Revue égyptologique — 10.1902

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Eugène Revillout.

«unique roi de La XXIVe dynastie» et par conséquent pour la suppression de la XXIIIe dynastie au point
de vue chronologique, cette dynastie ne devenant qu'une djmastie parallèle composée des rois même que
nous avions laborieusement spécifiés et qui régnèrent jusque sons les rois éthiopiens, Lieblein ne fait que
me copier littéralement, tout en parlant exclusivement en son propre nom. Je lui signalerai cependant une
distraction dans sa copie. Dans ma première édition (de la Bévue) j'avais beaucoup insisté sur « Bocchoris,
unique roi de la XXIVe dynastie», en considérant Taf'nekht comme un simple ministre du roi Bubastite
de Memphis, alors roi fainéant. Les Grecs cependant (Diodore entre autres) disaient qu'il avait été roi (au
moins un instant). Eh bien! en cela encore les Grecs avaient eu raison. La stèle d'Athènes publiée par
mon élève Mallet a prouvé en effet que Tafnekht — probablement au moment où il partit en guerre contre
Pîankhi — avait pris le double cartouche. Je l'avais constaté dans ma seconde édition des Notices. Cela
avait échappé à Lieblein. Il pourra — pour une prochaine édition de ses études chronologiques — consulter
encore ce que j'ai dit dans le congrès de Rome (voir ma Bévue) sur les dynasties parallèles de cette période.
Seulement à l'avenir je lui conseille de me citer, aussi bien que l'Anglais Cecil Torr et mes autres copistes.
C'est moi qui ai le premier bien établi, après les soupçons de Mariette,1 que la XXIIIe dynastie n'a jamais
existé, autant que la dynastie consécutive, et qu'il y a dans Manéthon bien des dynasties parallèles. Lieblein
insiste sur ces mêmes conclusions. Il a raison (bien qu'il eût dû rappeler son devancier). Mais c'est justement
là ce qui rend impossible de dresser, comme il le fait, une chronologie exacte de ces périodes. Comme
M. de Rouge, je crois toujours qu'on ne saurait faire remonter encore la chronologie exacte au-delà du
7e siècle avant Jésus-Christ, c'est-à-dire des luttes des rois assyriens et des rois éthiopiens.

Lieblein nous a envoyé encore plusieurs articles chronologiques extraits des Mémoires de la Société
cVArchéologie hibliqe de Londres, dont il est membre honoraire ainsi que nous :

1° «Le lever de Sothis, le 10e Pharmouthi» (6 pages). Il s'agit du lever de Sothis dont il est question
dans un papyrus d'Illahun paraissant appartenir à la XIIe dynastie, papyrus dont nous avons parlé déjà
dans notre compte-rendu du congrès de Rome. Comme ce papyrus ne mentionne pas d'année de règne,
son renseignement est un peu vague et nous ne suivrons pas en ce moment Lieblein et ses honorables
contradicteurs dans leur discussions. Cela nous mènerait trop loin. Nous reviendrons, du reste, bientôt sur
toutes les questions relatives à l'année Sothiaque — seul critérium possible d'une chronologie sérieuse en
Egypte, mais qui souvent laisse lui-même prise à bien des doutes.

2° « L'Exode des Hébreux » (deux articles dont le premier a 12 pages et le second 15). Lieblein y
soutient des idées qui ne sont pas les nôtres. Comme Maspero l'avait tenté déjà quand il croyait à
Moïse,2 il place l'Exode sous la XIIe dynastie. Cette assertion est complètement insoutenable d'après les
données de la Bible comparées à celles des documents égyptiens. En cela encore je suis toujours de l'avis
de de Rouge et de Chabas. Je n'ai qu'à renvoyer pour cela à ce que j'ai dit à plusieurs reprises, tant dans
mon Précis de droit égyptien, que dans la Bévue, à propos du Congrès, à propos du papyrus Anastasi
n° VI, à propos de la nouvelle inscription de Ménéphta sur Israël, de la chronologie sothiaque et de la
période historique des Ramessides.

3° «Thoutmès III, est-il le fils de Thoutmès Ier?» Lieblein conclut à l'affirmative en maintenant
l'ancienne opinion de Hincks contrairement à celle de Maspero.

De M. Dakessy3 nous avons reçu :

1° Un rapport sur la trouvaille de —® (j (j (J ^ |Qj £û] [ Jo(| (extrait
des Annales du Service des Antiquités du Caire — 12 pages, in-8). Le personnage en question est intéressant
en ce qu'il appartient au temps de la révolution religieuse de Khuenaten, comme on le voit par la mention
du disque. «D'autre part, ajoute Daressy, on verra plus loin que tous les dieux anciens sont cités dans
les textes des cercueils; on peut donc en induire que le culte d'Aten en était encore à sa première période,
celle de la tolérance, et que la sépulture date de la fin du règne d'Aménophis III ou du commencement
de celui d'Aménophis IV.»

2° «Inscription de la Chapelle d'Améniritis à Médinet Habou» (17 pages, in-4°). La chapelle d'Améniritis
à Médinet Habou est celle où était contenue la statue de cette reine dont les textes ont été depuis long-
temps étudiés et commentés par nous tant dans la Bévue que dans les Notices. Les inscriptions de la

1 Dans son «Sérapéum», in-folio, avec planches, la suite régulière des Apis avait amené Mariette à supposer la suppression possible
de la XXIIIe dynastie. J'ai rappelé, dans mes travaux, son témoignage renfermé dans une publication très rare et qu'on avait le plus
possible passé sous silence. Maspero avait lui-même publié une nouvelle édition de la dissertation de Mariette sur le Sérapéum dans
laquelle toute cette partie était supprimée, il avait trouvé plus commode de prendre pour la rééditer une publication antérieure
destinée à l'Athénéura et qui ne contrecarrait pas les idées de Maspero lui-même sur la XXIIIe dynastie et sur Manéthon.

2 «Tout va à merveille depuis que nous avons supprimé Moïse. » Tel est l'aphorisme que le bruit public attribue à Madame Maspero.
Je ne m'en porte pas garant, bien entendu.

3 Nous donnons dès maintenant cette analyse de quelques brochures que nous voulions examiner en même temps que le volume
intitulé «Ostraca» du même auteur. Malheureusement ce volume dont nous aimerons à rendre compte ne nous est point encore parvenu.
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