Hittorff, Jacques Ignace [Hrsg.]
Les Antiquités inédites de l'Attique: contenant les restes d'architecture d'Éleusis, de Rhamnus, de Sunium et de Thoricus — Paris, 1832

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CHAPITRE VIIL

SUNIUM.

Ounium, un des bourgs dépendants de la tribu d'Attale, était situé sur un promontoire
du même nom qui formait la pointe la plus méridionale de l'Attique ; les rochers sur les bords
de la mer sont à pic et très-raboteux.

Lorsque les Athéniens, pendant la guerre du Péloponèse, espéraient faire arriver d'Eubée
leurs moyens de subsistance, ils fortifièrent Sunium pour protéger les vaisseaux employés
le long des côtes au transport des approvisionnements. Dans ce temps, les Lacédémoniens,
en maintenant une garnison à Décélie, avaient intercepté toutes les communications entre
Athènes et les villes de l'intérieur du pays.

Les principales ruines de Sunium sont les restes d'un temple dédié à Minerve Suniade.
Il est construit avec le marbre blanc tiré des carrières voisines. Le temple est d'ordre dorique ;
il a six colonnes de face. Au-delà de la dixième colonne du côté sud-ouest, il n'y avait pas
de restes pour indiquer son étendue primitive. Neuf colonnes étaient encore debout de ce
côté, et trois du côté opposé, de même que les deux colonnes du pronaos avec une de ses
antes (I}.

Au nord du temple, et presque dans l'alignement de sa façade orientale, ont été décou-
verts les restes d'un propylée. Cet édifice était aussi d'ordre dorique. La proportion de ses
colonnes et les profils des moulures étaient à-peu-près semblables à ceux du temple.

Quant à l'époque de l'érection de ces édifices, il est probable qu'elle était la même, ou
à-peu-près, que celle où fut érigé le temple de INémésis à Rhamnus; car les conjectures sur
l'origine de ce dernier édifice sont également applicables aux édifices de Sunium. L'extrême
fini que l'on remarque dans leur exécution est une preuve suffisante pour faire admettre
qu'ils ont été élevés à une des plus belles époques de l'architecture en Grèce.

Les façades des propylées étaient in antis, c'est-à-dire que le portique était formé par
deux colonnes placées entre les antes des murs latéraux. L'espacement du milieu était, comme
celui des propylées d'Eleusis précédemment décrits , plus large que les deux autres, de manière
à présenter une arrivée plus commode dans le péribole, dont les propylées formaient l'entrée(2).
Les parties inférieures des deux colonnes de la façade du sud et une des antes à l'angle sud-
est étaient encore debout; mais des autres parties de l'édifice il ne restait plus que les fon-
dations. Le pavé est enterré à trois pieds au-dessous du sol.

y



(i)Du temps de Spon, il y avait encore dix-neuf (2) La plus grande largeur de l'espacement de l'entre-

colonnes debout. L'abbé Fourmont et Le Roy ne parlent colonnement du milieu, dans les propylées des anciens,

plus que de dix-sept. L'appât des crampons de bronze était surtout motivée par la nécessité d'offrir un passage

employés dans la construction de ce monument n'a pas aux chars. Voyez, chap. ai, pag. 11, la note (3). (H.)
peu contribué à sa destruction. (H.)

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