Hittorff, Jacques Ignace [Hrsg.]
Les Antiquités inédites de l'Attique: contenant les restes d'architecture d'Éleusis, de Rhamnus, de Sunium et de Thoricus — Paris, 1832

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CHAPITRE IL

LES PROPYLÉES.

-LiE prototype de ce bel édifice se voit encore dans les propylées de l'acropole d'Athènes;
l'estimable ouvrage dans lequel les antiquités de ce lieu intéressant ont été publiées avec
tant de soin, en contient les plans et les détails, et c'est encore à la société des dilettanti
que le public est redevable de ces documents exacts(".

L'infatigable auteur de l'ouvrage dont il s'agit, chassé d'Athènes par les troubles qui y
régnaient alors, fut forcé de quitter ce pays avec le regret de n'avoir pu terminer ses tra-
vaux et mesurer les propylées. Mais le deuxième volume ne fut mis au jour qu'après le retour
en Angleterre du Dr Chandler, qui dirigea les artistes de la mission envoyée dans les pays
étrangers par la société des dilettanti. Ce savant antiquaire, après avoir exploré une partie
considérable de l'Asie-Mineure, revint en passant par Athènes, et fut assez heureux pour
complétei" le travail sur les propylées, que ses prédécesseurs n'avaient pu achever.

L'architecture grecque était à cette époque un sujet neuf pour les artistes européens ; il
arriva naturellement que plusieurs particularités de ce nouveau système de construction
furent inaperçues ou non recherchées. La publication actuelle offrira un ample dédommage-
ment de ces omissions.

En parlant de la ressemblance qui existe entre les propylées d'Eleusis et ceux d'Athènes, on
doit observer que cette comparaison ne s'applique qu'au corps de bâtiment du milieu de ce
dernier édifice. Mais les deux constructions attenantes, quoique liées à ce corps par des
murs élevés à la même époque, sont deux bâtiments distincts, dont la destination n'avait
aucun rapport avec le portique presque isolé du milieu. Pausanias(2) rapporte que l'un de
ces édifices, celui qu'on voit à droite en entrant dans l'acropole, était le temple de la Vic-
toire sans aile, et l'autre une chapelle qui contenait plusieurs peintures de Polygnote(3).

*4

V*

pj

(i) Antiquités d'Athènes par Stuart (t. II, page 55 de
l'édition française, par Landon ).

(2) Liv. I, chap. xxii.

(3) Au moment où nous écrivons, nous avons sous
les yeux des dessins des propylées d'Athènes , plus com-
plets que ceux qui ont été publiés dans l'ouvrage de
Stuart. Ces dessins, dus au talent de M. S. Itar, ar-
chitecte de Catane, offrent de nombreuses rectifications
sur ce monument, et en outre une réunion de frag-
ments presque suffisants pour la restauration entière
du temple ionique qui s'élevait à droite , en avant des
propylées. Ce temple est le même qui est désigné dans
le second volume de Stuart, comme dédié à Aglaure.
Spon et Wheler, et, après eux, le colonel Leake, dans sa
Topographie d'Athènes (Lond., 1821), M. W. N. Kinnard,

dans le Supplément aux Antiquités d'Athènes (Londres,
183o) et d'autres voyageurs, ainsi que M. Itar, y voient,
avec plus de raison, le temple de la Victoire aptère, dont
parle Pausanias. Quant au bâtiment formant l'aile gauche
attenante aux propylées, que Stuart a pris pour le temple
de la Victoire, on suppose que c'était cet édifice que les
peintures de Polygnote décoraient, tandis que le bâti-
ment correspondant à droite était probablement destiné
à la garde de la citadelle, et servait de passage latéral.
M. Itar a aussi dessiné les restes du Parthénon et
des temples de Minerve Poliade, d'Erechtée et de Pan-
drose. Les importantes découvertes auxquelles ses re-
cherches ont donné lieu, font vivement désirer qu'une
prochaine publication fasse jouir les artistes et les ar-
chéologues de ces précieux matériaux. (H.)

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