LES CONTES POPULAIRES
DU
PAPYRUS WESÏCAR1
Le Papyrus Westcar est demeuré longtemps inconnu.
Donné à Lepsius, il y a plus de trente ans, par une dame
anglaise, miss Westcar, il fut acquis en 1886 par le Musée
de Berlin, et, dès le 14 mai 1886, une brève analyse, due à
la plume de M. Erman, en révéla le contenu. C'était un
recueil de contes fantastiques à joindre aux nombreux
débris que nous possédions de la littérature romanesque des
anciens Egyptiens. Je n'en indiquerai pas ici le détail : qui
s'y plaira, pourra les lire dans la seconde édition de mes
Contes populaires de l'Egypte antique. M. Erman avait bien
voulu m'envoyer une transcription hiéroglyphique de plu-
sieurs pages, et une traduction allemande qu'il m'autorisa
à traduire en français et à insérer dans mon petit volume :
c'est une libéralité dont je l'ai remercié déjà, mais que je
ne saurais trop reconnaître. Les principaux héros de l'ou-
vrage sont des magiciens célèbres en leur temps, et dont
les princes de la famille royale racontent les prodiges au
roi Khéops. Khéops lui-même est témoin d'un miracle
opéré par un sorcier dont on lui signale l'existence, puis il
apprend que ses descendants seront détrônés, trois généra-
tions après lui, par des enfants que le dieu Râ vient d'avoir
d'une prêtresse du temple de Sakhibou. Nous connaissions,
1. Publié dans la Revue critique, 1891, t. II, p. 109-111.
DU
PAPYRUS WESÏCAR1
Le Papyrus Westcar est demeuré longtemps inconnu.
Donné à Lepsius, il y a plus de trente ans, par une dame
anglaise, miss Westcar, il fut acquis en 1886 par le Musée
de Berlin, et, dès le 14 mai 1886, une brève analyse, due à
la plume de M. Erman, en révéla le contenu. C'était un
recueil de contes fantastiques à joindre aux nombreux
débris que nous possédions de la littérature romanesque des
anciens Egyptiens. Je n'en indiquerai pas ici le détail : qui
s'y plaira, pourra les lire dans la seconde édition de mes
Contes populaires de l'Egypte antique. M. Erman avait bien
voulu m'envoyer une transcription hiéroglyphique de plu-
sieurs pages, et une traduction allemande qu'il m'autorisa
à traduire en français et à insérer dans mon petit volume :
c'est une libéralité dont je l'ai remercié déjà, mais que je
ne saurais trop reconnaître. Les principaux héros de l'ou-
vrage sont des magiciens célèbres en leur temps, et dont
les princes de la famille royale racontent les prodiges au
roi Khéops. Khéops lui-même est témoin d'un miracle
opéré par un sorcier dont on lui signale l'existence, puis il
apprend que ses descendants seront détrônés, trois généra-
tions après lui, par des enfants que le dieu Râ vient d'avoir
d'une prêtresse du temple de Sakhibou. Nous connaissions,
1. Publié dans la Revue critique, 1891, t. II, p. 109-111.



