Kircher, Athanasius ; Alquié, François Savinien d' [Transl.]
La Chine d'Athanase Kirchere: illustrée de plusieurs monuments tant sacrés que profanes, et de quantité de recherchés de la nature & de l'art — Amsterdam, 1670

Page: 200
DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/kircher1670/0248
License: Public Domain Mark Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
200

La Chine Illustrée

que que quoyque ce peuple adore
presque une infinité de ses faunes divi-
nités , il fait neantmoins professiôn par-
ticulière de révérer le Soleil, & le feu ;
c'est prourquoy il inshtuë dessolemni-
tés pendant l'année à l'honneur de ce
dernier ,lesqueîles sont des preuves ma-
nifestes comme quoy il imite en cccy
les Egiptiens,& les Persès; puisqu'à leur
exemple ils oblervent les mesmes céré-
monies qu'ils ont dans le culte de leurs
Dieux, & qu'ils imitent de point en
point tout ce qu'ils font dans leurs ido-
lâtries.
Tous ceux qui ont voyagé dans ces
Provinces, nous aslurentque toutes les
Idoles, & les images qu'on voit dans
ce pais, sont les mesmes que celles des
Grecs, & des Egiptîens, & que les habi-
tans de ces contrées obsèrvent les met
' mes cérémonies dans leurs supersti-
tieuses idolâtries, que les nations que je
viens de nommer. Ces pauvres abusés
ont une attache extraordinaire à ren-
dre particulièrement leurs respets, 8c
V^cultea leurs adorations à Jspis qu'ils represen-
encore en tent ious la ngure d une Valciie ou
dans"' d'un Bœuf, avec des grandes cornes, 8c
l'inde, qu ils mettent dans tous leurs temples,
comme aussi ; dans tous les portiques
pour une plus grande marque de leur
vénération. Louis Sachinus marchand
d'Avignon m'a dit avoir veu dans le
Royaume de Moger, dans l'endroit qui
On adore est simitrofede Bengala un Bœuf d'u-
ne excessive grandeur,essevé au milieu
d'un grand chemin, 8c dont les yeux
n'estoient autre choie que deux admi-
rables Scarboucks ou deux grands Rubis
enchaisés dans cette Idole, lesquels ren-
doient cette bette semblable à un sbleil,
ou à un autre astre du firmament. Il dit
encore que ce mesme peuple n'entre-
prend jamais de voyage qu'après avoir
offert des sacrifices à ce monstre, & s'e-
stre rendu favorable cette vache, ou ce
Marc Pa«l Bœuf par des offrandes, & des vidimes
vénitien, qu'ils vienent luy presenter. MarcTaul

Vénitien confirme ce-ci ; lorsqu'il nous
allure qu'il y a plusieurs isses, qui s'ont
proche de Bengala, lesquellcs sont im-
bues de cette mesme erreur: j'ay mis icy
le sèns des parolles latines de son livre.
Tous les habit ans du %yaume de Var font
Idolâtres, jufques l'a que quelques uns ado*
rent un Bœuf y comme une chofe Ste. & Sa*
crée ; c'eji pour quoy leur maxime tss de n'en
t'ùer jamais pas un ; que fi quelqu'un Vient
À mourir , ils fe faifijfent d'abord de fagraisse
pour en oindre leurs maifons. Il en di t prei-
que tout autant dans îe chap. 28. en
parlant de Meliapor, quiest la Ville de
S. Thomas. Lorsque ceux qui adorent le
Bœuf doivent aller à la guerre 3 ils portent
avec eux le poil d'un Taureau faulrage,
qu'il attachent au col de leurs chenaux;
parcequih font dans cette fotte croyance
qu'ils n'y a rien de Jt faintl que cet ani-
mal, n'y de fi avantageux pour leur con*
ferVation. Il dit encore dans le ch. 30. ~
du mesme livre, ce qui suit. Les Laén- JJÎk
lès adorent le 'Bœuf , s'oignent a^ccgraru leBcC
de rentrance d'un certain onguant qu'ils font
ayec les Os brisès & mis en poudre de ces
animaux. S'il est vray que ces nations
(Barbares ayent imité , & mesme suivi
de bien près les cousturoes des Egip*
I tiens • ils n'ont pas moins pratiqué les
maximes des Grecs ; puisque sélon le
I sentiment du P. Jean Lopes de la So-
ciété dejejw, Procureur de l'Inde, &
des Isses Philippines,il faut avouer qu'ils
ont parfaitement imité leurs façons de
faire, & qu'ils ont (sélon ce qu'il m'a
dit à Rome) si exactement suivi l'e-
xemple de ces Nations, qu'on les pren-
droit pour l'original de ce qu'elles re-
presentent, 8c dont elles ne sont que les ^
(impies copies. La seâe des Thilippinois jj^iss^
dit ce P. est la mesme que l'idolâtrie sH^f
des Romains, & des Grecs ; c'est a dire,
qu'ils adorent Jupiter & plufieurs autres
Dieux d qui ils donnent des noms cojiformes
à leur langue , comme par exemple ceïïuy de
Maglante qui ftgnifie lençant de tonnerre >
à Jupiter, à cauje que Lente Veut dire
soudre?
loading ...