Kircher, Athanasius ; Alquié, François Savinien d' [Transl.]
La Chine d'Athanase Kirchere: illustrée de plusieurs monuments tant sacrés que profanes, et de quantité de recherchés de la nature & de l'art — Amsterdam, 1670

Page: 235
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D'A THANASE 1C 1 R C H E R E.

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lB8nem|f Oreologues disent qu'il y a une
^stiticu- montagne dans la province de XJauangy
laquelle est si particulière, que si quel-
qu'un prend ou de Ion bois ou de sês
fruits, & qu'il defrobe quelque cho-
ie de ce quelle a, il est d'abort tel-
lement privé de sens qu'il ne peut
plus sor tir de ce lieu ; desorte qu'il est
enfermé la dedans comme dans un la-
birinthe, dont la sortie luy est incon-
nue, & tout à fait interdite : ce qui
n'arrive pas aux personnes qui par vé-
nération & par respet} panent dans
cette mesme montagne sans y tou-
cher la moindre choie : d'autant que
ces sortes de gens peuvent entrer &
sortir comme il leur plaît, Se quand ils
veulent : mais pasîons toutes ces res-
veries des Bonnes, qui ne sont en vé-
rité que des fables, des songes, & des
sottises que leurs esprits ont inventé,
& que leurs imaginations ont controu-
. véàplaisir.
^sjtionts Qn voit encore certains monts Aïo-
vç^es les dans la Chine aussi bien que dans
l'Europe , lesquels ne sont jamais agi-
tés de vents pandant l'automne & le
printemps , & dont les cavernes ne
font que les pousser au dehors du-
rant l'estc, & les attirer au dedans pen-
dant l'hiver : Ce qui est asfes ordinai-

re en Europe, sur tout en Italie, ou
l'on voit le mont Mole sirnommé
des Corfes , & ceîuy d'Aheme illu~
stré par la preience du glorieux Perc
S. François, & annobli, parcequ'il a sèr-
vi comme de théâtre , sur lequel cet
incomparable S. a receu ses sacrées sti-
gmates , & les adorables marques de
nostre rédemption , lesquels ont ce
mesine avantage , comme je vous ay
desja dit dans îe livre intitulé Itinera*
rïum Hetrufcum, où j'ay mis toutes les
raisons qu'on peut dire la deiTus, 8c oh
) ay parfaitement bien deseouvert la
cause de ces prodiges.
Il y avoit autrefois dans la Provin- Adrene-
ce de Huquang un certain lac, Je- digieux,
quel esloit divisé en 99 Isses, & où certÏÏnes
pour le prclànt il n'y en a plus qu'u- nie* & la
ne ; parcequ'il est arrivé (sélon mon câu e" '
sentiment) que l'eau venant a man-
quer inscnsiblement, l'espace quiestoit
entre toutes ces isles s'est comblé en
partie par des herbes, des troncs d'ar-
bres, des racines, de sable & d'autres
matières ; en sorte qu'il n'en reste plus
qu'une seule, laquelle comprend tou-
tes les autres. On n'a qu'à voir ce que
nous avons dit là desius dans nostre Itu
nerariumHetrujcum au cha p. de Isles Flot'
tantes, pour se sàtisfaire sur ce sujet.

C H A P. V*
T>es lacs y des sleuves 3 &• des fontaines admirables.


Es lacs qu'on trouve dans la
. Chine n'ont pas des propriétés
1 moins admirables que les mon-
tagnes qu'on y voit. Il y en a un dans
la province de Fokien qui change le
fer en cuivre tout vert ; pareeque l'eau
de ce mesme lac est toute pleine de
vitriol, comme la couleur verte le fait
voir evidemment,& comme l'expérien-
ce nous le montre dans certaines mon-
tagnes de l'Europe, dont l'eau est d'une

couleur semblable à celle-cy ; pareequ iî
y a du cuivre en abondance. Voyésce
qui est eserit dans le monde sousterrain,
& au 1 o livre des mines du cuivre.
Il y a un autre lac dans la provin- Duprodi.
ce de Fokien appelle Chting, lequel est^Wcio-
encore plus admirable que le prece- ^j^J',
dent, en ce qu'il y a une cloche dans Palais g-
un palais situé sur son rivage, & tel- dëcfej.
lement disposé dans sa batîsïe qu'il en-
ferme dix Cours, ce palais dis je, a cet
Gg 2 ad-
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