Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Cinquieme = Theatre, Tome V): Theatre — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1784 [VD18 90793285]

Page: 169
DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/voltaire1784bd5/0181
License: Public Domain Mark Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
ACTE CINQUIEME. 169
OCTAVE.
Non, je veux vous apprendre à vaincre la vengeance;
L’amour est plus terrible , a plus de violence.
A mon âge, peut-être, il devait m’emporter;
Il me combat encore, et je veux le dompter.
Commençons l’un et l’autre un empire plus juste.
Que l’on oublie Octave,«et qu’on chérisse Auguste. (e<?)
Soyez jàloux de moi ; mais pour mieux effacer
Jusqu’aux traces du sang qu’il nous fallut verser,
Pardonnons à Fulvie, à ces malheureux restes
Des proscrits échappés à nos ordres funestes ;
Par les cris des humains laissons - nous désarmer,
Et puisse Rome un jour apprendre à nous aimer! (//)
( à Julie. )
Je vous rends à Pompée, en lui rendant la vie;
Il n’aurait rien reçu s’il vivait sans Julie.
( à Pompée. )
Sois pour ou contre nous, brave ou subis nos lois,
Sans te craindre ou t'aimer je t’en laisse le choix.
Soutenons à l’envi les grands noms de nos pères,
Ou généreux amis , ou nobles adversaires.
Si du peuple romain tu te crois le vengeur,
Ne sois mon ennemi que dans les champs d’honneur.
Loin du Triumvirat va chercher un refuge.
Je prends entre nous deux la victoire pour juge.
Ne versons plus de sang qu’au milieu des hasards ;
Je m’en remets aux dieux, ils sont pour les Césars.

JULIE.
Octave, est-ce bien vous? est-il vrai?
loading ...