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L'ANTIQUITE EXPLIQUEE , &c. LIV. I .
trop s'arrête a ces fortes d'étymologies. Ce dernier bonnet se voit sur les
medailles : certains antiquaires l'appellent Albogalerus , comme le precedent.
III. La tete 3 voilée qui suit est d'un Sacrificateur qui n'a point de barbe.
On voit l'image du prêtre avec toute sa 4 taille dans la figure suivante du
cabinet du Roi de Prusse. Ce Sacrificateur porte la toge, & a la tête voilée
d'un pan de la toge même, comme l'avient ordinairement les prêtres qui
sacrifioient. Ils se voiloient ainsi de peur que les objets de côté & d'autre,
qui auroient pu se presenter à leurs yeux, n'empêchassent leur attention.
Quoique la ceremonie d'avoir la tête voilée fut assez ordinaire, nous voions
souvent dans les marbres, bronzes & medailles, des Sacrificateurs sans voile.
Dans la colonne Trajane , l'Empereur est souvent représenté sacrifiant,
quelquefois sans voile, & d'autres fois voilé: mais il est à remarquer qu'il
est toujours voilé dans les sacrifices, qu'on appelloit Suovetaurilia , c'est à
dire du cochon, du belier & du taureau, & qu'il ne l'est gueres dans les autres
: nous observerons ces differences sur les sacrifices. Ce prêtre voilé dont
nous parlons, tient de la main droite un simpule; c'est une espece de cueiller
qu'on voit souvent dans les medailles & dans les vieux monumens. Il tenoit
peutêtre quelque chose dans l'autre main ; mais une partie du bras gauche est
tombée avec la main. Les prêtres qui sacrifient tiennent ordinairement une
patere de la main droite, qu'ils versent sur un autel flamboiant, comme on
verra dans les sacrifices.
IV. Quoique le prêtre s fuivant, qui est à Narbonne chez M. l'Abbé Pech
Chanoine de S. Paul , soit d'un dessein grossier , on voit bien pourtant qu'il
est vêtu à la Romaine ; il porte la toge , d'un panneau de laquelle il s'est
couvert la tête . Il sacrifie en versant sa patere de la main droite , & tient
de la gauche une corne d'abondance de forme singuliere. Elle se termine par le
haut en deux cornes , sur lesquelles est souûtenu un croissant , ce qui fait
conjecturer que c'est ou un prêtre , ou une prêtresle de Diane , qui se voit
très souvent avec le croissant sur la tête : je dis prêtre ou prêtresse , les
grands replis des habits sur le sein ne permettant pas de bien distinguer si
c'est l'un ou l'autre. Si c'est une prêtresse , ce sera un grand voile qui la
couvrira & non une toge , qui n'étoit que pour
tamen etymologiarum generi non prorlus fidendum. Hic Apex in nummis observatur
, & ab Antiquariis nonnullis Albogalerus vocatur ut prior.
III. Caput velatum 3 sequens est sacrificantis imberbis , qui , mulierne an vir
sit, vix internoscas. Sacerdos postea 4 cum statura tota observatur in schemate
sequenti , ex thesauro Borussia Regis educto : qui Sacerdos togæ parte caput
tegit , quod in more Sacerdotibus erat. Caput ita velabant illi , ne iis , quæ
ex utravis parte sub aspectum caderent , inter sacrificandum perturbarentur.
Ethi vero caput sacrificantium velatum sape videatur , non velatos
sacrificantes non infrequenter videmus. In columna Trajana Imperator sape
sacrificans visitur modo velatus , modo sine velo. Sed observandum est eum
velatum semper exhiberi in sacrificiis , quæ vocabantur Suovetaurilia , id est
, suis , ovis five arietis , & tauri , raroque in aliis. Hæc in sacrificiis
denuo tractabuntur. Hic Sacerdos velatus dextera manu simpulum tenet , quod
genus
vasculi erat cochleari pene simile : simpulum vero frequenter comparet in
nummis & in veterum monumentis: altera fortasse manu aliud tenebat; verum pars
brachii sinistri cum manu collapsa est. Sacerdotes, cum sacrificant, pateram ut
plurimum manu dextera tenent, ex qua vinum liquoremve effundunt in aram
ignitam, ut in sacrificiciis animadvertetur.
IV. Etsi Sacerdos sequens , qui Narbonæ apud Pechium Abbatem servatur , non ita
peritæ manus esse videatur , tamen Romano more ille est indutus , toga nempe
vestitur , cujus parte caput velat . Sacricificat autem dextera pateram vertens
& effundens , & sinistra cornu copiæ tenet singularis formæ : quod cornu copiæ
superne ceu in cornua desinit , in quorum cornuum vertice luna bicornis . Unde
conjicitur esse sacerdotem virum aut mulierem Dianæ , quae sape lunam bicornem
capite gestat ; mulierne aut vir sit neccio , vestes enim versus sinum
acervatim positæ , nullam relinquunt internoscendi notam . Si sit mulier, magno
illa velo seu palla regetur , non vero toga , quae
les
L'ANTIQUITE EXPLIQUEE , &c. LIV. I .
trop s'arrête a ces fortes d'étymologies. Ce dernier bonnet se voit sur les
medailles : certains antiquaires l'appellent Albogalerus , comme le precedent.
III. La tete 3 voilée qui suit est d'un Sacrificateur qui n'a point de barbe.
On voit l'image du prêtre avec toute sa 4 taille dans la figure suivante du
cabinet du Roi de Prusse. Ce Sacrificateur porte la toge, & a la tête voilée
d'un pan de la toge même, comme l'avient ordinairement les prêtres qui
sacrifioient. Ils se voiloient ainsi de peur que les objets de côté & d'autre,
qui auroient pu se presenter à leurs yeux, n'empêchassent leur attention.
Quoique la ceremonie d'avoir la tête voilée fut assez ordinaire, nous voions
souvent dans les marbres, bronzes & medailles, des Sacrificateurs sans voile.
Dans la colonne Trajane , l'Empereur est souvent représenté sacrifiant,
quelquefois sans voile, & d'autres fois voilé: mais il est à remarquer qu'il
est toujours voilé dans les sacrifices, qu'on appelloit Suovetaurilia , c'est à
dire du cochon, du belier & du taureau, & qu'il ne l'est gueres dans les autres
: nous observerons ces differences sur les sacrifices. Ce prêtre voilé dont
nous parlons, tient de la main droite un simpule; c'est une espece de cueiller
qu'on voit souvent dans les medailles & dans les vieux monumens. Il tenoit
peutêtre quelque chose dans l'autre main ; mais une partie du bras gauche est
tombée avec la main. Les prêtres qui sacrifient tiennent ordinairement une
patere de la main droite, qu'ils versent sur un autel flamboiant, comme on
verra dans les sacrifices.
IV. Quoique le prêtre s fuivant, qui est à Narbonne chez M. l'Abbé Pech
Chanoine de S. Paul , soit d'un dessein grossier , on voit bien pourtant qu'il
est vêtu à la Romaine ; il porte la toge , d'un panneau de laquelle il s'est
couvert la tête . Il sacrifie en versant sa patere de la main droite , & tient
de la gauche une corne d'abondance de forme singuliere. Elle se termine par le
haut en deux cornes , sur lesquelles est souûtenu un croissant , ce qui fait
conjecturer que c'est ou un prêtre , ou une prêtresle de Diane , qui se voit
très souvent avec le croissant sur la tête : je dis prêtre ou prêtresse , les
grands replis des habits sur le sein ne permettant pas de bien distinguer si
c'est l'un ou l'autre. Si c'est une prêtresse , ce sera un grand voile qui la
couvrira & non une toge , qui n'étoit que pour
tamen etymologiarum generi non prorlus fidendum. Hic Apex in nummis observatur
, & ab Antiquariis nonnullis Albogalerus vocatur ut prior.
III. Caput velatum 3 sequens est sacrificantis imberbis , qui , mulierne an vir
sit, vix internoscas. Sacerdos postea 4 cum statura tota observatur in schemate
sequenti , ex thesauro Borussia Regis educto : qui Sacerdos togæ parte caput
tegit , quod in more Sacerdotibus erat. Caput ita velabant illi , ne iis , quæ
ex utravis parte sub aspectum caderent , inter sacrificandum perturbarentur.
Ethi vero caput sacrificantium velatum sape videatur , non velatos
sacrificantes non infrequenter videmus. In columna Trajana Imperator sape
sacrificans visitur modo velatus , modo sine velo. Sed observandum est eum
velatum semper exhiberi in sacrificiis , quæ vocabantur Suovetaurilia , id est
, suis , ovis five arietis , & tauri , raroque in aliis. Hæc in sacrificiis
denuo tractabuntur. Hic Sacerdos velatus dextera manu simpulum tenet , quod
genus
vasculi erat cochleari pene simile : simpulum vero frequenter comparet in
nummis & in veterum monumentis: altera fortasse manu aliud tenebat; verum pars
brachii sinistri cum manu collapsa est. Sacerdotes, cum sacrificant, pateram ut
plurimum manu dextera tenent, ex qua vinum liquoremve effundunt in aram
ignitam, ut in sacrificiciis animadvertetur.
IV. Etsi Sacerdos sequens , qui Narbonæ apud Pechium Abbatem servatur , non ita
peritæ manus esse videatur , tamen Romano more ille est indutus , toga nempe
vestitur , cujus parte caput velat . Sacricificat autem dextera pateram vertens
& effundens , & sinistra cornu copiæ tenet singularis formæ : quod cornu copiæ
superne ceu in cornua desinit , in quorum cornuum vertice luna bicornis . Unde
conjicitur esse sacerdotem virum aut mulierem Dianæ , quae sape lunam bicornem
capite gestat ; mulierne aut vir sit neccio , vestes enim versus sinum
acervatim positæ , nullam relinquunt internoscendi notam . Si sit mulier, magno
illa velo seu palla regetur , non vero toga , quae
les



