Kircher, Athanasius ; Alquié, François Savinien d' [Übers.]
La Chine d'Athanase Kirchere: illustrée de plusieurs monuments tant sacrés que profanes, et de quantité de recherchés de la nature & de l'art — Amsterdam, 1670

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La Chine Illustrée

C h a p. III.
T>e Cathaie &-de fa propre &- naturelle fituation.

s^||^Uoyque nous ayons desja dit
ifcplplusieurs choies de la situation
®55^-^ de Cathaie dans les difcours pré-
cédents , & quoyque nous ayons des-
ja raporté tout ce que nous avons
peu apprendre des Autheurs Latins,
Grecs, Hébreux , jîrabes , & Ter/es j
Neantmoins, pour donner plus de
jour à cette matière ; nous dirons en
premier lieu , quel est le Royau-
me de Cathaie, en quel endroit il est si-
tué , & nous apprendrons enfin par
divers moyens tout ce qu on en peut
dire.
stassie" ^l n°US Cn Cr°y°nS nOS Peres ? & si
géeparies nous adjoutons foy à ce que dit Marc
Tartam. premtien} qU\ Q[\ encore plus croya-
ble , nous dirons que la Qhine n'est au-
tre chose qu'une partie de Cathaie ; d'au-
tant que cette grande Ville, qu'il dite-
stre la capitale du grand Qham, & à qui
il donne le nom de Cambaîu que les
Tartans appellent en leur langue Cam-
balek, n'est autre (sélon le raport de
nos Pères) que (Pékin, dont l'enceinte
des murailles est si grande, qu'on peut
bien juger sans beaucoup de peine,
qu elle n'est autre que celle dont nous
parlons ; Voyci ce qu'en dit M arc'Paul.
Ladescn- J^a J7îne fa Cambalu, laquelle ejl fituèe
hvTiiede dans la Province de Cathai fur le bon du
Cambalu. ^rm^ pieuye a ejlè de tout temps la capi-
taie de ïEmpire, & tout à fait illuflre.
Ce mot de Cambalu porte dans fa lignifi-
cation la Cité du Seigneur. Le grand
Cham la transporta fur ï autre rivage
du fleuve ; parce qu'il aVoit appris par un
Aftrologue^ qu'il y deVoit avoir une rébellion
dans l'efîat : cette Ville donc eîi baflie en
quarrè, (5> font circuit eflde 24 mille, cha-
que cofle du carre eïlant de Jix mille de
long ; fes Murailles font blanchies & leur
hauteur eflde 20pas, leur largeur de dix->

& leur eîpeffèur efl dissofée de telle forte,
quelle diminue à proportion quelle, s'efle-
"Vent & deYiennent par confequent plus fer*
mes & moins larges. Qhafque quarrè de ces
murs a trois portes princ'ipalies, ʣ> la Ville
en a dou\e en tout. Qhafcune de ces portes a
pour ornement un agréable Palais ; comme
aufsi chafque angle de ce quarrè un très
bel edisjice qui fert pour mettre les armes
de la cité ; Les rues & les places font tel-
lement dissojées, que d'une porte on Voit fa-
ciUement celle qui luy ejl oppojée ; fans que
rien en empefchela la Veuè\ quoyque les maifons
qui bordent les rués des deux coslès, fem-
blent plutojl des fuperbes, & magnisiques
Palais que defimples maisons de bourgeoix.
Il dit un peu plus bas ce qui suit. //
y a dou^e grands Fauxbourgs qui font ait
dehors de la Ville de Cambalu, & les
quels font contigus aux douze portes de la
Cité, où l'on trouve esgaUement les Mar-
chands , @ les eslrangers. Tout cela a
tant de raport à la Ville de Pékin, &
convient si bien à ce qui est dans cet-
te grande Ville , qu il n y a presque
rien de différent, sélon le P. Martin
Martini qui en a fait la remarque dans
son Atlas, seuillet 29, & qui a mis les
noms des Villes de Tadinfu, Cacanfu,
Quelinfu, Cingianfu, & Sianfu dans sbn
Livre, assurantquela dernière, qu'on
appelle encore Sivansa, & laquelle est cabale
r ' r 1 i?l • -r n'est autre
lituee lur le rleuve jaune, fut pnse choseque
l'an 1268. après trois ans de siege par laCb'ne'
le grand Cham de Tartarie, lequel l'o-
bligea de le rendre par la force des ar-
mes à feu dont il se servoit pour la ba-
tte ; sélon que Marc Paul Vénitien luy
a voit appris pandantle temps qu'il de-
meurait à sa Cour avec sbn Pere 8c
son Oncle, & qui jusques alors a-
voient esté ignorées dans la Chine, le
mesme Marc, dit dans son 2. liv. ch. 58.
que
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