Nicht bis zu gleicher Höhe der Entwicklung ist das Landschaftsbild bei den
Griechen gelangt, das nicht selten, wie bei Hafenbildern (Abb. 2), zum Architektur-
bild wird. Prächtige, villenartige Bauten, die mit ihren Brücken, Bögen, Treppen,
Pavillons usw. bis ans Meer reichen, umkränzen die von Barken belebte Wasser-
fläche. Sie zeigen im allgemeinen mehr architektonische Phantasie als malerische
Qualität, sind in ihrer Art aber doch wieder ein Ausdruck der Gewalt des antiken
Kunstschaffens.
LA CREATION DU MONDE
Ballet
Erstaufführung im Th^ätre des Champs Elys^es in Paris (Herbst I923)-
1. Lever du rideau tres lent lur la scene noire. On aperqoit au
milieu de la scene un tas confus de corps entremeles; tohu-bohu
avant la creation. Trois döites geantes evoluent lentement autour.
Ce sont NZAME, MEDERE et N'KVA, les maitres de la creation.
Ils tiennent conseil, tournent autour de la mässe informe, font des
incantations magiques.
2. La mässe centrale s'agite, a des soubresauts. Un arbre pousse
petit ä petit, grandit, grandit encore, se dresse, et quand une de ses
graines tombe ä terre, un nouvel arbre surgit. Quand une des feuilles
de l'arbre touche le sol, elle grandit, se gonfle, se gonfle, oscille, se
met ä marcher, et c'est un animal. Un elephant qui reste suspendu
Der Vogel en l'air, une tortue lente, un crabe malhabile, des singes qui glissent
du plafond. La scene s'est eclairee petit ä petit pendant la creation et ä chaque animal
nouveau elle s'illumine violemment.
3. Chaque creature est un danseur ou une danseuse jaillissant du centre, evolue
individuellement, fait quelques pas, puis entre doucement dans une ronde qui peu ä
peu se met en branle autour des trois deites du döbut. La ronde s'ouvre, les trois
deites font de nouvelles incantations et l'on voit la mässe informe bouillonner. Tout
s'agite, une jambe monstrueuse apparait, des dos
tressaillent, une tete hirsute se montre, des bras
se tendent. Deux bustes se dressent tout ä coup,
se collent: c'est l'homme, c'est la femme sou-
dainement debout. Ils se reconnaissent; ils se
dressent l'un en face de l'autre.
4. Et pendant que le couple execute la danse
du desir, puis de l'accouplement, ce qui restait
par terre d'etres informes apparait sournoise-
ment et se mele ä la ronde et l'entraine freneti-
quement, jusqu'au vertige. Ce sont les N'Guils,
les imprecateurs mäles et femelles, les sorciers,
les feticheurs.
5. La ronde se calme, freine et ralentit et
vient mourir tres calme alentour. La ronde se
Der Mann
disperse par petits groupes. Le couple s'isole dans un baiser qui
une onde. C'est le printemps.
Die Frau
le porte comme
BLEISE CENDRARS.
Die Ballettfiguren sind von Fernand L^ger.
I22
Griechen gelangt, das nicht selten, wie bei Hafenbildern (Abb. 2), zum Architektur-
bild wird. Prächtige, villenartige Bauten, die mit ihren Brücken, Bögen, Treppen,
Pavillons usw. bis ans Meer reichen, umkränzen die von Barken belebte Wasser-
fläche. Sie zeigen im allgemeinen mehr architektonische Phantasie als malerische
Qualität, sind in ihrer Art aber doch wieder ein Ausdruck der Gewalt des antiken
Kunstschaffens.
LA CREATION DU MONDE
Ballet
Erstaufführung im Th^ätre des Champs Elys^es in Paris (Herbst I923)-
1. Lever du rideau tres lent lur la scene noire. On aperqoit au
milieu de la scene un tas confus de corps entremeles; tohu-bohu
avant la creation. Trois döites geantes evoluent lentement autour.
Ce sont NZAME, MEDERE et N'KVA, les maitres de la creation.
Ils tiennent conseil, tournent autour de la mässe informe, font des
incantations magiques.
2. La mässe centrale s'agite, a des soubresauts. Un arbre pousse
petit ä petit, grandit, grandit encore, se dresse, et quand une de ses
graines tombe ä terre, un nouvel arbre surgit. Quand une des feuilles
de l'arbre touche le sol, elle grandit, se gonfle, se gonfle, oscille, se
met ä marcher, et c'est un animal. Un elephant qui reste suspendu
Der Vogel en l'air, une tortue lente, un crabe malhabile, des singes qui glissent
du plafond. La scene s'est eclairee petit ä petit pendant la creation et ä chaque animal
nouveau elle s'illumine violemment.
3. Chaque creature est un danseur ou une danseuse jaillissant du centre, evolue
individuellement, fait quelques pas, puis entre doucement dans une ronde qui peu ä
peu se met en branle autour des trois deites du döbut. La ronde s'ouvre, les trois
deites font de nouvelles incantations et l'on voit la mässe informe bouillonner. Tout
s'agite, une jambe monstrueuse apparait, des dos
tressaillent, une tete hirsute se montre, des bras
se tendent. Deux bustes se dressent tout ä coup,
se collent: c'est l'homme, c'est la femme sou-
dainement debout. Ils se reconnaissent; ils se
dressent l'un en face de l'autre.
4. Et pendant que le couple execute la danse
du desir, puis de l'accouplement, ce qui restait
par terre d'etres informes apparait sournoise-
ment et se mele ä la ronde et l'entraine freneti-
quement, jusqu'au vertige. Ce sont les N'Guils,
les imprecateurs mäles et femelles, les sorciers,
les feticheurs.
5. La ronde se calme, freine et ralentit et
vient mourir tres calme alentour. La ronde se
Der Mann
disperse par petits groupes. Le couple s'isole dans un baiser qui
une onde. C'est le printemps.
Die Frau
le porte comme
BLEISE CENDRARS.
Die Ballettfiguren sind von Fernand L^ger.
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