SUR LE LAC MOERIS. 7
a pd salisfaire aux diverses conditions qu'imposcnt ces traditions historiques. Dans ce
dernier but nous comniencerons ce chapilre par quelques considerations preliminaires
sur le lac Keirouu.
Le lac Keiroun peut etre considere sous dcux aspects, ou bien comme ayant toujours
eu le niveau qu'il a aujourd'liui, ou conime ayant eu a d'autrcs cpoques une etendue
plus considerable.
Dans les discussions dcja soutcnues a ce sujct, on s'cst arrete de preference a ^.
riivpolhese que le lac Keiioun avait auciennement pour limitcs, d'une part les mon-
tagnes qui le bordent actuellement au Nord-Ouest, et de 1'autre la ligne qui termine
le deuxieme plateau. Cette hvpothese presente bien quelques gravcs diffieultes; ainsi,
enlre lcs limites du deuxieine plateau ct les bords du lac tel qu'il est aujourd'hui,
on rcnconlre quclques ruincs il est vrai peu considerables, mais dans la chaine de
rnontagnes qui borde le lac au Nord-Oucst, on trouve quelques exeavations qui ont
servi de tombcaux; on y a vu des momies, et il est par consequent difficile d'ad-
niettre quc lcs eaux du lac arrivassent £ cc point.
On voit bien aux environs du lac, dans la partie Novd-Ouest, quelques petites
couches de limon dans diffcrents endroits, et aussi quelques coquillages; mais si ces
licux eussent ete sous les er.ux tout le temps qu'a dure 1'existence du lac Moeris, le
limon aurait rccouvcrt ces lieux comme les autres parties du Sud-Est, et on y verrait
distinctement la ligne du niveau des eaux, quelques laisses de coquillages a la meme
hauteur, puisque le lac en a; mais ccs phenomenes ne se remarquent pas : le terrain est
sablonneux ou pierreux. Ce que l'on voit de limon, depose ea et la par petites parties,
provient des eaux du lac lorsque pendant de grandes inondations, ou par des ruptures
aux digues dans le Fayoum, il y aura eu beaucoup d'eau s'ecoulant au Birquet Kciroun.
Dc plus, comme M. Jomard l'a fort bien remarque, lcs eaux du lac Keiroun n'ont
jamais pu atteindre le Casr Keiroun; ainsi, celui-ci ctant plus bas que le niveau de
la limite du sccond platcau, jamais les eaux du lac Kciroun n'ont pu etre jusqu'a ces
limitcs. Lorscjue Vanslcb dit que quand il fut en 1673 au Fayoum, on s'embarquait a
Sauhour pour passer de 1'autre cdtc du lac (^l), il faut entendre par la que c'etait
pres de ce villagc; c'est a Sanhour que demeuraient les bateliers, les jiccheurs, ct
Vansleb se sera rendu dans ce village j)our aller s'embarqucr et traverser le lac. On
ne ]doit pas presumer non plus que les caux aient toujours ete a cette hauteur ou il
les a vues : ear il y a encore aujourd'hui, pres du lac, des ruincs arabes dc Bains, qui
(1) Voyagc Cii tgfple, pag. 69.
a pd salisfaire aux diverses conditions qu'imposcnt ces traditions historiques. Dans ce
dernier but nous comniencerons ce chapilre par quelques considerations preliminaires
sur le lac Keirouu.
Le lac Keiroun peut etre considere sous dcux aspects, ou bien comme ayant toujours
eu le niveau qu'il a aujourd'liui, ou conime ayant eu a d'autrcs cpoques une etendue
plus considerable.
Dans les discussions dcja soutcnues a ce sujct, on s'cst arrete de preference a ^.
riivpolhese que le lac Keiioun avait auciennement pour limitcs, d'une part les mon-
tagnes qui le bordent actuellement au Nord-Ouest, et de 1'autre la ligne qui termine
le deuxieme plateau. Cette hvpothese presente bien quelques gravcs diffieultes; ainsi,
enlre lcs limites du deuxieine plateau ct les bords du lac tel qu'il est aujourd'hui,
on rcnconlre quclques ruincs il est vrai peu considerables, mais dans la chaine de
rnontagnes qui borde le lac au Nord-Oucst, on trouve quelques exeavations qui ont
servi de tombcaux; on y a vu des momies, et il est par consequent difficile d'ad-
niettre quc lcs eaux du lac arrivassent £ cc point.
On voit bien aux environs du lac, dans la partie Novd-Ouest, quelques petites
couches de limon dans diffcrents endroits, et aussi quelques coquillages; mais si ces
licux eussent ete sous les er.ux tout le temps qu'a dure 1'existence du lac Moeris, le
limon aurait rccouvcrt ces lieux comme les autres parties du Sud-Est, et on y verrait
distinctement la ligne du niveau des eaux, quelques laisses de coquillages a la meme
hauteur, puisque le lac en a; mais ccs phenomenes ne se remarquent pas : le terrain est
sablonneux ou pierreux. Ce que l'on voit de limon, depose ea et la par petites parties,
provient des eaux du lac lorsque pendant de grandes inondations, ou par des ruptures
aux digues dans le Fayoum, il y aura eu beaucoup d'eau s'ecoulant au Birquet Kciroun.
Dc plus, comme M. Jomard l'a fort bien remarque, lcs eaux du lac Keiroun n'ont
jamais pu atteindre le Casr Keiroun; ainsi, celui-ci ctant plus bas que le niveau de
la limite du sccond platcau, jamais les eaux du lac Kciroun n'ont pu etre jusqu'a ces
limitcs. Lorscjue Vanslcb dit que quand il fut en 1673 au Fayoum, on s'embarquait a
Sauhour pour passer de 1'autre cdtc du lac (^l), il faut entendre par la que c'etait
pres de ce villagc; c'est a Sanhour que demeuraient les bateliers, les jiccheurs, ct
Vansleb se sera rendu dans ce village j)our aller s'embarqucr et traverser le lac. On
ne ]doit pas presumer non plus que les caux aient toujours ete a cette hauteur ou il
les a vues : ear il y a encore aujourd'hui, pres du lac, des ruincs arabes dc Bains, qui
(1) Voyagc Cii tgfple, pag. 69.



