Revue égyptologique — 2.1881

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Le papyrus grec 13 de Turin. — Nota.

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à-dire, à en faire opérer le paiement par tous les moyens légaux, et au besoin à faire liquider
les biens du débiteur.

Le papyrus de Zoïs1 nous a donné au sujet de ces sortes de liquidations des détails
précieux. Nous voyons qu'elles se faisaient à peu près de même qu'à notre époque, c'est-à-
dire, par une vente publique. L'officier ministériel, requérant la vente, allait trouver le com-
missaire-priseur ou v.t^jz et prendre jour avec lui. Au moment fixé, le bien hypothéqué était
mis aux enchères devant le poursuivant et la foule du peuple rassemblé à cet effet, puis
adjugé au dernier enchérisseur'-'.

L'huissier Héraclide dut agir ainsi. Il demanda d'abord l'argent de la créance à
Psamméus, qui se maintint, sans doute, dans son mutisme habituel; puis, n'en ayant rien
obtenu, il s'adressa à Démétrius, alors commissaire-priseur à Memphis, et fit vendre les pro-
priétés du débiteur. Il est très probable que Tavé — qui poursuivait l'affaire sous le nom
de Chonouphis — imita la fille de Zoïs et se fit adjuger les biens de son mari, pour la
somme qui restait duc; car les Egyptiens présents à la vente se faisaient, en général, scru-
pule d'intervenir dans de telles -affaires de famille. Tavé se trouva donc, comme la femme de
Patma et comme tant d'autres femmes égyptiennes rencontrées par nous dans les contrats,
— au lieu et place de son mari3, qui put désormais s'occuper «à tistre»*, pendant qu'elle
vaquait elle-même à toutes les affaires de la famille.

NOTA.

Page 12G j'ai lu le nom du premier des juges : AXeÇavBpos AXeÇowSpou çiXopijTopeioç (et
non çtxoasTjTopsioç). Je m'aperçois après coup que cette correction avait déjà été faite par
Franz dans le Corpus Insc. Graec., t. III, p. 326 à propos d'une inscription (n° 4678) relative
à un autre personnage surnommé yiX'o|M}rbpeioç et portant les titres de guvysvyjç xat apyeSeatpoç.
Franz lui-même a établi (Ihid., p. 289) que \'ccpyj.oicc:pzç (qui est ici pavent royal) était

1 Voir aussi le fragment n° 5, dans les Fragments de jjapyrus thébains de Pahthey. Il y est question
d'une vente faite en public au tribunal (£0r)xaaîv e:; r.pw.'i e-l . . .) après les délais et les convocations
d'usage (xoti |j.£tcc Ta: ixava; ïjfjicpa; :tpoxExi)puy|jxvou .. .), et — paraît-il, — par les soins du basilicogrammate
(ratp' HXioScopou xoj BauiXixou YpajifAseTsw;). Nous reviendrons sur ce sujet dans un autre article.

2 . . . . EXTEÔrçvai eiî t.oxg'.v ev Ton XL cpap[j.ouO[ xat EKiXJjpuooojuvou aiia. toi; a/.Aoïç E^yaio'.; Awpiwvo; ouv-
-aco'jviwv Aiopuuvo; avTiypaytioç xai tu>v aurou xai a).Atov ^AEtovuv oia X7)puxOî A>)|«jTpiov urjOcva -jr.oaTrjva; xup<o8r)Vat
8e T7]i ZtoiSt ei; LS yaÀzoj ou aXXayr, xa). '. S1 . . . .

3 Voir, à ce sujet, ma Chrestomathie démotique, p. CL Vil.

* «Les Égyptiens donque, avec la faveur du ciel qui leur est autre qu'à tous les hommes, et avec
»leur rivière qui est d'autre nature que toute autre, se sont estably loix et coustumes contraires à celles
»dont use le demeurant des hommes. Entre lesquelles ceste-cy est que les femmes conduisent tout le train
» de leurs trafiques et marchandises, et tiennent les tavernes et cabarets pendant que les hommes demeurent
» assis dans la maison à tistre » (Hérodote II, 35, selon la vieille traduction de Saliat). Diodore de Sicile
nous dit aussi que «parmi les particuliers, le pouvoir est donné à la femme sur le mari et que, dans leurs
contrats, les maris promettent de se soumettre en tout à la puissance de leurs femmes». C'est le but que
semble s'être proposé aussi Psamméus.
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