Langlès, Louis Mathieu
Monuments anciens et modernes de l'Hindoustan décrits sous le double rapport archeologique et pittoresque: et précédés d'une notice géographique, d'une notice historique, et d'un discours sur la religion, la législation et les moeurs des Hindous (Band 1) — Paris, 1821

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56 NOTICE GEOGRAPHIQUE

lièrement sous le huitième degré de latitude. Une belle cataracte jaillit de ces
montagnes, situées tout auprès d'un village peu important nommé Calcad; il
est pourtant d'une assez grande dimension, quoiqu'il ne soit nullement compa-
rable à ceux du Tanjaour, du Tritchinapaly, etc. Ces hauteurs, dont nous ve-
nons de parler, sont les extrémités méridionales de cette vaste et longue chaîne
de montagnes des Ghâttes (voyez ci-dessus, page 6), qui forment de la Pres-
qu'île trois divisions bien distinctes, savoir : la côte orientale, qu'on désigne
communément sous le nom de côte de Coromandel; la côte occidentale, qui
est en ce moment l'objet de notre attention; enfin cette chaîne même de
montagnes qui, dans la partie supérieure de la Presqu'île, s'élargit considé-
rablement, ainsi que la Presqu'île elle-même. J'ai déjà indiqué (pag. 8 et suiv.)
cette troisième division sous le nom de pays Table ou la Table. Je ne répète
ici de nouveau ce léger aperçu qu'afin de faciliter l'intelligence de ma descrip-
tion de la Presqu'île.

i° Le Travancore.

Le cap Comorin, qui constituoit autrefois une petite principauté bornée
à l'ouest par le Travancore1, fait maintenant partie de ce petit royaume
que les Hindous nomment Tirouvacodou. C'est par ce petit royaume, tribu-
taire aujourd'hui de la Compagnie des Indes, que nous pénétrerons sur la
côte de Malabar, k l'extrémité méridionale de laquelle il est situé. Il s'étend
jusqu'au dixième degré dix-huit minutes, auprès du territoire du radjah de
Cotchin, et se trouve prodigieusement resserré quant à la largeur entre la
mer et les Ghâttes ; il a environ 5o lieues de long, sur i3 à 14 de large. De
nombreuses rivières le divisent en nombreux compartiments, et il est couvert
d'épaisses forêts qui l'ont rendu inexpugnable pour les armées du Moghol ;
mais ces forêts et les retranchements creusés du côté du nord-est, que l'on
nomme lignes du Travancore, n'ont pu le soustraire au joug de la Compagnie
angloise, qui le soumit en 1809. Le prince, réduit, comme tous les autres
souverains de l'Inde, à une triste et complète nullité, résidoit ordinairement
dans une petite ville sans fortifications, nommée Tirouvandaram, à 6 lieues

(1) Ramusio, Raccoltà di Viaggi, tom. I, fol. 333 recto.
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