Revue égyptologique — 2.1881

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La requête d'un taeicheute d'ibis etc.

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» fut un enfant que je distinguai, du lieu où sont les enfants, pour m'aider 1 pour l'ibis et
»pour aller aux catacombes du sanctuaire en question2; on n'avait pris aucun aide pour
»cela. Personne (n'était là) pour le purifier et pour s'occuper3 des catacombes. J'appelai donc
» cet enfant et son père sortit dehors pour moi ... Je pus (ainsi) transporter 1 l'ibis à la
» montagne. — On n'avait pas fourni5 les étoffes d'ensevelissement. — J'allai dire les affaires
» de l'ibis au prophète (de Thot). — Il arriva qu'il m'interrogea et dit : Qu'il fasse le reste des
» purifications, le purificateur qui est dans la maison de Thot. — Je sortis. — Il appela le par-
» fumeur0 devant lui pour ces choses 7. — Ils ne firent pas venir le vieillard qui est dans le
» temple. — (Maintenant) s'il vient contre moi, qu'il comparaisse devant toi pour l'adjuration
»de l'ibis. J'ai fait l'office dans le temple de Thot. Le taricheute Djit est venu après moi.
»— Donc, je t'adjures de me faire venir9 devant toi pour te faire savoir ce qui s'est passé
»pour ces choses, quel est celui qui a fait la bonne demeure 10 de l'ibis et si nous n'avons
»pas tout fait. — Renvoie l'affaire de l'ibis devant toi. — Si tu ne viens pas, écris ces choses
» et le mode de mon paiement1 '. — Tes paroles et tes actes, que l'ibis les sanctifie ! »
«Écrit l'an 7, le 18 Paophi. »

Ceci paraît écrit à un haut fonctionnaire, probablement à l'administrateur même du
Sérapeum.

En définitive, Héreius avait tort.

Ce bon taricheute d'Hermopolis — quelle qu'ait pu être, d'ailleurs, sa compétence dans
les ensevelissements d'ibis — n'aurait pas dû se mêler, à Memphis, d'un office qui apparte-
nait incontestablement à un autre. — On ne saurait nous accuser de partialité pour Djit, dont
nous n'avons pas même encore retrouvé les papiers. Mais il représentait, sans doute, à cette
époque assez tardive (à en juger par la paléographie du documenté la famille d'archenta-
phiastes memphites dont nous avons le cartulaire. Or, leurs contrats sont très formels en ce
qui concerne les habitants du temple de Thot et en particulier les ibis sacrés. Aussitôt
morts, hommes ou bêtes leur appartenaient complètement, «ainsi que tout ce qui pouvait
«venir en leur nom, tout ce qu'on donnerait à leur sujet, toutes leurs liturgies, tous leurs
» profits, tout ce qu'on pourrait en recevoir directement ou indirectement. »

Le papyrus 3266 du Louvre est à cet égard on ne saurait plus explicite — je dirais
même on ne saurait plus prolixe — et il nomme les ibis à plusieurs reprises. Si donc Héreius
s'était indûment chargé de la besogne, c'était Djit qui devait en être payé, — suivant le droit

1 Mot à mot : pour se tenir debout (ù.ç>ep&T ^ j pouf l'ibis.

2 Mot à mot : du sanctuaire nommé — c'est-à-dire appartenant au temple de Thot.

3 Mot à mot : faire être pour les catacombes.

X q? fl

= oii-ûiTÊ (Brugsch, Dict., p. 303 et 356). Voir Setna, p. 68, 1. 13 de

4 Ont, cfr.
mon édition.

5 Le verbe peut se lire soit set etoT (Brugsch, p. 1335), soit mets — ^.eo^ (Brugsch, Dict., p. 684). Le
premier verbe signifie payer. Le second soit payer, soit fournir.

0 Voir Brugsch, Dict., p. 1326. Il s'agit de celui qui fait les onctions avec le I = cotru un-

guentum.

7 C'est une variante du mot t'e, indiqué par Brugsch, Dict., p. 1578.

8 Ce mot, dans les contrats, sert à désigner certaines adjurations formant titre.
S çû)2te. Voir Setna, p. 23, 1. 10 de mon édition.

10 C'est-à-dire Vensevelissement. Voir Setna, p. 80; mon article Taricheules et choachytes, p. 18, etc.

11 Mot à mot : le mode (hcmot) de mes argents.
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