Kircher, Athanasius ; Alquié, François Savinien d' [Übers.]
La Chine d'Athanase Kirchere: illustrée de plusieurs monuments tant sacrés que profanes, et de quantité de recherchés de la nature & de l'art — Amsterdam, 1670

Seite: 225
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D'A T H A N A S E KlRCHERE.

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ver, & dans toutes les sàisons de l'année
des fruits récents de toutes les Provin-
ces de l'Inde, & de tout ce qui se cueillit
dans les trois portes, dont nous avons
parlé. Où est-cedisje, qu'on trouvera
un Roy si heureux que celuy-cy, & qui
puisïe voir à sa table des fruits de la zo-
ne torride , comme des poires , des
pommes, des coings, de granades, de
cy tronsjde pefches, de cerises,de prunes,
& enfin de toute sorte de fruits qui se
trouvent en abondance dans la tem-
pérée , & où est-ce enfin qu'on trou-
vera un Prince, quipuislè avoir tout ce
qui peut satisfaire le desir, & la curiosité
d'un sbuverain, touchant les fruits, les
animaux,&x.comme a celuy-cy. N'a-t'il
pas tout ce qu'il y a de rare &de mer-
veilleux,de délicat & de délicieux dans
le grand pays de la Tartarie, aussi bien
que dans ses mers ? l'Orient de lbn Em-
pire ne luy donne-t'ilpasles pierres pre-
cieusès, & les autres raretés qui sont dans
les païs essoignés, comme les elpiceries.

[ les bois précieux pour son usage&son
! délice, & à qui enfin rien ne manque
pour son gout & pour les douceurs de
la vie ; En quoy je reste tout à fait e- o°uJq"oy
donné de ce que Dieu a accordé tant voulu fa-
i \ r>. ' • r r i f \ voriser si
de grâces a un Empire li tort adonne a fort la
l'idolâtrie & au culte des faux Dieux, c!i'"e,^li
& lequel est si poilu par les actions in- délie.
. famés de la chair & du sàng. Que si
vous desirés d'en sçavoir la raison, je
vous diray que c'est un secret de la pro-
vidance de Dieu , qu'il faut plutost:
admirer qu'en rechercher les causos, si
vous n'aymes mieux estre de ce senti-
ment, que comme Dieu est si bon, qu'il
fait reluire son soîeil aussi bien sur les
mauvais que sur les bons, & que sa justi-
ce veut recompenser les personnes (qui
doivent estre damnées après leur mort)
des aérions pieuses & bonnes qu'elles
feront pandant leur vie, elle leur a don-
né ce lieu,qui est un paradis, pour les re-
compenser en ce monde; afin de les
punir éternellement en l'autre.

C H A P. IL
T)e la difeipline 'Politique des Chinois.


e

Uoyque j'aye desja traitté quel-
que chosedela Politique des Chi-
nois , j'ay creu qu'il seroit très a propos
de mettre icy quelques remarques sur
ce sujet, qui sont dignes d'admiration,
principallement pour les curieux. Le
Roy donc est leMaistre, le Seigneur &
l'unique Souverain delà monarchie, &
tout l'Empire despend si fort,& est si fort
sousmis aux ordres de ce chef, que pas
un homme de cet Estat ne peut rien sai-
re sans son consèntement & son adveu.
Le Throsne est héréditaire ; de sorte
que les enfans succedent au Pere, & les
plus proches tiennent lieu d'enfans,
quand il ny en a pas : la coustume est,
que quoyqu'il n'y ait qu'un soui Roy
Souverain , on donne neantmoins le
mesme titre à tous les frères, à tous les
Princes du sang, & mesme à ceux qui

le sont par alîiance,ou à qui on baille des
Provinces a gouverner, avec cette li-
mitation de pouvoir, qu'ils ne peuvent
prendre qu'un certain revenu que le
Roy leur détermine 7 estant obligés de
porter le reste dans le thresor public du
Roy &dans le lieu destiné pour les fi-
nances de l'Estat.ll yasix tribunaux de-
vant lesquels on décide toutes les asfai-
res , sélon la justice & la raison, & qui
jugent de toutes les causès civiles, coru-
ines celles qui regardent les magistratu-
res, les rentes, les coustumes, les milices,
& les bastiments publics. Il y a aussi des u y a six
t. 1 i 1 r Tribu-
COUrS particulières pour les crimes, lel- naux
quelles ont leurs officiers & leurs Presi- •
dants qui jugent en dernier resfort de
toutes choses. Le Roy a ses Conseillers
& ses Asfesîèurs qu'on appelle Colaos.
Ceux-cy tiennent le premier rang après
Ff le
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