Kircher, Athanasius ; Alquié, François Savinien d' [Transl.]
La Chine d'Athanase Kirchere: illustrée de plusieurs monuments tant sacrés que profanes, et de quantité de recherchés de la nature & de l'art — Amsterdam, 1670

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d'A t h a n a s e
ce mesme cercueil sur l'autel & en font
îa consecration tous habillés de blanc
au Onfay avec des cérémonies, & des
sâcrinces de vin, de Bœufs & de plu-
sieurs autres animaux, ce qu'ayant esté
observé de la sorte, ils mettent le feu
à cette grande machine, & à tout ce
grand apparat 5 relèrvant seulement le
corps du deffimt, afin de faire sèm-
blant de l'ensevelir, & de tromper par
ce moyen le simple peuple, qui croit a-
voir esté mis dans le îepulchre^ &qui
neantmoins est abufè ; parcequ'il est
vray que le corps mort du derfunt a e-

Kirchere. 199
lu) rendre plus d'honneur, & d'efîre plus
lé aie ressiecler dam tous ces lieux, rie fiant
pas certain de celuy où il peut eflre. Voyla
les paroîles de Burrus. En quoy nous
remarquons jevidamment que c est une
parfaite singcrie de l'invention des E-
giptiens, lesquels ( à la sollicitation
d'IJÎde) se servirent de cette memae ru -
se pour faire adorer comme un Dieu
leur Ofiride, & pour le faire reconnoisire
comme une véritable divinité, c'cli Thi*
tarque qui nousl'apprent par ces paroî-
les que j'ay traduites en françois. Iside
ayant trouvé toutes les parties du corps d'Osi-

sté transporté ïecretement par douze J ride hors de celles que lamodejliene nous per-
fois différentes dans des monuments di- \ met pas dénommer ; Voulant rendre incertain
vers, pour rendre le lieu de sa lepul- | le lieu delà fepulturede cethomme^afin de luy
ture plus douteux , Se donner par ce ! faire rendre des honneurs & des Vénérations
moyen occasion au peuple d'avoir plus fingulkrespar les Egiptiens,///?* embaumer

de vénération, de respet, & d'estime
pour cette Idolejnonsèulement dans les
endroits où il est à la vérité ; mais mes
mes dans les lieux, où l'on le croit; bu
du moins qu'on le persuade devoir e-
stre, & pour obliger enfin les nations
à leur rendre les honneurs, les adora-
tions, les cultes & lessacrifices qu'on a
accoustumé de rendre à ces images ridi-
cules ? eseoutons ce qu'en dit Burrus.
Ces jours ejîant finis, ils mettent le feu à
toute cette Machine , & confomment efga-
lement le palais & le temple, avec tous leurs
ornemens & toutes leurs richefses, à la refer-
Ve pourtant du cadaVre & du cercueil du
mort qu'on met en fecret dans dou\e fepul-
chres dissérents , & qu'en change adroite-
ment de l'un à l'autre ; Asin qu'ayant mis le
peuple en doute du lieu où il efl, on luy don-
nât occafion (enfuitede cette incertitude) de

fin corps, (S unir fi adroitement les parties
qui le compofoient [par le moyen des drogues
Aromatiques, ô> de la cire dont il fe JerYit
pour cet esfet ) quille remit parfaitement dans
fon entier ; de forte qu'il rejfembloit parfaitte*
ment y à un homme} appres quoy il convoqua
les ^reflres, & leur donna à chajqu'un un u
mage d'Osiride, les asfurant qu'il luy aVoit
eflé reVeléque c'eBoit le corps du Soleil, & les
conjurant enfuite de ri ouvrir jamais le mef me
Jepukhre ; mais de tenir caché, & d'adorer
Ofiride comme un Véritable Dieu • (D'où vient
que tous les <Preflres asfurent quil ejl enseVeli
ches eux & proche d'eux, Sec. Voyla îa
ruse & l'invention maudite du démon,
qui a perdu tant dames, Se qui les a pré-
cipitées dans un si grand abisme d'er-
reurs, de superstitions, & d'idolâtries.
Mais c'est asses parlé des Japponois, ve-
nons à quelque autre choie.

C h a p. III.
T)u %aport de s Idolâtrie Indicne avec la Chinoisc.

;Uoyque l'Inde Ibit divisée en
! plusieurs Provinces > & quoy-
qu'elle ait beaucoup de Provin-
ces qui sont de sa depandance, Si qui


luy sont annexées : elles convienent
toutefois en ce point, qu'elles ont prc£
que les meimes cérémonies entre elles,
dans le culte de leurs Dieux. Je remar-
que
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