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LE SE RAPEU M DE YlEiVIPHIS. 2

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J'ai copié clans la chambre où la stèle précédente a été trouvée la fin d'une légende royale
dont un fragment de cartouche, ....ka-u, était seul lisible. Je n'ai pas osé, sur un document
si incomplet, attribuer un Apis au règne de l'Éthiopien Schabatoka, successeur de Sabacon.

Ce Schabatoka est le roi que Manéthon nomme Seêi^èç ou 2e%oç, et la Bible kid1. C'est à
lui qu'Osée, désireux de s'affranchir des tributs qu'il payait à Salmanazar, avait envoyé
demander du secours par des ambassadeurs2. Ce fait se passait dans la septième année du
règne d'Osée, roi d'Israël, laquelle correspond à la quatrième d'Ézéchias, roi de Juda3.

Apis II4. Un Apis, mort le 13 de Méchir de l'an 24 de Tahraka, a été enseveli le 23 de
Pharmouti de la même année, après les soixante-dix jours de rigueur.

Nous avons déjà remarqué que les personnages principaux du règne de Bocchoris por-
taient des noms que nous retrouvons dans le tableau généalogique de la branche cadette des
Bubastiles, et de ce fait ainsi posé nous avons conclu que Bocchoris lui-même devait appartenir
à cette même branche issue de la reine Is-en-Kheb. Les autres stèles de la XXIVe dynastie
(pi. 34), sans nous mener précisément jusqu'à ce point, nous font voir cependant qu'à l'époque
où elles ont été gravées le sang des Scheschonk dominait encore en Egypte. Les noms de
Takelol, Scheschonk, Osorkon, sont en effet très-nombreux, tandis que le culte de Bast, déesse
éponyme de la XXIIe dynastie, est l'un de ceux que le règne de Bocchoris maintint dans toute
leur vigueur. L'influence des Scheschonk était donc encore vivante sous la XXIVe dynastie, et
les Scheschonk, les Nemrod, les Sargon, les Tiglath de la XXIIe, tout étrangers qu'ils fussent,
avaient laissé des souvenirs qui, longtemps après eux, ne s'étaient pas encore effacés. — Sous
Tahraka, au contraire, l'Egypte semble protester, par les noms propres de ses habitants, contre
la domination étrangère. Autant les noms assyriens ont pénétré, sous les trois dynasties précé-
dentes, dans le sein des familles, où nous les voyons alterner avec les noms propres d'origine
purement égyptienne, autant sous Tahraka il est difficile de rencontrer un seul nom éthiopien
parmi les noms assez nombreux que les stèles du Sérapéum nous font connaître. Il est évident
par là que Scheschonk et ses descendants furent acceptés par le pays et que Sabacon ne le
fut pas. Ainsi l'Egypte avait adopté certains maîtres et repoussé les autres. Scheschonk fut
peut-être pour elle un libérateur qui mit fin aux empiétements mêlés de troubles des grands-
prêtres de la XXIe dynastie ; Sabacon fut et resta le « roi violent » de l'Écriture et le conquérant
sorti de cette vile race de Cousch qui troubla si longtemps le repos des anciens pharaons. Aussi
la XXVe dynastie, dans les conditions où nous la voyons placée, ne pouvait-elle avoir une longue
existence; inaugurée par le meurtre de Bocchoris, elle s'anéantit sous les efforts de la dodécarchie,
qui devient ainsi un fait tout naturel et se présente comme la fin nécessaire d'une usurpation que
la sympathie de l'Egypte ne sanctionna point. Les Saïtes, en effet, succédèrent bientôt aux
Ethiopiens, et avec eux nous arrivons à de nouveaux Apis, dont le paragraphe suivant fera
connaître la nomenclature.

1. II Rois, xvii, h- il est nommé 2««; par Josèphe. 3. jj R0is> xvm 9

2. Conf. II Rois, xvii, h. ^ pj_ 35>
 
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