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Montfaucon, Bernard de
L' Antiquité Expliquée Et Représentée En Figures (Band 2,1): Le Culte des Grecs & des Romains — A Paris: Chez Florentin Delaulne, Hilaire Foucault, Michel Clousier, Jean-Geoffroy Nyon, Etienne Ganeau, Nicolas Gosselin, Et Pierre-François Giffart, 1719

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https://doi.org/10.11588/diglit.57724#0256
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LES TREPIEDS.

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tout-à-fait semblable, trouvé à Constantinople ; qui n'étoit apparemment que le
soutien du trepied , tout de même qu'à Delphes. Car ce trepied de
Constantinople que Constantin le grand avoit mis dans l'Hippodrome , paroit
avoir été fait sur le modele de celui de Delphes , selon ces paroles de Zosime
l. 2. ( p.107.) Il mit ( Constantin ) en certain endroit de l'Hippodrome le
trepied d'Apollon de Delphes , qui contenoit en soi la figure d'Apollon . Ce
serpent donc à trois têtes , comme a fort bien remarqué Gillius l. 2. chapitre
douze , étoit comme la base du trepied à Constantinople aussi-bien qu'à
Delphes. Nous en donnons ci-après la figure telle que Vheler l'a donnée. Les
differens contours de ce serpent font une grande base qui s'élargit à mesure
qu'elle descend vers la terre : les trois têtes du dragon ou du serpent se
separent en haut en distance égale ; & c'étoit sans doute pour soutenir les
trois piés du trepied. Une preuve encore que ce serpent n'étoit pas le trepied;
c'est que le trepied contenoit la figure d'Apollon , qu'on ne voit pas sur ce
serpent à trois têtes. Athenée appelle ce trepied le trepied de verité , & dit
qu'il appartient à Apollon , à cause de la verité de ses oracles : & à Bacchus
à cause de la verité , qui est dans le vin & dans les ivrognes.

III. On trouve de ces trepiés à différente forme : il y en a qui ont des piés
plus solides , d'autres soutenus sur des verges de fer . Le premier 1 trepied
que nous donnons est du cabinet de Brandebourg . Le second de l'illustre M.
Foucault 2 a cela de particulier,que les trois piés sont pozez sur une machine
à trois piés. Celui qui vient 3 après appartenoit autrefois au Cardinal Chiggi
, il est 4 soûtenu par des barreaux , qui le terminent en trois piés de bête.
Le suivant a un 5 des piés entortillé d'un serpent ; ce qu'on remarque aussi
quelquefois sur les medailles. Le serpent étoit à plusieurs usages , c'étoit un
des symboles du soleil qui étoit physiquement le même qu'Apollon : il est aussi
le symbole de la medecine dont Apollon étoit le dieu,aussi bien qu'Esculape son
fils. Ce trepied a pardessus le vase ou la coupe qu'on voit ordinairement au
haut du trepied , un couvercle fort propre ; ce qu'on remarque assez souvent
dans les trepieds sur les médailles. Le dernier 5 n'est que le soûtien du
trepied de Delphes , fait des dépouilles des Perfes , après la bataille de
Platées : sur le modele duquel Constantin le grand fit mettre à l'Hippodrome de
Constantinople un trepied , avec un soûtien de même : les têtes des serpens
s'écartent en haut

consimile,quod ab Herodoto describitur,pro tripode Apollinis prolatum non ita
pridem fuit ; id Constantinopoli repertum fuit,eratque,ut verisimile est,
fulcrum tripodis , quemadmodum & Delphis ; tripus enim ille
Constantinopolitanus , quem Constantinus magnus in Hippodromo locaverat , ad
exemplar omnino Delphici tripodis concinnatus fuisse videtur , ut ex his Zosimi
verbis colligitur l. 2. Posuit ,inquit ille ( Constantinus ) in quodam
Hippodromi loco tripodem Apollinis Delphici , qui imaginem Apollinis in se
continebat . Hic ergo triceps serpens , ut optime observavit Petrus Gyllius l.
2. c.12. erat ceu basis tripodis Constantinopolitani , quemadmodum & Delphici.
Ejus schema dabitur , quale Vhelerus protulit. Circulares serpentis hujusmodi
flexus basim magnam constituent , quæ dum ad terram tendit semper dilatatur.
Tria draconis capita superne aqualibus spatiis distrahuntur , idque haud dubie
ut totidem tripodis pedes fulcirent. Argumento autem altero probatur hunc
serpentem non ipsum fuisse tripodem , nimirum tripus ille figuram Apollinis ,
ut ait Zosimus , complectebatur , quam in hoc tricipiti serpente non vides.
Athenæus hunc veritatis tripodem nominat , aitque ad Apollinem pertinuisse ob
veritatem oraculo-

rum fuorum , & ad Bacchum , ob veritatem , quae in vino & in temulentis
deprehenditur.

vino & in temulentis deprehenditur. III. Tripodes occurrunt variæ formæ; alii
firmioribus sunt pedibus, alii virgis ferreis fulciuntur. Tripus ille $^{1}$ ,
quem primum proferimus , ex Museo Brandeburgico prodit. Secundus $^{2}$
Illustrisimi Domini Foucault hoc habet singulare , quod tres ejus pedes, trium
pedum sustentaculo fulciantur. Qui deinde $^{3}$ sequitur olim Cardinalis
Chiggii erat , & virgis fulcitur in pedes animalium inferne desinentibus. Alius
pedem $^{4}$ unum serpente circumvolutum habet , quod etiam in nummis aliquando
observatur. Serpens pluribus indicandis usurpabatur : symbolum erat solis , qui
physice loquendo idem erat qui Apollo ; symbolum quoque medicinae habetur ,
cujus Apollo deus esse credebatur perinde atque Æsculapius ejus filius. In
superno hujus tripodis vase operculum est elegans , quod operculum etiam in
nummis quando observatur. Postremus $^{5}$ est fulcrum tantum tripodis Delphici
, qui tripus , ut diximus , ex manubiis Persarum post pugnam Plataensem
confectus est , ad ejusque exemplar Constantinus Magnus in Hippodromo
Constantinopolitano tripodem cum sustentaculo simili posuit. Capita serpentum
superne diri-

P L.
L I I.

Tom. II.

S
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