LES ASSYRIENS EN EGYPTE
Il y a dans l'histoire d'Égypte peu d'époques aussi incon-
nues que celle qui sépare la XXIIe et la XXVIe dynasties
de Manéthon. Quelques indications éparses sur les murailles
de Thèbes ou sur les stèles du Sérapéum et du Gebel-Barkal,
quelques allusions semées, comme au hasard, dans les livres
saints des Juifs, nous laissent deviner des temps d'affaiblisse-
ment et de souffrance durant lesquels la vallée du Nil, divi-
sée en petits États, ruinée par des dissensions continuelles,
passa de main en main, de dynastie en dynastie, sans règle ni
raison, jusqu'au moment où l'invasion éthiopienne vint ajou-
ter aux malheurs de la guerre civile la honte d'une conquête
étrangère; mais ces documents eux-mêmes sont trop rares et
les renseignements qu'ils nous fournissent trop incohérents
pour nous permettre de descendre dans le détail des faits.
En attendant le jour où les ruines de Tanis, de Bubaste, de
Mendès, de Sais et de ces grandes villes du Delta dans les-
quelles s'était concentrée la vie politique du pays, seront
complètement explorées, c'est au dehors qu'il faut chercher
les moyens de dissiper en partie l'obscurité fâcheuse qui
nous cache cette partie de l'histoire ancienne. Or, dès l'ins-
tant qu'on sort de l'Égypte, où trouver un guide meilleur
que les inscriptions cunéiformes ? Nous connaissions déjà,
par les révélations partielles de MM. Hincks et H. Rawlin-
son, l'existence de rapports étroits entre les deux civilisa-
1. Publié dans la Revue critique, 1869, t. II, p. 369-380.
Il y a dans l'histoire d'Égypte peu d'époques aussi incon-
nues que celle qui sépare la XXIIe et la XXVIe dynasties
de Manéthon. Quelques indications éparses sur les murailles
de Thèbes ou sur les stèles du Sérapéum et du Gebel-Barkal,
quelques allusions semées, comme au hasard, dans les livres
saints des Juifs, nous laissent deviner des temps d'affaiblisse-
ment et de souffrance durant lesquels la vallée du Nil, divi-
sée en petits États, ruinée par des dissensions continuelles,
passa de main en main, de dynastie en dynastie, sans règle ni
raison, jusqu'au moment où l'invasion éthiopienne vint ajou-
ter aux malheurs de la guerre civile la honte d'une conquête
étrangère; mais ces documents eux-mêmes sont trop rares et
les renseignements qu'ils nous fournissent trop incohérents
pour nous permettre de descendre dans le détail des faits.
En attendant le jour où les ruines de Tanis, de Bubaste, de
Mendès, de Sais et de ces grandes villes du Delta dans les-
quelles s'était concentrée la vie politique du pays, seront
complètement explorées, c'est au dehors qu'il faut chercher
les moyens de dissiper en partie l'obscurité fâcheuse qui
nous cache cette partie de l'histoire ancienne. Or, dès l'ins-
tant qu'on sort de l'Égypte, où trouver un guide meilleur
que les inscriptions cunéiformes ? Nous connaissions déjà,
par les révélations partielles de MM. Hincks et H. Rawlin-
son, l'existence de rapports étroits entre les deux civilisa-
1. Publié dans la Revue critique, 1869, t. II, p. 369-380.



