Kircher, Athanasius ; Alquié, François Savinien d' [Übers.]
La Chine d'Athanase Kirchere: illustrée de plusieurs monuments tant sacrés que profanes, et de quantité de recherchés de la nature & de l'art — Amsterdam, 1670

Seite: 272
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272 La Chine
ccque ce peuple croit que ce monstre
imaginaire ne lè repaist que d'une telle
viande. Ils ont fait des loix tres-seve-
res par lesquelles il n'est pas permis à
qui que ce soit d'en tuer un seul sous
peine de mort. L'on nous asseure qu'il
se trouve encore dans ce pais une cer-
taine espece d'animaux qui ont la te-
ste comme des oyseaux, & la queue
semblable à celle des poislbns dont
nous avons desja parlé dans le traitté
des poissbns aissés qu on appelle %,indo-
nes , ysronddles ou ythM^QVQtJLO^Q en
Grec. Quoyquil en (bit, les Chinois
trouvent ce poisson une chose si rare,
qu'il somble ny en avoir plus dans le
monde, en quoy ils se trompent 5 puis-
que nos pilotes & nos matelos en trou-
vent en quantité dans l'occean 5 au re-
ste nous en avons un dans la bibliothè-
que de nostre collège, lequel a cette
propriété de se tourner vers l'endroit
d'où vient le vent.
Siîîs JT I0- L'Atlas nous asiùre encore que
iechan- ion trouve des eserevissès dans ce
pSr«n pais, lesquelles ne sont pas si tost hors
de l'eau, & respiré tant soit peu l'air,
qu'elles se changent en pierres, & de-
viennent dures comme des caillous,sans
pourtant rien perdre de leur figure.
Quoyque ce changement pareille tout

Illustrée
à fait surprenant, sa caufe ou pour
mieux dire la raison de cette meta-
morphofe n'est pas fort dissicile à trou-
ver ; pareeque sçachant que l'eau ra*
molit le sèl par son humidité, & que
l'air au contraire endurcit le mesme
sol ; ainsi comme ces esorevines sont
d'une nature & d'un temperamment
salé, venant à esire exposées à l'air, el-
les s'endurcissênt & se changent en
pierres. Que si quelqu'un trouve e-
strange que celles des autres pais ne fa£
sent pas la mesme choie, il faut qu'il
sçache que les lieux où elles sont n'a-
bondent pas asses en soc ou vapeur
lapidaire, sins quoy ce changement
ne sçauroit esire fait. Nous faisons voir
dans nostre bibliothèque romaine des
efcriviues que nous n'avons pas apporte
de la Chine, mais que nous avons trouve
dans nos revieres & sur le bord de la
mer, lesquelles ont esté converties en
pierres au sortir de l'eau. Pour moy
j'advouë qu'il n'est rien dési facile que
de faire changer toutes chosos en pier-
res, pourveuqu'ily ait quantité de va-
peur lapidifique. Voyés ce que nous
en avons dit dans Je 5. livre de tltine-
rarium ketrufeum du monde sousterrain,
où nous avons traitté de tout ce qu'il
y a de plus rare cjans cette matière.

La gran-
deur des
seïpens.

C h a p. X.
2>j" Serpens de la Chine


Our ce qui est des Serpens
qu'on trouve dans Chine. l'M-
Uas racomte que la Province
de Quamsi, en produit de si grands
& d'une longueur si extrême, qu'il
est presquc incroyable , & il nous as-
sore qu'il s'en est trouvé qui esioient
plus longs que ne seroient pas dix per-
ches attachées les unes avec les autres,
c'est à dire qu'ils avoient plus de trente
pieds géométriques, & que leur gros-
seur estoit à proportion de cette ex-

ceslîve longueur. Jugés après cela, s'il
se peut trouver de si horribles mon-
stres dans la nature. Flore Sienoit par-
lant de cecy, dit ce qui s'ensuit. Gento
dit il, qui est le nom de ce sorpent, eft le
plto grand de tous c<eux qui font dans les
<?royinces de Quamsi, de Haynan, Ç0de
Quantun ; ceft pourquoy il deVore les
cerfs après en aVoir tire h fubjlance © les
aPvoir extrêmement diminués. Il eft ctune
couleur de Qtron : mait un peu Variée : fon
Venin neft pas fort grand; quoyque Ja lon-

gueur
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