Kircher, Athanasius ; Alquié, François Savinien d' [Transl.]
La Chine d'Athanase Kirchere: illustrée de plusieurs monuments tant sacrés que profanes, et de quantité de recherchés de la nature & de l'art — Amsterdam, 1670

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La Chine Illustrée

k Roy ; parcequ'ils sont les plus illu-
stres en sçience , en politique, & en
tout. 11 y a aussi pîusieurs degrés de pré-
fecture & de comniendants qu'on ap-
pelle Mandarins j lesquels ne sont pas
moins illustresen sçavoir que les précé-
dents; pu il qu'on leur donne le gou-
vernement des villes, & l'intendance des
affaires publiques;de lbrte que cet Estat
est gouverne par les Doctes, à la mode
des (platoniciens, & sélon le desir du Phi-
losophe divin 5 en quoy j'estime ce Ro-
yaume heureux, lequel a un Roy qui
peut philosopher ou qui iouffie du
moins qu'un philosophe le gouverne &
le conduit. On ne peut pas douter du
bonheur de cet Estat ; puisque l'on re-
marque un Ci parfait gouvernement que
celuy avec lequel il est régi. On n'a
qu'a voir & à considerer qu'on n'a pas
plus de peine à régler un nombre infini
deurst d'hommes ■> Su'un Pere de famille en a
magmfi- à diriger sa maison ; on n'a qu'a voir la
vnïïdes grandeur des villes, la splandeur, & la
magnificence incroyable des peuples,
le grand nombre des ponts qu'on trou-
ve en tout lieu, & dont la longueur, la
hauteur, & l'architecture sont si extra-
ordinaires , qu'on ne peut par les regar-
der sans clionnement & sans admira-
tion (comme nous dirons enluitte) ; on
n'a disje, qu'a considerer la commodité
des chemins publics, & le concours des
barques qui vont,& qui viennent inces
sàmmant dans les Métropolitaines de
cet Empire,comme aussi la diligence &
le travail que prennent les païsanspour
ragriculture,la vigilance & l'exactitude
des soldatsdansla conservation des vil-
les , avec larigeur ou la severité des jeu-
ges à punir les fautifs & les criminels,
pour dire que cet Estat est bien policé,&:
qu'il n'y manque rien soit pour conser-
ver,ou pour augmenter la paix qui y est.
Pour ce qui regarde les revenus an-
nuels du Roy, je vous diray que quoy-
qu'ils ne soient pas fixes ny stables, à
cause de la vicissitude des affaires, ils sè

montent neantmoins pour l'ordinaire?
sélon la supputation des Livres des Chi-
nois à 150000000. Le P. Martin nous £ree
assureque les personnes qui gouvernent hot!i^t
cette nation, sont si sçavantes dans les & 1»
affaires de l'estat, qu'elles sçavent non ch0C'
seulement le nombre du revenu qui est:
d'eub au Roy ; mais rnesmes celuy des
hommes qui sont sous l'Empire de leur
Monarque. L'on a remarqué qu'il y a-
voit sous l'Empereur Van lie 100 mil-
lions d'hommes dans son Estat,sans par-
ler des ministres ny des officiers du Roy
| & sans y comprendre les Eunuques , les
| femmes,ny lesenfans. LesRevenusan-
nuels vont jusques à 150000000. mil-
lions d'or, sélon nostre supputation. Il
ne saut pas douter que ces revenus ne
soient incomparablement plus grands
aujourdhuy qu'ils n'ont esté par le passé;
puisqu'ils sont de beaucoup augmentés
par ceux des Royaumes des Tartares:
mais pour vous faire voir la vérité de ce
que je dis, & pour vous montrer que
je n'avance rien qui ne soit très certain,
j'ay bien voulu mettre icy une table qui
sait voir clairement ce que j'ay dit? en
desduilànt en particulier ce que don-
ne chasoun des 15 Royaumes qui com-
posent cette grande Monarchie Se ce
vaste Empire, & en faisànt voir com-
bien ils ont d'hommes, sans compren-
dre les officiers du Roy, les Eunuques,
les femmes, & les enfans,comme je vous
ay desja dit Je mettray donc icy le
nombre de tout ce que je viens de dire,
& l'expolèray de la mesmc façon qu'on
le trouve sous le règne de Van lie ; je
vous prie de remariquer que nous en-
tendons parler du revenu que le Roy*
avoit & qui provenoit du ris, de la
soye, du foin pour les chevaux , du
sol, & non pas des autres qu'il recevoit
des ses buraux des tailles, ny des pre-
sonts qu'on luy faisoit, des pierres pre-
cieusos, des bois rares & des autres cho-
ses riches qu'on luy donnoit, que le P.
Martin nous racompte dans son Jtlas.
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