Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Cinquieme = Theatre, Tome V): Theatre — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1784 [VD18 90793285]

Page: 197
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DU TRIUMVIRAT. 197
Si vous lui resfemblez, li vous n’ajoutez pas
Le crime de tromper à tous vos attentats.
Soyez juste en esfet, c’est peu de le paraître ;
Pour un César alors je puis vous reconnaître.
Vous êtes de mon sang, et du sang des héros:
Allez à l’univers accorder le repos ;
Mais sâchez que ma foi n’en peut être le gage.
Ne devez qu’à vous-même un si grand avantage ;
Ne cherchez la vertu qu’au fond de votre cœur;
En la mettant à prix vous en souillez l’honneur,
Vous en avilisiez le caractère auguste.
Est - ce à vos passions à vous rendre plus juste ?
J’en rougirais pour vous.
OCTAVE.
Hé bien, je vous entends :
Je sais de vos refus les motifs insultans;
Et vous ne me parlez de vertus, de clémence,
Que pour voir impuni le rival qui m’offense.
Le ciel vous a trompée; il vous met dans mes mains
Pour vous sauver l’affront d’accomplir vos delseins.
Vous m’osez préférer l’ennemi de ma race !
Son sang va me payer sa honte et son audace ;
Il ne peut échapper à mon juste courroux;
Et Pompée...
JULIE.
Ah ! cruel, quel nom prononcez - vous ?
Pompée est loin de moi. .. Qui vous dit que je l’aime?
OCTAVE.
Vos pleurs, votre mépris de ma grandeur suprême:
Lui seul à cet excès a pu vous égarer.
C’est le seul des mortels qu’on peut me préférer;
Et c’est le seul aussl que mes coups vont poursuivre.
J’aurais pu me forcer jusqu’à le laisser vivre;
Mais vous le condamnez quand vous suivez ses pas.
Vous l’aimezc’est à vous qu’il devra son trépas.
Julie à part.
O Pompée!
OCTAVE.
Oubliez le nom d’un téméraire
Que je dois immoler aux mânes de mon père,
N 3
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