Revue égyptologique — 2.1881

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Eugène Revillout.

écrit, — et Héreius devait même s'estimer bien heureux si on ne lui réclamait pas l'amende de
cinq cents ou même de mille sekels, qui, dans les actes, est spécifiée pour l'ensevelissement
illicite le plus minime.

Nous ne savons si l'administrateur du Sérapeum aura jugé aussi sévèrement, ou s'il ne
se sera pas inspiré quelque peu du droit naturel, en tenant compte de la bonne foi d'Héreius
et de la violence qu'il dit lui avoir été faite pour qu'il voulût bien se charger de ce soin.
D'ailleurs, nous avons vu que le prophète de Thot, chef du service religieux de ce temple,
s'était rendu en quelque sorte son complice en le confirmant expressément dans la mission
k lui confiée et en lui associant même le parfumeur du sanctuaire pour l'aider dans l'em-
baumement.

Il est vrai que Djit aurait vraisemblablement répondu que tout cela était illégal et
que le corps même de ce prophète lui appartenait, aussi bien que les autres, et même
que ceux «de sa femme, de ses enfants, de ses frères, de ses oncles, de ses cousins, de ses
parents, de ses serviteurs», bref de tous ceux qui lui touchaient de près ou de loin; car
ce sont les termes même des actes pour tous et chacun des membres du sacerdoce de Thot.

La justice avait souvent affaire à de semblables réclamations, comme le prouve le papyrus
grec VIII de Turin contenant la requête adressée à l'épistate de Thèbes par le paraschiste
Pétéuephotès pour intenter action contre son confrère Amenothès, qui lui avait volé des corps
lui appartenant. Parmi les ensevelissements sur lesquels Péténephotès avait droit, nous voyons
également figurer tout un sacerdoce, celui du grand dieu Amon de Thèbes, depuis les prêtres
même jusqu'à leurs serviteurs. Ce genre de contestation est fréquent tant en grec qu'en
démotique, ainsi que je l'ai prouvé dans mon travail : Tarickmtes et choachytes.

L'ANTIGEAPHE DES LUMINAIRES.

Tel est le titre du papyrus 2423 du Louvre que je vais publier dans cet article. On
lit, en effet, au revers, très visiblement et en belle onciale, les mots : AvTSYpaçov twv Xuyvwv.

Dans le style notarial de cette époque on appelle av-rfpaçov la copie d'un acte. C'est
le nom que porte, par exemple, dans le texte même, le papyrus grec de Grky contenant
— comme Young l'aperçut le premier — la traduction d'un contrat égyptien ayant trait
à un partage entre frères dont les ampliations se trouvent à la Bibliothèque Nationale de
Paris et au Musée de Berlin. Cependant il ne faudrait pas voir un vrai contrat dans tous
les antigraphes. Celui dont nous nous occupons peut servir d'exemple; c'est, à proprement
parler, une lettre faisant partie, comme la pièce précédente, de la correspondance adminis-
trative du Sérapeum. Mais il y est question d'une donation ou plutôt encore d'une fonda-
tion pieuse. Cette lettre devenait donc une pièce authentique, faisant autorité et dont il
fallait observer les termes. On sait que les commerçants font souvent encore de véritables
traités sous forme de lettres; et si celle-ci est appelée antigraphe c'est que, sans doute, c'était
la copie d'une pièce dont on avait expédié le proto-type à Une autre personne. Nous verrons
qu'en effet il paraît en avoir été ainsi : et que cette déclaration avait été d'abord adressée
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