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Jomard, Edme François [Editor]
Description de l'Égypte: ou recueil des observations et des recherches qui ont été faites en Égypte pendant l'expédition de l'armée française, publié par les ordres de Sa Majesté l'Empereur Napoléon le Grand (Band 4,1,2,2: Texte 2,2): Etat moderne — Paris, 1822

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https://doi.org/10.11588/diglit.4818#0108

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DE LA CARTE DE LÉGYPTE. iOj

CHAPITRE IV.

■Des Ecritures de la Carte en caractères Français et en caractères

Arabes.

Chaque peuple a son langage, et chaque langage a des sons ou inflexions de
voix qui lui sont propres. Certains signes expriment ces sons qu'il est difficile,
pour ne pas dire impossible, de rendre exactement dans les langues des peuples
auxquels ils sont étrangers. L'idiome des Arabes vient plus que tout autre à
1 aPpui de cette assertion : onze des lettres de son alphabet indiquent des sons
tout-à-fait étrangers à la langue Française, qui, n'ayant, pour les représenter, aucun
cai"actère spécial ni aucun signe équivalent, met les traducteurs dans le cas de
les exprimer à volonté : ceux-ci, n'étant assujettis à aucun principe fixe, ont rendu
Ces lettres, les uns d'une manière, les autres d'une autre, sans suivre d'autres
regles que les idées plus ou moins arbitraires qu'ils s'étoient faites de la manière
^e les représenter par des équivalens. De ce défaut d'accord il devoit nécessai-
rement résulter, et il est résulté en effet,, un véritable chaos. Rien de plus disparate
^Ue l'orthographe des voyageurs comparée à celle des érudits, ou bien celles qui
0rït été suivies par les Français, les Anglais, les Allemands, les Italiens, les Danois
et les autres peuples. Il falloit cependant déterminer pour la carte de l'Egypte un
niode qui mît les orientalistes à même de transcrire d'une manière uniforme tous
'es noms et autres mots Arabes qui entrent dans cette carte, afin de parvenir à
taire reconnoître ces mots d'une manière sûre. On a cherché en conséquence à
reunir toutes les lumières qui pouvoient éclairer cette question difficile. ,

M. Delaporte, élève de l'école spéciale des langues Orientales, membre de la
Commission des sciences et arts d'Egypte, et agent du payeur général de l'armée
c* Orient auprès des intendans Qobtes, percepteurs des contributions, étoit, par
Sa place, dans le cas d'avoir sans cesse sous les yeux les cahiers Arabes où étoient
consignés les noms des villages de l'Egypte. Il fut chargé par nous d'en procurer
a nomenclature complète, nécessaire non-seulement pour faire connoître tous
es noms des villages de l'Egypte, mais encore pour donner le moyen de les
écrire exactement.

^n a vu, dans le chapitre I.er, que les ingénieurs chargés de lever les pro-
mces et autres pays dévoient prendre les noms des lieux qui entraient dans le
aore de leurs travaux. Ces noms étoient écrits par eux en français, et par la
°mbinaison des lettres ils tâchoient de représenter, autant que possible, leur
renonciation locale ; mais, en outre, des interprètes attachés à ces ingénieurs
raçoient encore ces mots en caractères Arabes. Rien n'a été négligé pour que
°l]s ies noms fussent inscrits de cette manière sur les originaux.
Ces élémens mettoient bien à même d'écrire ten caractères Arabes les noms de la

£'• M. TOME II , ».. partie. o
 
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