Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Quatrieme = Theatre, Tome IV): Theatre — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1784 [VD18 90793277]

Page: 316
DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/voltaire1784bd4/0328
License: Public Domain Mark Use / Order
0.5
1 cm
facsimile

3i6 L’ORPHELIN DE LA CHINE.
Elle n’est à vos yeux qu’une femme coupable,
D’un criminel obscur épouse méprisable.
G E N G I S.
Il en sera puni ; je le dois , je le veux ;
Ce n’est pas avec lui que je suis généreux.
Moi lailTer respirer un vaincu que j’abhorre !
Un esclave ! un rival!
O C T A R.
Pourquoi vit-il encore?
Vous êtes tout-puilsant, et n’êtes point vengé!
G E N G I S.
Juste Ciel, à ce point mon cœur serait changé!
C’est ici que ce cœur connaîtrait les alarmes ,
Vaincu par la beauté, désarmé par les larmes,
Dévorant mon dépit, et mes soupirs honteux !
Moi rival d’un esclave , et d’un esclave heureux !
Je souffre qu’il respire , et cependant on l’aime.
Je respecte Idamé jusqu’en son époux même;
Je crains de la blesser en enfonçant mes coups
Dans le cœur détesté de cet indigne époux.
Est-il bien vrai que j’aime ? est-ce moi qui soupire ?
Qu’est-ce donc que l’amour? a-t-il donc tant d’empire?
o c T a R.
Je n’appris qu’à combattre, à marcher sous vos lois,
Mes chars et mes courlîers, mes ssèches, mon carquois
Voilà mes' paillons , et ma seule science.
Des caprices du cœur j’ai peu d’intelligence,
Je connais seulement la victoire et nos mœurs :
Les captives toujours ont suivi leurs vainqueurs.
loading ...