Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Quatrieme = Theatre, Tome IV): Theatre — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1784 [VD18 90793277]

Page: 173
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PREFACE. 17?
faire parler dans rome sauvée, et dont j’ai
imité en quelques endroits les Catilinaires.
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Tel on voit cet oiseau , qui porte le tonnerre,
Blessé par un serpent élâncé de la terre ;
Il s’envole , il entraîne au séjour azuré
L’ennemi tortueux dont il est entouré.
Le sang tombe des airs, il déchire, il dévore
Le reptile acharné qui le combat encore ;
Il le perce , il le tient sous ses ongles vainqueurs ;
Par cent coups redoublés il venge ses douleurs.
Le monstre en expirant se débat, se replie ;
Il exhale en poisons les restes de sa vie ;
Et l’aigle tout sanglant, fier et victorieux,
Le rejette en fureur, et plane au haut des cieux.
Pour peu qu’on ait la moindre étincelle dégoût,
on appercevra dans la faiblelse de cette copie
la force du pinceau de l’original. Pourquoi donc
Cicéron passe -1-il pour un mauvais poëte? parce
qu’il a plu à Juvénal de le dire, parce qu’on
lui a imputé un vers ridicule,
O sortunatam natam me consule Romaml
C’est un vers il mauvais, que le traducteur,
qui a voulu en exprimer les défauts en français,
n’a pu même y réussir.
O Rome sortunée
Sous mon consulat née ’
ne rend pas à beaucoup près le ridicule du
vers latin.
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