Société Française d'Egyptologie [Editor]
Revue de l'Egypte ancienne — 3.1929-1931

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AMÉLIA HERTZ.

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une preuve qu’au moins à la fin des temps préhistoriques toute cette partie de la
vallée du Nil était déjà dans la puissance de la Haute-Egypte.

Mais le Scorpion n’ayant régné qu’à ia fin des temps préhistoriques, ii n’est donc
pas impossible qu’avant lui la partie de l’Egypte située entre Harageh et Turah ait ap-
partenu au royaume duDelta, hypothèse que d’ailleurs je me propose de prouver ici.

L’inscription du Scorpion,sur le vase de Turah,se compose du cartouche d’Horus,
contenant la représentation d’un scorpion, et du titre njswt avec le nom royal P. Sur
le mème vase se trouvent quelques signes d’écriture non dëchiffrés encore, mais sû-
rement indépendants de l’inscription principale; en conséquence, ils ne nous inte'-
ressent pas ici.

Le Scorpion est le premier roi de la Haute-Égypte dont nous avons des inscrip-
tions indubitables. Toutefois, il existe un sceau (/». T., II, XIII, 96) sur lequel est re-
présenté un oiseau, peut-être un faucon, sur le signe Rl. Petrie croit pouvoir attribuer
cette inscription à un Horus Rl, et je partage cette opinion. Les inscriptions de la
Haute-Egypte consistent jusqu’au règne de Nar-mr-Ménès exclusivement en noms et
titres njéwt, et même, sons ce roi, quand l’emploi de l’écriture est plus étendu;
seuls les sceaux royaux sont inscrits. Encore sous Ahâ, sur les sceaux des personnes
privées, ne se trouvent que des plantes et des frises d’animaux. Si donc le sceau R. T.,
II, XIII, 96 contenait autre chose que le nom d’Horus d’un roi, il faudrait le placer
après Nar-mr, sinon après Âhâ, ce qui n’est pas admissible. D’ailleurs le titre et le
nom du roi sont écrits sur les monuments du Scorpion d’une façon trop compliquée
pour que nous y puissions voir le premier essai de ce genre, et, justement, la simple
superposition du faucon au nom royal est non seulement assez primitive pour un
début, mais encore semhle une forme dont celle d’Hiéraconpolis pourrait bien
dériver.

Sur le vase d’Hiéraconpohs au nom du Scorpion (Quibell, Hier., 1, XIX, 1) le
nom du roi se trouve surmonté d’un support d’enseigne en forme de croissant, sur
lequel se tient un faucon. Des perchoirs semblahles forment le haut des étendards
divins, comme nous le voyons sur un autre fragment d’Hie'raconpolis (loc. cit., I,
XXVI c., 5).

Sur la massue, le nom du Scorpion est surmonté par une étoile à sept branches.

Je constate que nous avons sur trois monuments cle la Haute-Egypte trois proto-
coles royaux difïérents, dont aucun ne peut être regardé comme une forme primitive
du cartouche d’Horus. En comparant le nom et le titre royal sur le sceau du R\, avec
le titre et le nom du Scorpion sur le vase d’Hiéraconpolis, nous voyons clairement
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