Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Cinquieme = Theatre, Tome V): Theatre — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1784 [VD18 90793285]

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244 LES SCYTHES.
Laisse dans ces déserts ta fidelle Obéide.
SULMA.
Ah! que la mort plutôt frappe cette perfide,
Si jamais je conçois le criminel dessein
De chercher loin de vous un bonheur incertain !
J’ai vécu pour vous seule ; et votre destinée
Jusques à mon tombeau tient la mienne enchaînée.
Mais je vous l’avoûrai , ce n’est pas sans horreur
Que je vois tant d’appas, de gloire, de grandeur,
D’un soldat de Scythie être ici le partage.
O B É I D È.
Après mon infortune, après l’indigne outrage
Qu’a fait à ma samille, à mon âge, à mon nom,
De l’immortel Cyrus un fatal rejeton;
De la cour à jamais Jorsque tout me sépare,
Quand je dois tant haïr ce funeste Athamare;
Sans état, sans patrie, inconnue en ces lieux,
Tous les humains, Sulma , sont égaux à mes yeux :
Tout m’est indifférent.
SULMA.
Ah ! contrainte inutile !
Est-ce avec des sanglots qu’on montre un cœur tranquile?
OBÉIDE.
Celle de m’arracher, en croyant m’éblouir,
Ce malheureux repos dont je cherche à jouir.
Au parti que je prends je me suis condamnée.
Va, si mon cœur m’appelle aux lieux où je suis née,
Ce cœur doit s’en punir : il se doit imposer
Un frein qui le retienne, et qu’il n’ose briser.
SULMA.
D’un père infortuné victime volontaire,
Quels reproches , hélas ! auriez - vous à vous fairej
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