Le rire: journal humoristique — 3.1896-1897 (Nr. 105-156)

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L'ORATEUR

La cabine d'arrière (Tan bateau-omnibus. Gens avec des paquets,
des filets, des cldens en laisse. Jeunes garçons regardant le fil de
l'eau par les vitres. Fumeurs. Un orateur debout, parle tout haut,
sans se préoccuper de savoir si on l'écoute ou non. L'orateur :

« Est-ce pas... Voilà... Je traînais ma voiture à liras... Il y a treize
ans que je traîne des voitures à bras à travers Paris... Treize ans que
je suis clans le même métier, dans la menuiserie... Je connais toutes
les rues, tous les quartiers... Jamais il ne m'arrive rien... Pas ça
(Il Joint l'ongle du pouce à Vongle du médium)... Je ne compte pas
la fois où j'ai été écrasé... C'était de ma faute... Mais, cette fois, est-
ce une raison pour me donner cinquante francs de dommages-inté-
rêts?... Voyons... Un peu de bon sens... Il y avait un coclier qui
allait ventre à terre à mes côtés... Il passe... Il m'accroebe... Il me
fiche par terre sur le trottoir,... ma voiture par-dessus moi... Aussi-
t'.t je me relève... J'y dis comme ça : « Sale cocu! »... Il prend son
fouet, il me le cingle dans la ligure... et puis il lile... Ahl je cours...
Chaud!... Chaud!... A la lutte... Je l'attrape... Avec une latte de par-
quet que j'avais saisie, j'y cogne la tète... Pan... Du sang... Une
oreille fendue.., Il se tenait le nez... Quel bouchon !... Là-dessus, il y
a un sergot qui s'amène... quand tout est fini, naturellement... Il dit :
« Qu'est-ce qu'il y a?.. » On lui répond : « Vous voyez bien ce qu'il
y a. » Il me demande à moi : « Qu'est-ce qu'il y a? » Je lui ré-
ponds : « Vous voyez bien ce qu'il y a. » Alors il dit : « Il y a du
t-ang. » Alors je dis : « Oui, il y a du sang, mais j'ai mes témoins. »
Alors il dit : « Je vais prendre leurs noms à vos témoins. » Alors je
dis : « Prenez leurs noms, à mes témoins. » Il prend leur noms... Je
croyais l'affaire finie... Je rentrais tranquillement comme si de rien

était... Bon!... On m'appelle à la justice de paix... A la justice do
paix... Eh bien! j'y vais, à la justice de paix... (Léger silence.)

« Est-ce pas... Voilà... Je traînais ma voiture à bras... Il y a treize
ans que je traîne des voitures à bras à travers Paris... Treize ans que
je suis dans le même métier, c'est-à-dire qu'il y aura treize ans au
quinze du mois de mai, à la saint Zidore, non, au seize plutôt, à la
saint Honoré, puisque je n'ai commencé que le seize après midi...
Au fond, le quinze ou le seize, tout ça c'est des affaires de date...
Ça n'importe pas en l'occasion... D'abord, moi, je m'en bats l'œil...
Donc, on m'appelle en justice de paix... J'y vais... C'était lundi...
Naturellement, j'étais soûl comme une bourrique... Le juge me
dit : « Quéq' vous désirez ?.. ». J'y dis : « Mon juge, je suis soûl
comme une bourrique ! » Il me dit : « Taisez-vous. » J'y dis : « Moi,
je me tais. » Il me dit: « Asseyez-vous. » J'y dis : « Moi, je m'as-
sieds. » Et puis il ajoute : « Cinquante francs de dommages inté-
rêts. » Je répète : « Cinquante francs de dommages-intérêts. » Il
répète : « Cinquante francs. » Bon, une journée de fichue alors...
Je sors.». Je retourne chez mon patron... « Vous le croiriez pas, que
j'y raconte, cinquante francs de dommages-intérêts, pour avoir été
renversé par un sale cocher, avec ma voiture .par-dessus moi, et
avoir reçu un coup de fouet en plein visage. Il est vrai que j'y ai
dit: « Cocu!»... Mon patron me répond : « C'est bien fait! » — « Com-
ment, que j'y dis, c'est bien fait, puisque j'avais mes deux témoins ? »
Il me dit : « Eh bien, qu'est-ce que vous avez foutu de vos deux té-
moins? » Je lui dis : » Est-ce que je sais, puisque j'étais soûl comme
une bourrique?» Eh bien, jusqu'à ce que vous les retrouviez, je vous
fous dehors, moi aussi!... » Et moi, j'en suis resté comme ça!...
(Léger silence.)

« Est-ce pas... Vojlà... Je traînais ma voiture à bras... Il y a treize
ans que je traîne des voitures à bras à travers Paris... Treize ans que
je suis dans le même métier.., etc., etc.. » Maurice Beaubourg.

SSliïKHEiBff

Mon ca;)ilaii!c, j ai ete injustement puni de quatre — Mon capitaine, c'est encore moi, qui viens réclamer. — Pardon, mon capitaine, mais Je n'ai pu obtenir que

jours ae salle de pohce,_ j-ai éte pimi do six de jQurs sa]le de police et quatre jours do permission et...

Kompez . aurez huit jours de plus pour réclamer. — Aurez huit jours de plus, mon garçon, n'y revenez — Sacredié ! aurez quinze jours de plus. M'embêtez à

plus. la fini Dessin de G. Delaw.

Werk/Gegenstand/Objekt

Titel

Titel/Objekt
La question des tabacs; - Mon capitaine, j'ai été injustement puni de quatre jours de salle de police.
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Serientitel
Le rire: journal humoristique
Sachbegriff/Objekttyp
Grafik

Inschrift/Wasserzeichen

Aufbewahrung/Standort

Aufbewahrungsort/Standort (GND)
Universitätsbibliothek Heidelberg
Inv. Nr./Signatur
G 3555 Folio RES

Objektbeschreibung

Maß-/Formatangaben

Auflage/Druckzustand

Werktitel/Werkverzeichnis

Herstellung/Entstehung

Künstler/Urheber/Hersteller (GND)
Dépaquit, Jules
Delaw, Georges
Entstehungsdatum
um 1897
Entstehungsdatum (normiert)
1892 - 1902
Entstehungsort (GND)
Paris

Auftrag

Publikation

Fund/Ausgrabung

Provenienz

Restaurierung

Sammlung Eingang

Ausstellung

Bearbeitung/Umgestaltung

Thema/Bildinhalt

Thema/Bildinhalt (GND)
Karikatur
Satirische Zeitschrift

Literaturangabe

Rechte am Objekt

Aufnahmen/Reproduktionen

Künstler/Urheber (GND)
Universitätsbibliothek Heidelberg
Reproduktionstyp
Digitales Bild
Rechtsstatus
CC BY-SA 4.0
Creditline
Le rire, 3.1896-1897, No. 127 (10 Avril 1897), S. 2 Universitätsbibliothek Heidelberg
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