Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Cinquieme = Theatre, Tome V): Theatre — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1784 [VD18 90793285]

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LES GUE B RE S.

LE VIEIL ARZE MON, les regardant tous.
J’apporte à ces douleurs, dont l’excès vous dévore,
Des consolations, s’il peut en être encore.
A R Z A M E.
Il n’en sera jamais après ce coup affreux.
c E s e N E.
Qui?... toi nous consoler ! toi, père malheureux!
LE VIEIL A R Z E M O N.
Ce nom coûta souvent des larmes bien cruelles ,
Et vous allez peut-être en verser de nouvelles:
Mais vous les chérirez.
I R A D A N.
Quels discours étonnans !
C E S E N E.
Adoucit-on les maux par de nouveaux tourmens ?
LE VIEIL A R Z E M O N.
Que n’ai-je appris plutôt dans mes sombres retraites
Le lieu, le nouveau poste et le rang où vous êtes!
La guerre loin de moi porta toujours vos pas ;
Enfin je vous retrouve.
C E S E N E.
En quel état, hélas!
LE VIEIL A R Z E M O N.
Vous allez donc livrer aux mains qui les attendent
Ces deux infortunés ?
A R Z A M E.
Ah ! les lois le commandent.
Oui, nous devons mourir.
LE VIEIL A R Z E M O N.
Seigneurs, écoutez - moi...,
Il vous souvient des jours de carnage et d’effroi,
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