Kircher, Athanasius ; Alquié, François Savinien d' [Transl.]
La Chine d'Athanase Kirchere: illustrée de plusieurs monuments tant sacrés que profanes, et de quantité de recherchés de la nature & de l'art — Amsterdam, 1670

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La Chine Illustrée

ces animaux (paurvcu qu'il soit blanc)
que si c'estoit un Royaume, & ils s'e~
stiment extrêmement heureux quand
le Ciel leur sait cette grâce que de
leur offrir la rencontre d'un Eléphant
blanc : mais nous parlerons plus au
long de cette matière, & nous trai-
terons plus amplement de cette déifi-
cation & de cette confecration d'ani-
mal. Revenons à nostre JCaca, 8c di-
lbns qu'au raport de ces milèrables a-
•veuglés,quil'estiment si fort, la premiè-
re a&ion qu'il fit fût de commettre un
crime, sçavoirde tuerlà Mere, laquel-
le en mourant leva les mains au Ciel
pour luy en impctrer une autre, laquel-
le estant dépendue sur la terre commen-
ça à le proclamer & le publier pour S.
8c à dire qu'il ny a voit point d'autre
S. sur la Terre, ny dans le Ciel que luy :
après cela ce monstrede la nature 1ère

les crimes qu'il commettoit ou qu'il pre-
tendoit commettre. La maxime de ce
Scelerrat fût d'ordonner à ses disciples,
&deleurlai{rer partestammenten mou-
rant, qu'ils eussent à mettre au commen-
cement de tous ses livres ce feul titre,
8ccct<Mi<povnu.(& Tytbagorique. cwtoç
\(pct, c'est à dire, Ipjc dixit, feu fie li»
ht nos docent. Il F a dit y & fes sores nom
l'en feignent de la forte. Le desièin de ce
maudit n'estoit en donnant cet or-
dre, que d'oster les disputes, 8c d'em-
pefeher qu'on ne doutât pas de ce qu'il
avoit dit ; 8c afin de perîuader à toute
sorte deperibnnes que ce seroit un cri-
me de ne croire pas (comme il faut) ses
horribles blasphemes & ses detestables
impiétés qu'il a miles dans ses elerits,
qu'on doit plutost eilimer pleins d'a-
bominations que de dodrine , de vilai-
nes fables que d'histoires, & de maxi-

tira dans l'endroit le plus iecret d'une | mes infernales que de vérités celestes.

montagne extrêmement haute, cii il
institua l'exécrable Idolâtrie qui a si
fort régné du dépuis dans toutes ces
Régions Orientales, 8c où il inventa (à
la sollicitation du ÎJ)emon) cette dete-
stable maxime d'adorer les Diables, qui
sont les ennemis de Dieu, & de l'hom-
me , 8c oh enfin il receut les dogmes
de son ihfernalle Se mortelle doctrine.
Les Annales de la Orne disent que cet im-
posteur ne fût pas sit oit lorty de ce de-
sèrt ou de cette solitude diabolique,que
d'abord il trouva dams sa seule patrie
(non pas par un coup du Ciel, comme
ces esorivains dilent, ma is par une in-
vention du démon, & de l'enfer) plus
xàca a de 8o mille disciples, dont il n'en choy-
So mille /- i • r : -__1
Discipies. lit que 500 la première vas, ioo Ja
séconde, & dix enfin à la dernière ; a-
fin de pouvoir mieux les inil ruire dans
ses exécrables maximes, après les avoir
soigneusement choisis, comnve estant
les plus propres a preseher ses dlogmes,
les plus capables d'adhérer à fev sen-
timents, & de luy 'servir de Conseil-
lers, ou de Secrétaires fidelles de tous

Celuy qui fera curieux de sçavoir tou
tes les particularités de cette matière,
lise le livre du !?. Robert Noble de
la Compagnie de Jelus , fondateur
de la million de Madure dans l'Inde
Malabarique, &tres docte dans la lan-
gue 8c dans la généalogie des Brach-
manes, que la seience 8c le zele du ià-
Iut des ames rendent assés illustre, &
il trouvera que son ouvrage, ensatisfai-
sant a sa curiosité, luy faira voir que son
autheur est rempli de doctrine, & que
son œuvre est capable de tirer les a-
mes du labyrinthe où elles iè trouvent
engagées. Les superstitieux observa-
teurs, 8c les sots esorivains des Brach-
manes font mention de cecy dans leurs
livres, 8c difent que lame de Xacan a
souffert 80 mille sois la metempsicose,
& qu'elle a esté pandant ces transmigra-
tions dans les corps de 80 mille ani-
maux de diverse espece, 8c que la der-
nière qu'il a eu a esté celle d'un Elé-
phant blanc qu'ils appellent Lobam Uoe
La'énfes, & Tranluan, c'est à dire <l{ot*
ou roué. Ils croient que cette transnii-
gra-

p.

Nob,tîi,
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