chambre actuelle contient 16 bonapartistes
avérés.
Avec ceux qui tourneraient casaque le len-
demain du jour où Plon-Plon se trouverait
avoir des chances sérieuse?, c'est, au bas mot,
280 de trop.
X
Pensée d'un géant de 93, dont pas un
pygrnée opportuniste d'aujourd'hui n'accepte-
rait la paternité : .
— Il n'y a qu'un moyen de combler l'abîme
qui sépare les sujets des roys: c'est d'y jeter
ceux-ci 1
X .
Un quoti dien du matin nous apprend que :
Un amateur anglais acheta 290 francs, au
mois de décembre 1871, à l'hôtel Drouot, une
écharpe de membre de la Commune ayant
appartenu à Raoul Rigault.
Vingt-quatre écailles d'huîtres furent ache-
tées 32 francs, peu après, par un Américain ;
ces écailles provenaient, parait-il, de la seule
douzaine d'huitres qui aurait été mangée à
Pans pendant le siège !
Quelques mauvaises langues affirment que
ces 24 écailles proviennent de Jules Ferry.
Le fait n'est pas certain.
Mais il est vraisemblable.
' x- hi
Une jolie définition de Daniel Darc," d'une
remarquable actualité:
lois. — Barrières qui ne gênent que les hon-
nêtes gens.
X
Le Libéral, jonrnal clérical espagnol, annon-
ce que le gouvernement de don Alphonse est
disposé à relâcher tous les détenus politiques.
Excellent moyen pour connaître tous les
amis de ceux-ci, et, dans quelques mois,
recoffrer la totalité des chefs du parti vrai-
ment libéral d'un seul coup.
X
Le nommé Louis Leriche, fait une réclame
bien sentie aux Elévations poétiques et religieu-
ses d'une femme, d'un âge probablement res-
pectable, nommé Marie Jenna.
Sur notre sol qui tremble, ô Vierge, ta présence
Est un signe de paix...
Arrêtons-nous sur cette fâcheuse conson-
nance.
X
Et profitons-en pour fournir aux artistes
chrétiens cet admirable pendant à la Vierge à
la chaise :
La Vierge aux haricots.
X
On a ouvert, depuis le 7 novembre, à Paris,
une trentaine de fourneaux économiques —
surtout pour l'assistance publique, qui y con-
sacre une somme insignifiante en comparaison
de celles qu'elle gâche à payer ses employés,
pour la plupart inutiles.
Outre le bouilli et le ragoût, on no trouve
guère sur la carte de ces restaurants au rabais
que les mets suivants ; :
Haricots au jus.
Purée de pommes.
Purée de pois.
Preuve que, même quand les opportunistes
daignent convenir de l'existence de la misère,
ils ne cherchent pas à sortir les prolétaires de
la. purée l
X
Le comble du radicalisme :
— Se refuser à prendre un lavement, sous
prétexte que cette manière d'ingurgiter du
liquide est réactionnaire.
X
Le produit du recouvrement des impôts des
10 premiers mois de 1881, présente, sur les
évaluations budgétaires, une plus-value de
170.1115.000 francs.
Les opportunistesen déduisent que la France
est riche.
Cela signifie simplement que ses députés
sont des ignares qui ont établi des taxes et
tarifs grâce auxquels ils lui font payer beau-
coup plus qu'ils ne croyaient.
x
La cour d'assises de Valence a condamné à
cinq ans de travaux forcés la femme Pouzin,
coupable d'avoir tué, à grand renfort de talo-
ches, ses deux enfants.
Le repaire de la femme Pouzin était situé à
Romans.
Pourvu que la postérité n'aille pas confon-
dre cette a faire de Romans avec le fameux dis-
cours de Gambetta-Coclès !
X
La fureur de spéculation qui court donne un'
regain d'actualité à ce mot que nous décou-
pons, comme mot de la fin, dans une vieille
Finance pour rire :
Entre financiers véreux:
L'un, qui a fait fortune. — Moi, je vis de'
mes rentes!
L'autre, qui est en train de s'enrichir. — Moi
je vide... les poches !
G-ringoire.
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PARIS ET DEPARTEMENTS : 15 CENTIMES LE NUMERO
13 novembre 1881.
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ADRESSE*
Lettres et Mandats à M. Madré
directeur-gérant
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Pays de l'Union postale qui s'tibonné par l'entre-
mise de M. Madré, directeur-gérant du Grelot, à
l'un des journaux, désignés ci-après, a droit à un
abonnement gratuit au journal le Grelot, savoir :
Pour un abonnement d'un an : 6 mois au Grelot.
— — de six mois : 3 mois —
— — de 3 mois : 1 mois 1/J —
L'abonnement à plusieurs journaux doublera,
triplera la durée de l'envoi gratuit du GRELOT.
MM. les Gérants de Cercles, Casinos, Cafés,
Hotels, et généralement tous ceux qui s'abonnent
à de nombreux journaux, peuvent obtenir, outre
l'abonnement gratuit au GRELOT, certains avan-
tages qui leur seront indiqués sur demande.
PRIX D'ABONNEMENT
Aux différents Journaux
Charivari.............
Civilisation...........
Constitutionnel......
Défense...............
Dix-Neuvième Siècle.
«roi»...................
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Français..............
France ................
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«lobe.................
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intransigeant.........
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Siècle................:
Soir...................
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Vérité.................
Voltaire...............
Les prix qui précèdent sont ceux de la province.
Pour I étranger, les demander par carte postale.
Pris par l entremise du Grelot, les abonnements
à tous les autres journaux de Paris donnent éga-
lement droit à la Prime pendant.un temps plus ou
moins long.
Les demandes d'abonnements ainsi que les
mandats ou chèques doivent être au nom de
M. MADRE, gérant du Grelot, 81, rue Neuve-des-
Petits-Champs, à Paris.
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REOUVERTURE
Rentrée de M. de Douville-Maillefeu, troisième
rôle (boxe, savate, canne).
Débuts de M. Amagat, premier comique en
tout genres, à l'occasion les queue-rouge.
(A révolutionné Montpellier et obtenu les
suffrages, à St-Flour, des Auverpins les plus
difficiles.)
Salle superbe.
Les tribunes publiques sont combles.
Toute la critique est à son poste.
Sarcey est très remarqué par les dames.
Il cause avec Lapommeraye, lequel fait
semblant de l'écouter, mais...'ne l'écoute pas
du tout.
M. Henri Brisson monte au pupitre de cbef
d'orchestre, et met un énorme paquet de colo-
phane sur son archet. Il regarde ses musi-
ciens d'une façon qui ne leur présage rien de
bon, s'ils ne vont pas en mesure.
Un questeur frappe les trois coups.
Le silence s'établit, religieux et solennel.
Le rideau se lève sur un décor représentant
l'intérieur de la Chambre des députés.
C'est épatant de ressemblance.
Une agréable rétournelle de hautbois se fait
entendre précédant l'entrée de M. Jules Ferry,
le baryton bien connu.
A ce moment, le bruit d'une lutte violente
vient troubler la représentation.
C'est M. de Douville-Maillefeu qui tombe à
grands coups de poings sur le placeur de l'or-
chestre, lequel veut l'empêcher de sauter sur
le théâtre.
(Cris nombreux :)
A la porte ! à la porte 1 enlevez-le!
M. de Douville-Maillefeu, tapant de ptl'.s
belle.
Je te dis, animal, que ce Ferry n'est qu'un
idiot qui ne sait pas un mot de son rôle! je
veux le remplacer !... j'ai une voix superbe,
moi !... lui, çà n'estqu'un baryton de carton!...
(Appels desespérés du président. Cris de
bêtes fauves dans les tribunes. Bravos et
sifflets panachés.) M. Tony-Révillon parvient
enfin à se rendre maître du terrible Douville-
Maillefeu , en lui renfonçant son chapeau
jusque sur les épaules. On emporte M. de
Douville-Maillefeu complètement évanoui. Le
calme renaît comme par enchantement.
M. Henri Brisson.
N'oublions pas, messieurs...
M. Albert Millaud.
Que nous sons à cheval?
M. Henri Brisson.
Non, que l'Europe nous regarde !... A vous,
Jules!... une, deux, trois,quatre!... allez-y !...
L'air que chante le vigoureux baryton est
tiré de l'Opéra : Les Français à Tunis, paroles
de M. Mohamed-es-Sadock, musique de M.
Roustan.
M. Ferry fait un léger couac dans les voca-
lises placées sur ce vers remarquable :
« Oèpeut-onêtre mieux, amis, qu'en Tuni-
sie. »
Mais les variations brillantes de la strette
enlèvent la salle entière et le célèbre chanteur
reçoit d'unanimes témoignages de la satisfac-
tion du public, plus une pomme euittf que lui
envoie Clovis Hugues.
À peine Jules Ferry est-il rentré dans la
coulisse qu'une musique tonitruante remplit
les échos du théâtre. Sur un violent coup de
cymbales, un clown s'élance à travers quatre
cerceaux tenus p«r huit députés de la droite,
et les crève avec une rare élégance.
C'est le député Amagat, dont les représen-
tations étaient attendues depuis si longtemps!
D'un bond, Amagat saute à la tribune et,
fixant M. Brisson, s'écrie :
— Miousie, m'sieu Loyal!... miousie I
M. Brisson incline la tête en signe d'assen-
timent.
— Clown Amagat, fait l'honorable président,
vous avez la parole.
A ces mots, Amagat exécute trois sauts de
carpe, ouvre une large bouche et laisse tom-
ber...
Ah ! mes enfants !... je n'en suis pas encore
remisl...
' Ohl lal la!... quel discours !...
Quel succès !...
Non !... jamais on n'entendit chose pa-
reille!...
Jamais !... jamais !...
O Amagat ! reçois ici l'expression de mon
admiration aussi profonde que sincère I...
Amagat, tu as été grand ! Amagat, tuas été
beau!... Amagat, tu as été immense !...
Et comme il est bien juste que ton éloquence
soit récompensée à sa valeur, tu penses compter,
mon bonhomme, sur une de ces invalidations
de Tolède qui font époque dans l'existence
d'un député, même quand ce député est de
Saint-FIour !
Et che qui doit te consoler, mon pauvre ami,
ch'est que tu l'as fièrement méritée, fouchtra!...
Nicolas Flammèche.
BLAGUES ET GNONS
L'échappé de St-Flour qui, samedi dernier,
a transformé la tribune en une concurrence
déisaslrueuse au théâtre Guignol, M. Amagat,
jouira désormais du sobriquet mérité de Bou-
Amagat.
Dès qu'il -apparaîtra à la tribune, les plus
sobres de nos honorables s'empresseront de
s'enfuir vers la buvette,
Comme le célèb're.agitateur dont il sera ainsi
devenu presque l'homonyme, il prêchera dans
le désert.
X
Le o novembre dernier, il y a eu 84 ans que
la Convention vota l'abolition de la peine de
mort.
Depuis ce temps, du reste, on a continué à
guillotiner et à fusiller avec un enthousiasme
qui nous laisse le doux espoir de voir fêler le
contenairé de ce yrand aniversaire par l'a-
battage en règle d'une ou deux douzaines de
têtes sur la place de la Roquette.
X
Tbut va de mieux en mieux en Egypte :
En ce bienheureux pays, on supprime les
journaux indigènes etonrenvoie en Europe les
journalistes européens.
Le tout dans le but de défendre les intérêts
de la colonie occidentale.
Je ne vous le cèlerai nullement :
Cette façon de mettre les gens à la porte d'un
endroit sous prétexte de' les y protéger me
rappelleavec une fâcheuse intensité la manière
d'agir d'Ugolin, mangeant ses fils pour leur
conserver un père.
X
On a fait graver sur des plaques de marbre,
dans les, casernes des sapeurs-pompiers, les
noms de ces braves morts au feu.
Cette excellente mesure demanderait à être
généralisée.
Je ne vois pas pourquoi on ne graverait pas
dans toutes les maisonnettes des eclusiers les
noms de ces loups d'eau douce noyés en plon-
geant au secours de leur congénères, et sur les
gradins des amphithéâtres de la Sorbonne
l'état civil des héros morts d'ennui en suivant
les cours de émules de Laboulaye.
X
Don Carlos est à Londres, attendant les évé-
nements.
Jadis c'étaient les diligences.
Aujourd'hui, ce sont les événements,
Il faut toujours que ce triste sire attende
quelque chose.
Il n'y a que les balles alphonsistes qu'il n'a
point attendues.
Ah ! pour cela, par exemple, il a toujours eu
soin de se tenir à respectueuse distance de
ces projectiles et de partir plusieurs heures
avant leur arrivée I
X
L^s autorités ont interdit cinq ou six mani-
festations cléricales dans l'Ouest,
Attendons-nous, en guise de compensation,
à voir interdire sous peu plusieurs douzaines
de réunions de libres-penseurs aux trois autres
points, cardinaux.
X
Les opportuniste* exultent de ce que la
Chambre actuelle contient 16 bonapartistes
avérés.
Avec ceux qui tourneraient casaque le len-
demain du jour où Plon-Plon se trouverait
avoir des chances sérieuse?, c'est, au bas mot,
280 de trop.
X
Pensée d'un géant de 93, dont pas un
pygrnée opportuniste d'aujourd'hui n'accepte-
rait la paternité : .
— Il n'y a qu'un moyen de combler l'abîme
qui sépare les sujets des roys: c'est d'y jeter
ceux-ci 1
X .
Un quoti dien du matin nous apprend que :
Un amateur anglais acheta 290 francs, au
mois de décembre 1871, à l'hôtel Drouot, une
écharpe de membre de la Commune ayant
appartenu à Raoul Rigault.
Vingt-quatre écailles d'huîtres furent ache-
tées 32 francs, peu après, par un Américain ;
ces écailles provenaient, parait-il, de la seule
douzaine d'huitres qui aurait été mangée à
Pans pendant le siège !
Quelques mauvaises langues affirment que
ces 24 écailles proviennent de Jules Ferry.
Le fait n'est pas certain.
Mais il est vraisemblable.
' x- hi
Une jolie définition de Daniel Darc," d'une
remarquable actualité:
lois. — Barrières qui ne gênent que les hon-
nêtes gens.
X
Le Libéral, jonrnal clérical espagnol, annon-
ce que le gouvernement de don Alphonse est
disposé à relâcher tous les détenus politiques.
Excellent moyen pour connaître tous les
amis de ceux-ci, et, dans quelques mois,
recoffrer la totalité des chefs du parti vrai-
ment libéral d'un seul coup.
X
Le nommé Louis Leriche, fait une réclame
bien sentie aux Elévations poétiques et religieu-
ses d'une femme, d'un âge probablement res-
pectable, nommé Marie Jenna.
Sur notre sol qui tremble, ô Vierge, ta présence
Est un signe de paix...
Arrêtons-nous sur cette fâcheuse conson-
nance.
X
Et profitons-en pour fournir aux artistes
chrétiens cet admirable pendant à la Vierge à
la chaise :
La Vierge aux haricots.
X
On a ouvert, depuis le 7 novembre, à Paris,
une trentaine de fourneaux économiques —
surtout pour l'assistance publique, qui y con-
sacre une somme insignifiante en comparaison
de celles qu'elle gâche à payer ses employés,
pour la plupart inutiles.
Outre le bouilli et le ragoût, on no trouve
guère sur la carte de ces restaurants au rabais
que les mets suivants ; :
Haricots au jus.
Purée de pommes.
Purée de pois.
Preuve que, même quand les opportunistes
daignent convenir de l'existence de la misère,
ils ne cherchent pas à sortir les prolétaires de
la. purée l
X
Le comble du radicalisme :
— Se refuser à prendre un lavement, sous
prétexte que cette manière d'ingurgiter du
liquide est réactionnaire.
X
Le produit du recouvrement des impôts des
10 premiers mois de 1881, présente, sur les
évaluations budgétaires, une plus-value de
170.1115.000 francs.
Les opportunistesen déduisent que la France
est riche.
Cela signifie simplement que ses députés
sont des ignares qui ont établi des taxes et
tarifs grâce auxquels ils lui font payer beau-
coup plus qu'ils ne croyaient.
x
La cour d'assises de Valence a condamné à
cinq ans de travaux forcés la femme Pouzin,
coupable d'avoir tué, à grand renfort de talo-
ches, ses deux enfants.
Le repaire de la femme Pouzin était situé à
Romans.
Pourvu que la postérité n'aille pas confon-
dre cette a faire de Romans avec le fameux dis-
cours de Gambetta-Coclès !
X
La fureur de spéculation qui court donne un'
regain d'actualité à ce mot que nous décou-
pons, comme mot de la fin, dans une vieille
Finance pour rire :
Entre financiers véreux:
L'un, qui a fait fortune. — Moi, je vis de'
mes rentes!
L'autre, qui est en train de s'enrichir. — Moi
je vide... les poches !
G-ringoire.
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