Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Quatrieme = Theatre, Tome IV): Theatre — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1784 [VD18 90793277]

Page: 345
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ACTE CINQUIEME. 345
Un affront leur suffit pour sortir de la vie,
Ec plus que le néant ils craignent l’infamie.
Le hardi Japonais n’attend pas qu’au cercueil
Un despote insolent le plonge d’un coup d’œil.
Nous avons enseigné ces braves insulaires ;
Apprenons d’eux enfin dès vertus nécessaires ;
Sachons mourir comme eux.
Z A Μ T I.
v Je t’approuve, et je crois
Que le malheur extrême est au-dessus des lois.
J’avais déjà conçu tes desseins magnanimes ;
Mais seuls et désarmés, esclaves et victimes,
Courbés sous nos tyrans, nous attendons leurs coups.
I D A M É , en tirant un poignard.
Tiens, sois libre avec moi; frappe et délivre-nous
z a M T I.
Ciel!
I D A M É.
Déchire ce sein, ce cœur qu’on déshonore.
J’ai tremblé que ma main, mal assermie encore,
Ne portât sur moi-même un coup mal aisuré.
Enfonce dans ce cœur un bras moins égaré;
Immole avec courage une épouse fidelle ;
Tout couvert de mon sang, tombe et meurs auprès d’elle.
Qu’à mes derniers momens j’embrasse mon époux;
Que le tyran le voie, et qu’il en soit jaloux.
Z A Μ T I.
Grâce au ciel jusqu’au bout ta vertu persévère ;
Voilà de ton amour la marque la plus chère.
Digne épouse, reçois mes éternels adieux;
Donne ce glaive, donne, et détourne les yeux.
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