Kircher, Athanasius ; Alquié, François Savinien d' [Transl.]
La Chine d'Athanase Kirchere: illustrée de plusieurs monuments tant sacrés que profanes, et de quantité de recherchés de la nature & de l'art — Amsterdam, 1670

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D'A T H A N A S E KlRCHERE.

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extraordinaire Sainteté. C estoit la
coustume de ce temps là d'escrire tou-
tes les lettres Royalles sur des tables, &
de les mettre dans les Eglises, chaicu-
ne dans Ton rang & sélon l'ordre qu'el-
les dévoient avoir, après les avoir ri-
chement ornées. Le rouge & le bleu
avec quoy on les avoit sormées leur
donnoient un esclat admirable , Se la
plume Royalle quiremplisîbitle vuide,
& qui montoit jusques au Soleil, adjou-
stoit une nouvelle majesté à toutes ces
eseritures. Les libéralités & les doms
que ce Prince faisoit estoierit si grands,
qu'ils esgalloient en hauteur l'esleva-
tion extrême des Montagnes Meridio-
nalles, & le grand nombre de les biens-
faits elgalloit la profondeur de la Mer
Orientalle. Il n'est pas au pouvoir de
la raison de ne pas prouver ce qui est
approuvé generallement d'un chafcun,
& qui est digne d'une éternelle me-
'eRoy5dc mo*re' ^ufy î ce^^ ^metPourcluoy le
s<*jum Roy appeîlé Sa çum nen men , ou Ven
fcsesv„- mm> 9UI commença a régner 1 an 757.
^ ordonna par un arrêt donné de nou-
veau , que l'on bastiroit des Eglises dans
JLinï suù seû, dans cinq Villes. Ce Mo-
narque qui estoit orné d'un bel esprit,
eust l'advange de voir que tout son E-
stat ouvrit la porte à la félicité pan-
dant son règne, comme ausïi le plaisir
de gouverner advantageusement les
peuples, & de les conduire avec tant
de gloire pour luy, qu'il a mérité l'ap-
plaudinement de toutes les nations su-
jetes à son Empire.
{^11764. xi. Le Rov Tai cuni Ven T>à ( qui
les vertus - - J - >- -v *

du

Roy monta sur le throsne l'an 154.) fut
cm. çx neureux qUe Je participer de la
douceur d'un temps doux , & d'a-
voir un règne paisible & sans trou-
bles . La dévotion de ce Prince c-
stoit si grande qu'il ne manquoit ja-
mais d'envoyer tous les ans de odeurs
Ccelestes à 1 Eglise le jour de la nai£
sance de Je fia Qbrifl, en reconnois-
sance d'un si grand bienfait, & de don-

ner des pansions annuelles pri/ès sur
1' Esiat à tous ceux qui sèrvoient à
cette S. Loy , pour mieux marquer
l'estime qu il faisoit de leurs offices,
& de leurs personnes. A la vérité, il
en estoit de mesme de ce Roy, que de
celuy du Ciel ; Parceque comme ce-
luy-cy donne la beauté 8c la perfection
à tout ce qu il y a icy bas, Se comme
c est de luy que viennent toutes choses;
De mesme celuy la donnoit à l'exemple
du firmament Se des globes ceîestes la
nourriture Se la subsistance à tous ceux
qui estoient au desîous de luy.
XII. Le Roy JQen cium xinï Ven Vû l'A" 781.
(vivoit T an 781.) Il punisïbit les Cri-
minels , & recompençoit les bons de
huict différentes façons. Ce fût luy
qui se servit des nouvelles inventions
qu'il avoit trouvées par la sorce de son
esprit, pour establir l'Evangile, & pour
augmenter de plus en plus la Foy de
Je fus ÇbriJÎ. Son gouvernement estoit
si parfait Se si doux qu'on n'en pouvoit
pas souhaiter de meilleur. Nous prions
Dieu pour luy, n'ayant point de honte
en cela. C'estoit un Prince de grande
Vertu, humble , Doux, & pacifique,
sçavant,& quisouffroit patiamment les
deffauts de son prochain ; Son zele e-
stoit extrême pour lesouslagement des
pauvres, Se sa charité si grande qu il
saisoit du bien à tout le monde. Le vé-
ritable chemin & l'eschelle de nostre S. Les>effets
Loy consisteà faire que lapluye, & les gjje &de
vents vienent chascun dans son temps
& sà sàison , à mettre le monde en re- frenne;
pos, à bien gouverner les hommes, à
disposer justement toutes choses ,à vivre
comme il faut, &à travaillerincessàm-
ment pour pouvoir jovïr de la gloire
éternelle après leur mort. Avoir tou-
tes ces choses promptement, Se en don- .
ner la raison j c est une vérité qui procè-
de de nostre S. Loy ; Desbrte que tout
ce que nous faisons,n'est qu'une suitte de
la force , & de lapuistancede nostre S.

s

Evangile.

F 2

XIII. Le
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