CANOPE.
que ion culte s’établit en tous lieux : le prêtre de Canope aiant appris cela,λ
s’avisa d’un stratageme. On faisoit en Egypte certaines cruches de terre «
cuite, ou on laiiToit de petits trous imperceptibles, par lesquels l’eau trou-«
ble se purifîoit : il en prit une , & boucha tous ces trous avec de la cire : il la<c
peignit de disferentes couleurs, la remplit d’eau, coupa la tête à une idole,
l’ajusta audesTus de la cruche, & la produisit comme ion dieu. Les Chaldéens«
vinrent,on éprouve la force de l’un & de l’autre dieu · on allume le feu autour «
de la cruche : la cire fond , & l’eau s’écoulant parles petits trous éteint le feu-,«
ainii par la ruse du prêtre, Canope fut vainqueur du feu des Chaldéens. On le«
repreiente avec des pieds fort petits, le cou racourci, le ventre & le dos enssé. «
Nous en donnons ici quantité : le premier a été publié par M. de la Chausse
qui l’a figuré des quatre cotez j parce qu’il comprend une partie de la Théo-
logie Egyptienne. Ils sont 1 tous chargez de divinitez Egyptiennes, d’Iiis, p
d’Oiiris, d’Anubis, du crocodile, de l’épervier, du cercopithèque, espcce de cxxxu
singe, qui étoit en honneur chez les Egyptiens, de l’escarbot & d’autres figu- 1
res. La tête 2 raionnante au bas de la planche est celle de la grande Sphinx, &
qu’on voit encore aujourd’hui auprès des pyramides d’Egypte.
Un autre grand Canope 1 a deux mains, de l’une il tient une feuille : il est P l.
tout chargé d’Hieroglyphes. On le représente encore dans la planche suivante cxxxm»
tourné de côté , les deux saces n’aiant pu tenir dans la même planche. Celui1
d'apres 2 a la sorme d’une urne ou d’un grand vase, audesTus duquel cil· repré- z
Tenté un Canope · ce qui entoure la tête est tout noir, & le quarré du milieu de
l’urne est chargé d’Hieroglyphes. UiVautre de M. de la Chausse n’a rien de re- 5
marquable : mais le suivant, tiré des nianuserits de M. de Peiresc, a une tête 4
4 horrible, le milieu de l’urne est chargé d’Hieroglyphes. Celui 1 qui com- Pt.
mence la planche suivante, n’est qu’un côté du premier Canope de la préce- cxxxiva-
dente. Le Canope qui jette de l’eau de tous cotez par les petits trous, le trou-1
vera plus bas dans les Abraxas : il semblc autoriler l’histoire rapportée par
Rufin · aussi bien qu’un autre qui est en coquille , & dont les petits filets
d’eau tombent sur autant de caraefteres Hiéroglyphiques. Un autre Canope au
lieu d’une tête d’homme a un bec d’oiseau , peutêtre d’épervier. Les deux
2 autres Canopes de cette planche n’ont qu’une cruche ovale, sur laquelle est z
une tête de femme, 5 avec quelques petits ornemens. Le Canope suivant,.
tabula magnaè Sphingis est, quæ hodieque visttur pro-
pe pyramides Ægyptiacas.
Alius magnus Canopus 1 binas habet manus, qua-
rum altera folium tenet , plenusque hieroglynhicis
characteribus cst. Is ipse in alia tabula ex altera facie
répræientatur , binas enim facies una capere tabula
non potuit. Qui sequitur 2 urnam refert, aut vas ma-
gnum , cui imminet Canopus : quod circa vultum est
atro colore depingitur, & in medio urnae ceu quadrata
figura hieroglyphis oppleta cst : alius 5 aCauceo edi-
tus nihil Angulare praefert : at sequens ex manulcripto
cl. V. Peireicii eductus , capite 4 est horribili, & in
medio hieroglyphis est onustus.Qui in tabula 1 sequen*
ti agmen ducit, is ipse est qui in tabula praecedenti a
facie consoicitur. Canopus aquam undique effundens
per exiguos canales inter Abraxea schemata occurrit,
quo confirmari videtur historia ex Rufino allata su-
pra , quemadmodum & alius qui cochleæ mote cons-
trudtus est,ex cujus exigui aquae canales in totidem hic-
roglyphicos charaCteres dessuunt. Alius Canopus vi-
ce capitis humani caput avis exhibet forteque accipi-
tris. Duo reliqui hujus tabulae Canopi hydriam ovatae
formae tantum habent cumfoapite muliebri,&3 exiguis
obtineret. Pl&c cum audi ifet Canopi facerdos , callidum
quiddam excogitavit. Hydria fieri folent in <tAEgypti
partibus fislilcs , undique crebris & minutis a'modum
foraminibus patula , quibus turbida aqua defudans^de-
fœcatior ac pudor redditur.Piarum ille unam cera fora-
minibus obturatis, defuper etiam variis coloribus piclam,
aqua repletam ftatuit ut deum· Et exci fiam veteris fimu-
lacri caput defuper pofitum di'igenter aptavit. Adfunt
pofi hœc Chaldœi : itur in conflit
ignis actenditur : cera qua foramii
refolvitur : (udante hydria ignis exflinguitur. Sacerdo-
tis fraude Canopus Chaldaorum victor oftenditur ; un-
de ipfum Canopi fimulacrum pedibus perexiguis, attra-
fto collo & quafifuggülato ,v entre tumido in modum hy-
dria cum do'fo aqualiter tereti formatur.
Multos hic Canopos proferimus , primus ab erudi-
to Cauceo publicatus cst , qui eum ex quatuor par-
tibus exhibuit, quia magnam Theologiae Ægyptiacae
partem complectitur : quae 1 facies omnes plena: sunt
numinibus Ægyptiacis, præferuntque Isidem, Osirin,
Anubin , crocodilum , accipitrem , cercopithecum ,
qui est simiae genus, in honoreque suit apud Ægyptiosj
Icarabæum aliasque figuras. Caput2 radiatum in ima
um , circa hydriam
t fuerant obturata ,
que ion culte s’établit en tous lieux : le prêtre de Canope aiant appris cela,λ
s’avisa d’un stratageme. On faisoit en Egypte certaines cruches de terre «
cuite, ou on laiiToit de petits trous imperceptibles, par lesquels l’eau trou-«
ble se purifîoit : il en prit une , & boucha tous ces trous avec de la cire : il la<c
peignit de disferentes couleurs, la remplit d’eau, coupa la tête à une idole,
l’ajusta audesTus de la cruche, & la produisit comme ion dieu. Les Chaldéens«
vinrent,on éprouve la force de l’un & de l’autre dieu · on allume le feu autour «
de la cruche : la cire fond , & l’eau s’écoulant parles petits trous éteint le feu-,«
ainii par la ruse du prêtre, Canope fut vainqueur du feu des Chaldéens. On le«
repreiente avec des pieds fort petits, le cou racourci, le ventre & le dos enssé. «
Nous en donnons ici quantité : le premier a été publié par M. de la Chausse
qui l’a figuré des quatre cotez j parce qu’il comprend une partie de la Théo-
logie Egyptienne. Ils sont 1 tous chargez de divinitez Egyptiennes, d’Iiis, p
d’Oiiris, d’Anubis, du crocodile, de l’épervier, du cercopithèque, espcce de cxxxu
singe, qui étoit en honneur chez les Egyptiens, de l’escarbot & d’autres figu- 1
res. La tête 2 raionnante au bas de la planche est celle de la grande Sphinx, &
qu’on voit encore aujourd’hui auprès des pyramides d’Egypte.
Un autre grand Canope 1 a deux mains, de l’une il tient une feuille : il est P l.
tout chargé d’Hieroglyphes. On le représente encore dans la planche suivante cxxxm»
tourné de côté , les deux saces n’aiant pu tenir dans la même planche. Celui1
d'apres 2 a la sorme d’une urne ou d’un grand vase, audesTus duquel cil· repré- z
Tenté un Canope · ce qui entoure la tête est tout noir, & le quarré du milieu de
l’urne est chargé d’Hieroglyphes. UiVautre de M. de la Chausse n’a rien de re- 5
marquable : mais le suivant, tiré des nianuserits de M. de Peiresc, a une tête 4
4 horrible, le milieu de l’urne est chargé d’Hieroglyphes. Celui 1 qui com- Pt.
mence la planche suivante, n’est qu’un côté du premier Canope de la préce- cxxxiva-
dente. Le Canope qui jette de l’eau de tous cotez par les petits trous, le trou-1
vera plus bas dans les Abraxas : il semblc autoriler l’histoire rapportée par
Rufin · aussi bien qu’un autre qui est en coquille , & dont les petits filets
d’eau tombent sur autant de caraefteres Hiéroglyphiques. Un autre Canope au
lieu d’une tête d’homme a un bec d’oiseau , peutêtre d’épervier. Les deux
2 autres Canopes de cette planche n’ont qu’une cruche ovale, sur laquelle est z
une tête de femme, 5 avec quelques petits ornemens. Le Canope suivant,.
tabula magnaè Sphingis est, quæ hodieque visttur pro-
pe pyramides Ægyptiacas.
Alius magnus Canopus 1 binas habet manus, qua-
rum altera folium tenet , plenusque hieroglynhicis
characteribus cst. Is ipse in alia tabula ex altera facie
répræientatur , binas enim facies una capere tabula
non potuit. Qui sequitur 2 urnam refert, aut vas ma-
gnum , cui imminet Canopus : quod circa vultum est
atro colore depingitur, & in medio urnae ceu quadrata
figura hieroglyphis oppleta cst : alius 5 aCauceo edi-
tus nihil Angulare praefert : at sequens ex manulcripto
cl. V. Peireicii eductus , capite 4 est horribili, & in
medio hieroglyphis est onustus.Qui in tabula 1 sequen*
ti agmen ducit, is ipse est qui in tabula praecedenti a
facie consoicitur. Canopus aquam undique effundens
per exiguos canales inter Abraxea schemata occurrit,
quo confirmari videtur historia ex Rufino allata su-
pra , quemadmodum & alius qui cochleæ mote cons-
trudtus est,ex cujus exigui aquae canales in totidem hic-
roglyphicos charaCteres dessuunt. Alius Canopus vi-
ce capitis humani caput avis exhibet forteque accipi-
tris. Duo reliqui hujus tabulae Canopi hydriam ovatae
formae tantum habent cumfoapite muliebri,&3 exiguis
obtineret. Pl&c cum audi ifet Canopi facerdos , callidum
quiddam excogitavit. Hydria fieri folent in <tAEgypti
partibus fislilcs , undique crebris & minutis a'modum
foraminibus patula , quibus turbida aqua defudans^de-
fœcatior ac pudor redditur.Piarum ille unam cera fora-
minibus obturatis, defuper etiam variis coloribus piclam,
aqua repletam ftatuit ut deum· Et exci fiam veteris fimu-
lacri caput defuper pofitum di'igenter aptavit. Adfunt
pofi hœc Chaldœi : itur in conflit
ignis actenditur : cera qua foramii
refolvitur : (udante hydria ignis exflinguitur. Sacerdo-
tis fraude Canopus Chaldaorum victor oftenditur ; un-
de ipfum Canopi fimulacrum pedibus perexiguis, attra-
fto collo & quafifuggülato ,v entre tumido in modum hy-
dria cum do'fo aqualiter tereti formatur.
Multos hic Canopos proferimus , primus ab erudi-
to Cauceo publicatus cst , qui eum ex quatuor par-
tibus exhibuit, quia magnam Theologiae Ægyptiacae
partem complectitur : quae 1 facies omnes plena: sunt
numinibus Ægyptiacis, præferuntque Isidem, Osirin,
Anubin , crocodilum , accipitrem , cercopithecum ,
qui est simiae genus, in honoreque suit apud Ægyptiosj
Icarabæum aliasque figuras. Caput2 radiatum in ima
um , circa hydriam
t fuerant obturata ,



