Maspero, Gaston
Études de mythologie et d'archéologie égyptiennes (Band 1) — Paris, 1893

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PREMIER RAPPORT SUR LES FOUILLES

réussi à découvrir l'entrée. A Lisht, des obstacles imprévus
m'obligèrent à suspendre les travaux. Dans une des Pyra-
mides l'eau jaillit sous le pic des ouvriers, quand nous n'étions
plus guère qu'à cinq ou six mètres de l'antichambre. Il fallut
nous arrêter, mais ce ne fut pas avant d'avoir recueilli,
entre deux des blocs gigantesques de granit qui bouchaient
le couloir, les restes de plusieurs boîtes en bois qui avaient
renfermé du mobilier funéraire. Le réis Roubi Hamzaoui
découvrit, parmi les éclats d'une vingtaine d'objets, une gaine
de poignard formée de deux feuilles d'or mince sondées par
la tranche sur toute leur longueur, des vases d'albâtre en
figure d'oies formés de deux moitiés creusées et coupées en
long, probablement pour contenir les momies des oies d'of-
frandes, enfin des canopes d'une tournure particulière. Les
bords de la panse sont entourés de deux longs bras, comme si
l'on avait voulu représenter un personnage accroupi les mains
croisées sur le ventre : les têtes d'homme qui servaient de
couvercle sont d'une délicatesse d'exécution qui rappelle les
beaux temps de la IVe dynastie1. Le couloir de la seconde
a été dégagé, mais il aboutit à un puits perpendiculaire, au
fond duquel débouchent des cbambres inondées aujourd'hui
par les infiltrations du Nil2. Dans celle-là du moins, notre
peine n'a pas été entièrement perdue. J'ai remarqué, parmi
les blocs employés à la construction, une longue architrave

1. Ces objets ont été déposés au Musée de Boulaq : les oies creuses et
les têtes de canopes sont décrites dans le Guide du Visiteur, p. 222-223,
nos 1054-1057.

2. Les recherches ont été interrompues, aussitôt après mon départ
d'Égypte en 1886, et n'ont pas été reprises. En examinant le plan des
Pyramides d'Illahoun (Pétrie, Illahun, Kahun and Guvob, pl. n) et
de Hawarâ (Pétrie, Kahun, Gurob and Hawarâ, pl. ii-iv), on reconnaît
que celles de Lisht devaient offrir des dispositions semblables, et appar-
tenir, omme je le pensais, à la XIIe dynastie. Peut-Être une exploration
sous l'eau, analogue à celles qui ont si bien réussi à M. Pétrie, permet-
trait-elle de recueillir des tables d'offrandes, des vases, ou de lire le nom
du maître sur le sarcophage.
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