Kircher, Athanasius ; Alquié, François Savinien d' [Übers.]
La Chine d'Athanase Kirchere: illustrée de plusieurs monuments tant sacrés que profanes, et de quantité de recherchés de la nature & de l'art — Amsterdam, 1670

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d' A 1 h a n a s f,
connue on le peut facilkment "Voir par tex*
prejfon que ces Idolâtres nom donnent de
cette fable, en ce qu'ils nom font Voir quatre
bras dans un corps, qui ne marquent autre
chofc,si ce neU les quatre Vertus & les quatre
disférentes qualités des éléments.
Le dixiefme eft Har. Ce peuple aveuglé
Je persuadc que cehty-cy doit faire mourir
tous les Seclateurs delà loy ^Mahomet à
Ja Venue ; ce si pourquoy, ils le dépeignent de
la forte. Ils difent qu'il doit premièrement
eïlre changé en Paon,& enJecond lieu en un
cbeVal aiflé.
11 faut remarquer icyen pasîàntque
toutes les fables dont nous avons parlé
ont pris leur origine, &leur naissance
du 6. chap. delà Genève ; quoyque les
sages entendent parler du Royaume de
Sathan par le Géants, &quoyquilsne
comprenent autre chose par ces com-
batans que la fause Deité de Sathan, in-
carnée par dix foix différantes, ou pour
mieux parler, sélon le terme Grec, la-
quelle a esté sujete à dix piTz^v-

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Yùù%>tûùç. En quoy nous remarquons
plusieurs indices & beaucoup de tes-
moignages de la vérité Chrétienne ,
encore bien qu'elle soit souillée, pol-
lue , & mesme, corrompue par un nom-
bre presqu'insini de resveries, & de
monstrueuses allégories, que le Démon
y a meslc, sélon sa detestable coustume
& sa malice ordinaire, qui le sort de cet-
te rusè de mésier les chosès sàintesavec
les profanes ; asin d'entraisner plus fa-
cillement a la damnation les (impies
& les gressiers, & de lesenveloper par
tous ces faux images dans les filets d'une
mort éternelle, se faisant adorer comme
un Dieu, nestant en vérité que la plus
horrible & la plus abominable de tou-
tes les créatures. Je resérve de vous di-
re dans quelque temps, & dans la suitte
de ce livre, d'où est-eeque sont venus
tous ces superstitieux dogmes, & com-
ment est-ce, qu'ils sont-venus de l'Inde,
& de la Chine jusques dans le fonds du
Jappon.

Chap. VII.
T)ts lettres des Brachmanes.

\ m% Es

Brach

bmanes ont certains
Él^pcharaéteres qu'ils appellentca-
£WS3k cnés & sécrets, dont ils ne don-
nent la connoisfance à personne qu'a
ceux qu'ils jeugent capables de faire
un jour leur ossice, & dignes de les sça-
voir: neantmoins parceque,comme j'ay
desja dit,le Pere Henry ^oth estant tout
a fait attaché au sàlut de ces ames Ido-
lâtres , & ne pouvant pas y bien reus
iir, à causè qu'il ignoroit la langue &
les-escritures, c'est à dire les lettres &
les charaétheres de ce peuple, sur tout
ceux des 'Brachmanes, sût asfes hu-
reux de s'insînuèr dans la bienvcùil-
lance d'un de ces mesmcs Brachmanes,
lequel porté d'inclination a changer de
Pveligion & à se saire Chrestien, prit
soin (contre les maximes de son estat,

qui luy deffendoit d'instruirc personne
dans l'intelligence de leurs lettres) d'en-
feigner pandant 6 ans le P. dont nous
parlons, Se de le rendre sçavant dans
ces matières. C'est pourquoy, parce-
que je fais gloire de ne cacher rien de
ce qui est curieux & qui peut aporter
quelque profit, aussi ay je bien resolu
de mettre icyles eîemens deleurleétu-
re, & les principes qu'ils ont pour lire
leurs eseritures.
Les Charaéteres sont Çi fort estimés
parmy les Brachmanes, qu'ils se persua-
dentestre venus du Ciel, & n'avoir ja-
mais eu d'autre in venteur que Dieu me C-
me, qui les a rendus si précieux : mais ce
qui est encore plus estonant, c'est que
les mesmes Chinois se servent de ces met
mes lettres pour en orner les simula-
Ee 3 chres
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