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Muzeum Narodowe <Krakau> [Editor]
Rozprawy i Sprawozdania Muzeum Narodowego w Krakowie — 9.1967

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Brożek-Tarnowska, Maria; Jachieć, Krystyna [Transl.]: Trois statues romanes au Musée National de Cracovie: résumé
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https://doi.org/10.11588/diglit.24580#0032

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jusqu'a nos jours, en majorite dans leurs patrie, la France, mais aussi en Espagne,
en Italie, en Suisse, en Allemagne et dans la Scandinavie. Dans chaque de ces pays,
ces sculptures ont formę certain traits speciiiques qui les distinguaient des autres.
En Pologne ne se sont conservees que trois statues de ce genre: une a Ołobok, la
seconde a Bardo Śląskie (Silesien) et la troisieme au Musee National a Varsovie,
provenant aussi de la Silesie. Parmi les sculptures pareilles, justement, il faut cher-
cher la place pour trois Madones cracoviennes.
La premiere, appelee plus loin Madone I, Nikopoia, a 88 cm de haut sans socle,
est faite en bois de peuplier polychrome. La polychromie et 1'enduit en platre sem-
blent plutót posterieurs, peut-etre du XIXe siecle. La statuę est assez abimee, ecor-
chee, sans tróne qu'on a rajoute plus tard, fait en planches; les fragments des mains
et des jambes de la Vierge et de 1'Enfant manquent. Malgre tout cela elle semble
superieure aux autres statues, quoiqu'elle soit la plus simple de toutes les trois.
Elle est svelte, immobile, au corps compacte. L'Enfant est assis sur les genoux de
Marie; tourne de face au spectateur, autrefois, il benissait sans doute de sa petite
main levee. La Vierge le tient dans ses bras. Le visage de Marie, fascinant par sa
beaute specifique, est la partie la plus interessante de la sculpture. D'un modele
expressif, au nez long, droit avec des narines nettement decoupees, aux levres bien
prononcees dont les commissures abaissees composent le visage en une grimace se-
vere, il regarde le spectateur de ses grands yeux fixes a fleur de tete, surmontes de
sourcils arques. Les vetements sont drapes d'une maniere schematique en canne-
lures et arcs en formę de la lettre U. — Le visage de Marie, si peu commun, mit
tout d'abord en doute Tauthenticite de la statuę; on a cependant constate qu'elle
n'est pas isolee dans son originalite et qu'elle peut etre tres bien comprise dans le
groupe — d'ailleurs peu nombreux — de sculptures romanes, provenant surtout du
territoire de la Catalogne espagnole. 11 s'agit avant tout de deux Madones: celle de
Bastanist pres de Lerida en Catalogne du XIie siecle et celle de Plan d'Aragnouet
en Pyrenees du XIIie siecle; la ressemblance de leurs visages a celui de la Madone
cracovienne est surprenante. Au meme groupe appartiennent les statues du Christ
crucifie du Musee de l/ich en Catalogne, de Batlló et de Mig-Aran dans les Pyre-
nees. La ressemblance de formę de la^ statuę entiere aux autres du meme type qui
apparaissent aussi en Suisse (Madone d'Einsiedeln), en Allemagne et en Suede, est
beaucoup plus vague. Parmi les statues espagnoles celles qui lui sont, peut etre, les
plus proches sont: la Madone de Montserrat, sculpture du Musee de Vich de 1200
environ, la statuę de Bastanist, mentionnee plus haut, de 1'eglise Ste Madeleine. de
Huesca de la 2e moitie du XIie siecle et la sculpture du XIVe siecle d'Ujue en Na-
varre. Sans perdre de vue cependant le probleme du visage de la Vierge de Cra-
covie, qui parait-etre assez important, nous proposons de la dater comme provenant
du XIie siecle et comme territoire de son origine nous suggerons la Catalogne. 11
semble egalement, que malgre la polychromie posterieure, l'ame de notre statuę est
de Tepoque romane, ce qui parait etre prouve, en rapport avec 1'attribution, par le
bois de peuplier dont elle est faite, matiere typique du XIie siecle de Catalogne, et
le tróne rajoute plus tard. Pourquoi donc le faussaire se serait-il a ce point eloigne
de la tradition romane pour sculpter la figurę sans tróne? Mais ce ne sont que des
suggestions.
La Madone II est une statuę en type de Hodigitria. Haute de 97 cm, elle est
egalement faite en bois de peuplier, couvert d'une belle polychromie sur un enduit
en platre. La sculpture est bien conservee, si Ton ne compte pas de menues deterio-
rations. Par rapport a la Madone I elle est non seulement plus haute et plus mas-
sive, mais aussi un peu plus developpee. Elle se caracterise par une certaine lour-

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