Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Bearb.]; Haas, Wilhelm [Bearb.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Cinquieme = Theatre, Tome V): Theatre — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1784 [VD18 90793285]

Seite: 468
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468 S 0 P H O N I S B E.
Je n’ai que Sophonisbe ; elle seule me relie:
Il le sait, il insulte à mon état funesle.
Sa cruauté tranquille , avec dérifîon,
Affectait de descendre à la compalsion!
Il a su mon projet, et ne pouvant le craindre,
Il feint de l’ignorer, et même de me plaindre ;
Il feint de dédaigner ce misérable honneur
De traîner une semme au char de son vainqueur.
Il n’aspire en effet qu’à cette gloire infâme ;
Il jouit de rna honte ; et peut-être en son ame
Il pense à m’y traîner avec le même éclat
Comme un roi révolté jugé par le Sénat.

SCENE VL
MASSINISSE, SOPHONISBE.
MASSINISSE.
He bien, connaissez - vous quelle horreur vous opprime ?
D’où nous sommes tombés ? dans quel affreux abyme
Un jour, un seul moment nous a tous deux conduits?
De notre heureux hymen ce sont les premiers fruits.
Savez-vous des Romains la barbare insolence,
Et qu’il nous faut enfin tout souffrir sans vengeance?
S O P H-'O N I S B E.
Nous n’avons qu’un recours : le fer ou le poison.
MASSINISSE.
Nous sommes désarmés. Ces murs sont ma prison.
Scipion vivrait-il si j’avais eu des armes?
SOPHQ.NISBE.
Ah! cherchons les moyens de finir tant d’alarmes.
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