Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Sixieme = Theatre, Tome VI): Theatre — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1784 [VD18 90793293]

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ACTE SECOND. 141
SCENE V.
DOMPEDRE, M ENDOS Ë.
DOM P E D R E.
Tremblez, tyrans des rois; le châtiment vous suit.
Que dis-je! malheureux! à quoi suis-je réduit!
J’ai laisTé de ses pleurs Léonore abreuvée,
Ainsi que mes sujets contre moi soulevée.
Quoi! toujours de mes mains j’ourdirai mes malheurs!
C’était donc mon destin d’éloigner tous les cœurs !
J’ai d’une tendre épouse affligé l’innocence.
Mon peuple m’abandonne et le français s’avance.
Prêt de faire une reine, et d’aller aux combats,
A tant de soins pressans mon cœur ne suffit pas.
Allons... il faut porter le fardeau qui m’accable.
M E N D O S E.
Sire , vous permettez qu’un ami véritable ,
(Je hasàrde ce nom si rare auprès des rois)
Libre en ses sentimens s’ouvre à vous quelquefois.
Vos soldats, il est vrai, s’approchent de Tolède;
Mais Jes grands, le Sénat, que Transtamare obsède,
Les organes des lois du peuple révérés,
De la religion les ministres sacrés ,
Tout s’unit, tout menace, un dernier coup s’apprête.
Déjà même Guesclin dirigeant la tempête
Marche aux rives du Tage, et vient y rallumer
La foudre qui s’y forme et va tout consirmer.
Peut-être il serait temps qu’un peu de politique
Tempérât prudemment ce courage héroïque;
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