Kircher, Athanasius ; Alquié, François Savinien d' [Transl.]
La Chine d'Athanase Kirchere: illustrée de plusieurs monuments tant sacrés que profanes, et de quantité de recherchés de la nature & de l'art — Amsterdam, 1670

Page: 256
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Chine Illustrée

autres; parceque beaucoup dautheurs de l'arbre du poivre qu'on n'apcut-c-
en ont {uffilamment traitté dans leurs sire plusveuè. Voy donc la figure S. &
efcrits. C'csr, donc ahes dilcouru des tu trouveras que cet arbre ne porte Ion
plantes de la Chine, & contentons nous fruit qu'aux environs de les racines, &
de ce que nous avons mis, adjouslonsy ; quesoh goutestprcsque le mesineque
pourtant la representation & la figure ! celuy de nos figues.
C h a p. VIL
T>cs animaux extraordinaires &- fursirenants de la Chine.


jOninie la nature a divisé sbn E-
jsiat en quatre genres différents
-d'animaux , 1 ça voir de qua-
drupèdes, d'oy séaux, de poissbns, &
d'insecles , je parleray icy de ceux
qui sont les plus extraordinaires dans
ce grand Empire. Les animaux à
quatre pieds, qui sont les plus com-
muns en Europe, sçàvoir les Elephans,
les Tygres, & les Ours, se trouvent
dans la Chine, sur tout dans les Provin-
ces de Jtmnan & de Quamfi, où les
Ours sont en plus grand nombre qu'ail-
leurs, comme je vous ay desja dit
dans les chapitres precedans ; c'esi
pourquoy, je ne m'attacheray mainte-
nant qu'à vous dire cequise trouve de
particulier dans cet Estat, & ce qu'on
ne voit pas ailleurs.
i. Je dis donc en premier lieu qu'il
se trouve un certain Cerf dans les Pro-
vinces de Xenfi & de Chiamfi, lequel
sent fort bon , & à qui les Chinois ont
donné le nom de Xechiam, c'esi: à dire
l'animal du Musc ; l'Atlas Chinois en
parle en ces termes. (Pour ne Vous fai-
re pas languir d'avantage touchant la /lani-
fication de ce nom ou de ce mot Mufchus,
je Vous diray ce que j'en ay Veu phà d'u-
ne fois. Cet animal a une certaine bofse au
nombril qui refsemble à une petite bourfe ;
parceqùeUe ejl entourée d'une peau fort dé-
licate, © couverte d'un poil fort doux &
très délié. Les Chinois appellent cette be-
sle Xe qui yeut dire odeur, d'où ils com-
pofent ce mot Xehiang qui signifie lo-
ueur de l'animal Xe m le Mufchus. Il

a quatre pieds & cji aujji Vifie qu'un cerf ;
toute la disférence qu'il y a > c'efi que fon
poil ejl un peu plus noir que le sien, & qu'il
n'a point de cornes comme luy: /«Chinois
mangent fa chair ; parccqu elle efï tresde*
licate. Les (Provinces de Suchuen © de
Junnan abondent extraordinairement en ces
/ortes d'animaux, & on peut dire que de tour-
tes les contrées de la Chine // ny en a pas
qui en ait en fi grande quantité que les
pays qui approchent le plus de l'occident,
comme je diray en fuitte ; fi ces bofses ou
ces enfleures /ont Véritables É£ fans trompe-
rie, elles font très-bonnes, (2 exalent une o*
deur fi forte, quelle incommode l'odorat,
comme l'excès de la lumière ou un fon ex'
tremement aigu pourroient blaisfer l'ouyi @
la Veuë: mais comme les marchands fe plai-
fent d'ordinaire à tromper, ils font aufsi un
me/lange de ce Mufc aVec fa chair & fon
fang, © en rempli fent les borufes qu'ilsfont de
fa peau , © le Vendent de la Jorte comme
efiant Véritable ; quoyque dans la Vérité il
foit méfié & mefme corrumpu. Il y a ciico*
re d'autres perfonnes ksqueUes méfient la
mefme odeur aVec k fang de Dragon, c'efi
pourquoy d'une feule Vejfie ils en font trois
ou quatre. Cette tromperie ne fi pas fifub-
tile quelle sie foit bien connue des plus ha-
billes © des plus expérimentés', ce qu'on peut
reconnoiflre de la forte ; Il ne faut que
prendre un peu de cette matière & (a faire
brutler fur les charbons, que fi tout s'en Va
en fumée, elle efi pure è» fans mefiange;
mais au contraire s'il refie quelque chofequi
ne foit pas confomméj c'efi une marque qu'il
y a quelque tromperie © que la chofe nejl
pas
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