Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Cinquieme = Theatre, Tome V): Theatre — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1784 [VD18 90793285]

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DEDICATOIR E. 4*5
langue n’était pas formée, elle ne le fut que par
nos premiers académiciens ; et il n’y avait point
d’académie encore quand Mairet travailla.
Dans cette barbarie, il commença par imiter les
Italiens , il conçut les préceptes qu’ils avaient tous
suivis ; les unités de lieu, de temps et d’action furent
scrüpuleusement observées dans sa Sophonisbe. Elle
fut composée dès l’an 1629, et jouée en 1633.
Une faible aurore de bon goût commençait à naître.
Les indignes bousfonneries dont l’Espagne et
l’Angleterre salisfaiént souvent leur scène tragique ,
furent proscrites par Mairet; mais il ne put chaiserje
ne sais quelle familiarité comique , qui était d’autant
plus à la mode alors que ce genre est plus sacile , et
qu'on a pour excuse de pouvoir dire , cela efi naturel.
Ces naïvetés furent long-> temps en possession du
théâtre en France.
Vous trouverez dans la première édition du Cid,
composé long-temps après la Sophonisbe:
A de plus hauts partis ce beau fils doit prétendre.
Et dans Cinna :
Vous m’aviez bien promis des conseils d’une semme.
Ainsi, il ne saut pas s’étonner que lestyle de Mairet*
qui nous choque tant aujourd’hui, ne révoltât
personne de sou temps.
Corneille surpassa Mairet en tout, mais il ne le fit
point oublier; et même, quand il voulut traiter le
sujetde Sophonisbe, le public donna la préférence
à l’ancienne tragédie de Mairet.
Vous avez souvent. dit, AI. le duc, la raison
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