Le rire: journal humoristique — 3.1896-1897 (Nr. 105-156)

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I

Paraît qu'elle s'est brûlé la cervelle dans son bain.

Il était donc bien chaud*» Dessin dô Paul B4R01»-

RÉCIT D'AVENTURE

renoncer à cè Sport et m'adonner complètement à l'automobilisme.
Je pars ce soir même, pour un grand voyage, sur la splendide voi-
ture à vapeur que je me suis fait construire. Au surplus, viens avec
moi, je t'invite.

i

Tout en causant Montnamy m'entraînait place Pigalie et là, effec-
tivement, rangée le long du trottoir était une énorme voiture auto-
mobile, d'une construction imposante. Montnamy commença de suite
à remplir le foyer de grosses briquettes de charbon qui, par hasard,
se trouvaient rangées le long du trottoir. Quand la machine fut
sous pression, il me'pria de monter à côté de lui, sur la large plate-
forme qu'il me fît admirer. Les roues de la voiture n'étaient pas
munies, il est vrai, de pneumatiques, mais cerclées de larges bandes
de fer, donnant une grande stabilité à l'automobile, du reste lestée,
comme j'en fis la remarque, avec de gros pavés.

Un coup de sifflet et la lourde voiture s'ébranla. Tout allait fort
bien, lorsqu'au bout de quelques mètres, j'entendis comme le cra-
quement d'une coquille d'œuf qu'on écrase.

— Ce n'est rien, expliqua Montnamy, nous passons sur un fiacre.
A peine achevait-il ces mots terribles, que douze sergents de ville

débouchaient d'un arbre du boulevard et, grimpant sur la machine,
se précipitaient sur nous.

— « Subséquemment, bandits » nous dit celui qui paraissait être
leur chef, à en juger par les plumes qui garnissaient son képi « que
je vous y prends à voler l'écraseuse de pierres de la municipalité,
avec sifflements nocturnes et autres toute la journée ! Allons,
oust ! »

Mais il put à peine achever: en un clin d'œil Montnamy avait
saisi les douze sergents de ville par le collet et les avait jetés de-
vant la roue d'avant. — J'entendis onze craquements ressemblant à
ceux des mômes coquilles d'œufs qu'on écrase, et l'automobile
poursuivit magistralement sa marche.

Ce fut le seul incident de celte première journée de voyage.

W. de Pawlowski.

Comme je passais hier vers minuit sur le boulevard de Clichy, je
m'entendis violemment interpeller par une voix amie. Je me re-
tournai et me trouvai effectivement en présence de Montnamy, un
vieux camarade que j'avais perdu de vue depuis fort longtemps.

— Comment?vas-tu ? insinua Montnamy.

Après réflexion je jugeai inutile de répondre directement à cette
question et avec une finesse d'apache, je répliquai :

— Et toi?

Montnamy n'attendait que ce signal pour commencer le récit de
ses aventures :

— Les temps sont durs, très durs, affirma-t-il, pour les sports-
men. Tu sais mon ancienne passion pour les chevaux ? Mais ce sont
des bêtes parfois trop intelligentes. La fierté de mon dernier cheval
était même extraordinaire. — Il était impossible de se mettre en
selle sans lui avoir au préalable léché les sabots. — C'était une sa-
tisfaction donnée à son amour-propre, mais vraiment bien en- — Nous vous avons connu si petit!
nuyeuse. On finissait par rire de moi dans la rue, aussi ai-je préféré
Objekt
Titel: Le rire: journal humoristique
Künstler/Urheber: Baron  i
Inv.Nr./Signatur: G 3555 Folio RES
Aufbewahrungsort: Universitätsbibliothek Heidelberg  i
Schlagwort: Satirische Zeitschrift  i
Karikatur  i
Herstellungsort: Paris  i
Datierung: um 1897
Bildnachweis: Le rire, 3.1896-1897, No. 145 (14 août 1897), S. 2
Aufnahme/Reproduktion
Urheber: Universitätsbibliothek Heidelberg  i
HeidICON-Pool: UB Französische Karikaturen  i
Copyright: Universitätsbibliothek Heidelberg
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